‹ Le Kantisme et ses erreursChapitre 10 sur 37 · CHAP. IV · texte numérisé non relu

CHAP. IV

ARBITRAIRE DE ICANT

sa

minons de plus près les faits que Kant maltraite de si étrange façon.

2. — C'est d'abord un fait que, grâce à nos sens, non seulement nous sentons, c'est-à-dire entrons Intérieurement en acte par un choc indéterminé, mais encore que nous sentons quelque chose ù' objectif, et que nous ne faisons pas que sentir nos organes affectés par la vibration de l'éther ou de l'air, mais encore quelque chose de situé hors de nous, et qui grâce à ces événements nous apparait comme phénomène. Considérons, par exemple, la sensation auditive. L'ouïe renferme indubitablement un état affectif de l'oreille ; le monde si beau, si esthétique des impressions auditives, cesserait d'exister, si les masses nerveuses acoustiques cessaient d'exister ; en effet, le chant, l'accord^ le bruit, le silence, impliquent essentiellement un rapport avec l'organe affecté. Et cependant quand nous entendons une belle musique, ou un discours éloquent, nous entendons aussi quelque chose qui existe hors de nous, hors de notre acte auditif, dans le inonde extérieur

environnant, ou, pour être plus exact, nous entendons le son qui de la source sonore s'épanche dans les instruments sonores et dans l'organe auditif. En même temps que les recherches exactes delà science nous montrent avec netteté le mouvement vibratoire du corps qui produit le son et des particules aériennes qui le transmettent, et grâce auxquelles apparaît fmalement la sensation auditive, la science nous instruit du principe et de la cause de cette sensation. De Vobjet lui même, nuhe science de la nature ne nous instruit ; nous n'en savons rien que par l'expérience immédiate. Le quelque chose ohJQcWî appartient si essentiellement à l'acte de connaître que, sans ce quelque chose, nul acte cognitif nest concevable. Il y a une capacité de connaitre sans objet, il n'y a pas d'acte de connaissance. Et l'objet, c'est, comme on l'a dit, le son. • L'obscurité qu'il faut ici dissiper, c'est qu'on ne voit pas au premier abord comment il est possible que nous saisissions l'objectif. Beaucoup de philosophes "parlent ici de la néces-

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site d'expliquer ro/>ycc/zmiîOîî- Cette manière de parler est inexacte, ca.r saisir des objets eiohjectiver sont deux choses. Par objectiver on désigne la réaction ou plutôt la projection au dehors, qui a lieu dans la connaissance d'un objet externe. C'est dans l'objectivation que doivent agir les nerfs afférents aux sens externes. Celui qui de sang froid se fait dans les circonstances ordinaires une image de pure fanicmie, ne transporte rien dans le monde extérieur à l'aidje desdits nerfs.: il n'y a là aucune « objectivation y>. Mais cela n'arrive qu'en rêve ou pendant l'hallucination. Pour l'objectivation pure, il est constant que ce n'est qu'un acte subjectif, tel à peu près que Kant se représente tout acte cognitif. Il y a des états anormaux de bien des sortes, où l'homme ne peut distinguer ses objectivations de ses connaissances objectives et les confond avec elles par suite d'un empêchement de sa maison malade. Mais souteni que la connais sance d'une réalité objective n'est que l'objectivation illusoire d'un halluciné, ce serait

mériter crétre confié aux soins d'an médecin alièniste.

Attachons-nous donc fermement à cette conclusion que la connaissance à expliquer telle qu'elle apparaît effectivement, est une connaissance d" objets.

Que fait Kant? Il coupe le nœud gordien, il nie ce qu'il ne peut éclaircir. Il fait du contenu réellement objectif de toute connaissance une matière informe, qu'il considère en ellemême, ou plutôt qu'il voile du nom mystérieux de choses en soi, et à cette matière informe il oppose l'acte cognitif sans contenu.

(( On ne peut désapprouver, dit Kleutgen(1X « ceux qui recherchent de quelle manière (( l'esprit pensant devient certain de la réalité <( et de la nature du monde sensible, et quels « principes assurés il possède d'une connais- <( sance supérieure ; mais, si l'on croyait <( ne pouvoir résoudre ces questions d'une .<c manière satisfaisante, ce ne serait pas un

{\j Philos, ancienne, n. 338.

