‹ Le Kantisme et ses erreursChapitre 33 sur 37 · CH. XIII. — LA CHOSE EN SOI · texte numérisé non relu

CH. XIII. — LA CHOSE EN SOI

diïïérence entre les mouvements du cheval tout entier et ceux de ses pieds ou de ses oreilles. Dans l'ensemble j'aperçois une indépendance que je ne vois pas dans les parties. Comme, en revanche, l'action explique l'existence, je connais dans la chose en soi une différence d'existence qui consiste en ce que telle chose est en soi indépendante et fermée au dehors, tandis que telle autre n'est pas dans ce cas. Cette autonomie ou indépendance relative, s'appelle 5ufowia)ice. L'homme, l'animal, la - plante, la molécule d'eau, nous apparaissentcomme subsistants; le membre, la fleur, l'atome d'oxygène dans l'eaii,, comme îio^;^^^^^ . /flni5, car -tous cela tient son mode propre d'existence et d'action du tout, où il est contenu. Enfin nous connaissons dans les choses en soi substantielles une vraie pluralité. D'ahorà je me distingue moi-wiéme du monde intérieur, ou, pour parler plus exactement, le moi réel, support des .phénomènes, je le dislingue des choses réelles auxquelles se rapportent les choses externes. Le « moi en sol ï> prend

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ainsi/ par le moyen des choses externes en soi, auxquelles il sent qu'il s'oppose, connaissance d'autres hommes, qui. s'opposent au mondeex-lH^ térieur exactement comme moi et qui partant sont substantiellement distinctes de moi. Un Kantien pourrait-il croire que lui, son ami et son adversaire scientifique, sont une seule substance, et non pas trois substances, quel- .,. que difficile qup Kânt, par, son principe, ^it ; ^ rendu a tout homçie "de! se faire se;Ulement-iinev^ idée de rexistence:4'autres iiommes y^:;^^ - :r4^-v Si nous nous entrefc^ôns avec deux amis, ils 1^5 sont réellement deux. Tous les deux agissentsur .^ 'iès^êmes sens; en mèmeteinps;^ mais HÎe^dfe^ manières différentes, « Notre exemple. montrei^r « qu'il ii'y a pasttîie seule chose qui^agisse sur ;■ « nous en quelque façon par des pôles dif- - - « férents, mais deux choses réellement dis- '"' . - -« tinctes, car premièrement i«s perceptions : /^ ^ «-sont numériquement différentes, quoiqu'elles "^l (t puissent quant au contenu être semblables; .: ::=^;é'n second lieu, les -causes transcendante^^v' «c'est-à-dire externes de deux perceptions sont -

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€ dans leurs changements indépendantes l'une « de l'autre ; en troisième lieu, elles sont sépa- « râbles, car je puis être affecté longtemps par « l'une sans l'être par l'autre ; en quatrième <L lieu enfm elles peuvent être isolément et « séparément anéanties. De tout cela je conclus « avec raison que les choses en soi sont nuil- (L liples. Mais dans la multiplicité de ses actes ic< chacune de ces choses en soi garde yis-à-vis « des autres son unité (1).» Cette pluralité a toujours été appelée en philosophie pluralité des substances ou subsistances. ■ .' 5. __ Ainsi se résout cette question: Une

- substance unique primordiale est-elle le principe de toutes les choses en soi? Au sens pan-

' théistique, les différentes choses ne sont rien en 5o^„mais ne peuvent être que des phénomènes de l'unique substance primitive; au

^ sens (chrétien) généralement admis, les diffé-

^ Tentes choses ^ont réelles en soi, mais leur être dépend d'une substance primordiale qui les

(1) ■Hartmann, Examen crit., p. lU.

^'•v^^^Hb créées, les conserve et coopère à leur action.^ "v-;r=g^-'^^ Empêtrés dans le culte da grand penseur--' .^^g^i^^-pour les phénomènes, la plupart des Kantiens V -r^ ' réalistes sont d'avis que le réel, que nous connaissons comme existant hors de nous, n'est pas un être vrai, mais un phénomène, derrière lequel l'être ne fait que se cacher. Grâce à cette „ falsification du réel, ils trouvent place pour leuri ; .-ioît/-M7i jqu'ils imaginent pour,, les iesoins^ de^;^ la cause. Ainsi qu'on l'a remarqué, ceci n'ar-r'v^ ■: . -.7 rive que parce qu'ils méconnaissent la rèaUté?:f^^:i^J?îf'des faits. Car T nous ne connaissons pas des'^* ^;^vv-7i'I phénomènes objectifs, mais un éire manifesté Çi:^:^^'%j^î : ^par les phénomènes. Les phénomènes- objectifs??^- :sont; 1er ' jnoyen ^ar" lequel se Tévèle . l'être 1^ ' s^-Ç^ï^Çv-méwe. De l'être réel des choses externes, nous^^ ; j'^^^':;,;::, savons qu'il est mobile^ exposé aux- influences" TuiTL: 'extérieures, limité de mille manières, et qu'il ^^ v : tf a -ainsi que des attributs absolument ■ in-^^ on dlial)! es avec rAbsolu;i^^i^iÇ^^^^/ïC Mais en voilà assez. En résumé, nous savonsT^ ue, si nous ne pouvons tout sav,oir de la clwsé^f: u.^ sotV ^« moins nous en pouvons^ savoir

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