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a motif pour renoncer à la connaissance de « la Térité par la raison. Il faudrait se con- (( tenter de montrer qu'il y a une lacune dans (( la théorie de la connaissance, mais non se « comporter philosophiquement comme si (( cette certitude que l'on ne croirait pouvoir (( démontrer, n'existait pas réellement. On ne (( peut demander sérieusement si nous som- « mes sûrs de l'existence des choses hors de <( nous ( et, par suite, des choses transcen- (( dantes ), et autoriser à tenir pour vrai ce <( que nous en pensons nécessairement; on « peut seulement demander si nous pouvons « montrer ù'où nous vient cette certitude. Si « nous échouons, ce ne sera pas un motif pour « mettre en doute le fait de cette certitude, ni a pour chercher une philosophie qui puisse (( s'en passer, mais plutôt un motif d'avouer « que notre savoir est fragmentaire, et qu'il (( vaut mieux encourir le reproche de dog- € matisme que de se briser sur les écueils d du scepticisme, ou ces inventions qui « ont jeté la philosophie moderne dans la

« confusion. Si donc l'école critique s'est vue « amenée par force à des questions et à des « doutes, dont l'heureuse solution devait « être la hase scientifique de la connaissance « philosophique, non seulement elle n'en a pas « mieux accompli sa tâche au profit de la « science, mais encore elle l'a bien mal com- « prise, et en cela elle est restée au-dessous « même du nominalisme scolaslique».

3. — En second lien, c'est un fait qu'il n'y a pas plus de matière sam forme du phénomène, que de connaissance sans contenu. En fait, dans la connaissance, la matière continue d'apparaître dans de certains rapports de coordination, et n'a pas besoin de recevoir ces rapports de formes, qui seraient déjà à priori dans notre esprit. Quiconque a réfléchi, nous accordera que l'expérience sensible aperçoit certaines déterminations ( ou formes, si l'on veut ), et parmi elles la temporalité et la spatialité, comme inhérentes aux objets sensibles et, par rapport à eux, fondamentales, en sorte que l'expérience ne peut se soustraire à la

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nécessité physique d'appliquer au monde extérieur les rapports de temps et d'espace aussi bien que la couleur et les qualités propres qui produisent le goût, l'odeur, etc. Nous pouvons donc dans la représentation sensible distinguer deux choses, d'une part, la capacité d'appréhender les rapports de temps, d'espaces et autres, dans le monde des corps ; — d'autre part, ce monde lui-même, en tant qu'il est saisi par nous dans ces rapports.

Or, que fait de ces matériaux l'artiste de Kœnigsberg ? Dans l'intuition sensible, il sépare l'impression sensible, laquelle vient de l'objet, de la forme pure du phénomène, c'est à dire du temps et de l'espace. Cette dernière n'est pas quelque chose d'objectif, mais la part contributive de la sensibilité ; elle est déjà à priori dans l'esprit, c'est une sorte de lunette intérieure. « Dans le phénomène, dit c( Kant (1), j'appelle ce qui correspond à l'im-

(1) Crit. de la Raison pure, p. 32.

« pression, matière de l'impression, et ce qui Ci fait que la variété des phénomènes s'or- « donne selon certains rapports et est objet <( d'intuition, je le nomme forme des phénocc mènes. Comme ce par quoi seul les impres- € sions peuvent s'ordonner et revêtir une « certaine forme, ne peut en revanche être « l'expérience, il s'ensuit que la matière de « tout phénomène ne peut être donnée qu'à « posteriori ; mais sa forme doit exister déjà à « priori dans l'esprit».

Ainsi toute représentation sensible doit se composer de deux ingrédients, de façon que la matière informe est donnée à l'âme du dehors et que l'âme, à l'aide de ses formes immatérielles, jette la matière dans le moule du temps et de l'espace. L'événement inconnu qui m'ébranle, voilà la matière ; la vue que je prends des objets avec leurs changements dans le temps, avec telle ou telle grandeur, figure, distance, relation spatiale, voilà toute ma part contributive, que j'y ajoute en vertu de la nécessité de mon organisation.

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Ainsi, sans aucune démonstration et même par une contradiction flagrante avec la réalité, Kant suppose que notre intuition est formée de deux éléments séparés, d'abord la masse des impressions sans forme, c'est-à-dire les états de conscience suscités par quelque chose d'in- .connu, — puis les formes on temps et de l'espace, selon lesquelles s'ordonnent les impressions. Ces formes sont comme des prototypes enfouis en un coin de Fesprit, en attendant que l'impression, c'est-à-dire l'état de conscience provoqué, s'y coule ainsi qu'une masse informe. Et celte séparation, — appuyons sur ce point, — n'est pas seulement une manière abstraite de considérer les choses, c'est une séparation réelle !

4 — En troisième lieu, c'est wi fait que, bien que la sensibilité et l'entendement soient deux facultés entièrement distinctes et que l'entendement dépasse de beaucoup la sensibilité, cependant ces deux facultés distinctes ne manifestent pas dans l'homme une activité séparée, et l'entendetnent tire ses concepts de la

perception sensible. Dans la perception sensible de l'animal irraisonnable il n'y a que l'impression sensible. Quand les démons se précipitèrent dans les corps des porcs des Géraséniens, cbaque sujet présentait l'exemple du dualisme de l'activité mentale du démon et de la perception sensible de l'animal. Dans l'homme, au contraire, la connaissance intellectuelle est impliquée dans la connaissance sensible, L'homme ne peut rien saisir parfaitement avec sa sensibilité sans que l'entendement soit présent ; d'autre part, il n'y a point chez l'homme d'acte intellectuel qui n'ait son support et comme son étoiïe dans l'activité des sens (1).

(1) Dans récole de Wolf, on s'exprimait parfois comme si la sensibilité et rentendement ne différaient que parle degré de clarté : sensibilité signifiait connaissance confuse ; entendement, connaissance claii-e. Contre cette distinction erronée Kant s'élève avec raison déjà dans sa Diss. inauguralis de mundi sensib. et intellig. forma et principiis, sect. 2, p. 7. C'est là qu'il fit une découverte importante, le « premier germe de la philosophie critique », et l'origine Dieu sait de quel chef-d'œuvre, selon K. Fischer. Voilà qui nous révèle une fois de plus la fabuleuse ignorance de nos penseurs modernes en matière de philosophie scolastique, chaque fois qu'ils célèbrent comme nouvelle une vue réellement sérieuse.

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Kant sépare violemment les unes des autres. les conceptions de l'entendement et les intuitions de la sensibilité, exactement comme s'il se préoccupait d'isoler hermétiquement l'activité mentale de tout contact avec la réalité. Il nous apprend que la connaissance humaine a deux racines, la sensibilité et V entendement; la première nous donne les objets, la seconde les conçoit Toute connaissance qui se rapporte à des objets, nous est fournie par la sensibilité à l'aide de Vintuition; toute connaissance qui se produit grâce aux concepts, est l'affaire de l'entendement: il est la faculté de concevoir ou de juger. Intuitions et concepts forment donc les éléments de toute notre connaissance.- L'intuition est sensible, c'est à dire renferme le mode dont nous sommes affectés par les objets. Les concepts sans contenu sont vides, les intuitions sans concepts sont aveugles. 11 est donc aussi nécessaire de sensibiliser les concepts (c'est à dire, de leur adjoindre l'objet dans l'intuition ) que d'intellectualiser les intuitions ( c'est à dire de les soumettre à des

concepts ). C'est seulement par Tunion de l'entendement et des sens que la connaissance peut se produire.

Maintenant comment V union de faits distincts et hétérogènes produit-elle un seul et .même acte de connaissance? 11 faut recourir à une nouvelle fiction, le «schèmei). Une troisième faculté mentale, Vimagination 'productrice, à la fois sensible et intellectuelle, joue le rôle d'intermédiaire, en tirant de soi l'intuition du temps, comme un sch'cmc ( un dessin ), sur lequel les concepts de l'entendement trouvent leur première et universelle application. Comme faculté d'intuition, l'imagination productrice se rapporte à la sensibilité ; comme faculté de produire spontanément des représentations, elle est parente de l'entendement et rend la sensibilité apte à être comprise et déterminée par le concept. Le temps, forme à priori du

(1) On ne peut dire exaclemenl ce que Kaul voulait désigner par entendement. C'est comme la marmite où les sorcières jetaient au hasard leurs ingrédiens. Cf. Schopenhauër. (Le monde en tant que volonté et représentation, 1, p. 5"2"2 et 512).

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sens interne, ramène à l'unité toutes les représentations sensibles; inclus dans toutes représentation empirique, il fait participer rentendemenl à la pluralité du sensible. C'est ainsi qu'il peut jouer le rôle d'intermédiaire. C'est par l'application des concepts ou catégories au temps que naissent les propositions universelles, qui expriment les lois de toute union des intuitions, à l'aide des concepts et sont, par suite, les conditions à priori de toute expérience. D'où il suit que, si c'est notre activité propre qui joue le rôle le plus important, c'est elle aussi qui joue le rôle décisif. Qu'on ne demande pas comment tout cela est possible. Kant fait de son schématisme un mystère, « un art caché dans les profondeurs (c de l'càme humaine, dont nous avons peine (c à dérober à la nature les procédés, qui resa tent voilés à nos regards...

Si nous insistons pour demander comment les caprices de l'Architecte de Kœnigsberg cadrent avec la réalité à expliquer, nous apprenons que le mot preuve ne sert souvent

dans le langage qu'à dissimuler l'absence totale de toute^ preuve. Il doit en être ainsi, puisque Kant croit qu'il en peut être ainsi : c'est tout et cela doit nous suffire.

5. — E7i quatrième lieu enfin, c'est un fait que' connaître ou juger n'est pas, comme Kant le suppose à la légère, unir simplement deux représentations. Si je dis : Bismarck est homme, - ou: l'arbre que voici est substance, le petit mot est a d'abord et extérieurement sans doute le sens de copule ; il est le sif^ne de mon activité mentale, de l'acte de mon entendement, par lequel je subordonne lé sujet Bismarck au concept universel homme: Il y a sans doute ici union de deux représentations: s'ensuit-il que j'aiepleinement expliqué l'essence de cette connaissance? Seule, la légèreté la plus superficielle le pourrait prétendre. L'union que j'opère entre le sujet etlepredicat, n'a le caractère d'une connaissance véritable qu'autant qu'elle se fonde sur la coexistence réelle de l'individu Bismarck et de la nature humaine; et qu'elle exprime cette co-

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existence. Cette relation avec le transcendant est pour la connaissance, absolument essentielle. Pour que la proposition : Bismarcl: est homme, soit une connaissance, il faut que le petit mot est ne garde pas exclusivement le caractère de copule dans la phrase ; la proposition ne doit pas en dernière analyse signifier: j'ai joint Bismarck eUiowmc dims mon esprit. La copule doit se rapporter à l'humanité de Bismarck existant en dehors de l'acte par lequel j'unis les deux termes, et la proposition doit énoncer que, même abstraction laite de mon acte cognilif, la nature humaine se trouve réellement en Bismarck. Un aussi grand penseur que Kant aurait-il pu méconnaître une chose si simple et si universellement admise? Il en est pourtant ainsi: la connaissance ou le jugement n'est jiour lui qu'une union de termes, un acte purement subjectif.

C'est de l'acte subjectif du jugement qu'il faille principe de tous les concepts. Il considère les catégories non comme des modes de l'existence, mais comme des modes du juge-

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ment ; il les dérive des diverses formes du jugement. C'est là pour Kaut le fort de la révolution. Parmi ses admirateurs, beaucoup sont plus sobres d'approbation. Ainsi Lange a dit: « Que Kant ait créé une métaphysique en ce s'imaginant pouvoir dériver sûrement tous <c les éléments à priori de notre pensée d'un « seul principe, voilà le côté faible de sa <( philosophie spéculative. La dérivation d'un <( seul jjrincipe, procédé en général très périlce leux, ne consistait au fond qu'en ce que « cinq lignes perpendiculaires et quatre lies: gnes transversales furent tracées, et les es- « paces obtenus à l'aide de ces lignes, reniée plis » (1). En est-il réellement ainsi, c'est ce dont s'inquiète peu le grand penseur : la réalité doit s'incliner devant lui. C'est en vain, nous le répétons, que dans toute la critique de la Raison pure on cherche une preuve de ce prétendu état de choses. AOrôr hx, le maître l'a dit: qui ne le croit pas, fait partie, selon le mot de Kant, du pecus.

(1) Hisl. du matérial., il, 51.

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Et OÙ cette puissance constructive de l'imagination a-t-elle amené Kant? Schopenliauer porte sur son maître ce jugement bien dur (i) : (c Kant, dit-il, avait vaguement conscience de ce la contradiction (de son système), il luttait « intérieurement contre elle ; il ne voulut (( ou peut-être même ne put l'amener à une a. pleine lumière, il ia dissimula à ses yeux « et à ceux d'autrui et recourut pour cela à « toutes sortes d'artifices. C'est peut-être aus- « si parla qu'on peut s'expliquer qu'il ait fait (( de la faculté de connaître une machine «: si singulièrement compliquée, avec tant de « roues comme les douze catégories, la syn- « thèse transcendantale de l'imagination pro- « ductive, du sens interne et de l'unité trans- « cendanlale de l'aperception, comme le (( schématisme de l'entendement pur, etc. En « dépit de tous ces appareils, il n'a pas même « essayé d'expliquer l'intuition du inonde (( extérieur, ce qui est pourtant le point capi- (t tal de la connaissance ; celle nécessité, qui

(1) Le monde, etc., i, 523.

BIBUOTVAECA

« pèse sur lui, il l'exprime toujours misérable- « ment par les mêmes mots qui n'ont pas de « sens et sont tous figurés : Xinlnition cncpi- « riqiie nous est donnée )■>.

Xous avons vu comment Kant dans toute son œuvre falsifie entièrement l'idée vraie de la connaissance humaine. Xousavons considéré ses caprices inadmissiijles d'architecte, sa manière de détruire et de construire, selon les circonstances. Attachons-nous maintenant à Texamen approfondi des fonncs de la connaissance.

Parmi elles, les unes sont des formes intuitives, les autres, des formes concepfives. Les formes intuitives sont le temps et Vespace : c'est LTàce à elles que naissent les phcnomcnes, cor nous tirons de nous et produisons avec leur aide des figures dans l'espace et des séries dans le temps, — le monde extérieur à notre acte cognitif ne pouvant exister ni dans l'espace ni dans le temps. C'est surtout cette curieuse production des phénomènes que Kant considère dans son a Esthétique transcendantale » qui captive notre attention.

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