CH. XIII. — J-A CHOSE EN -SOI
Et ainsi nous tenons une cause transcendante c'est-à-dire située en Retors du monde, des phénomènes. Ce serait^ donc le 'princi'pe de causalité qui, en conséquence de l'état dont nous sommes affectés àM detiors, nous fait franchir les limites du sujet immanent et entrer dans la sphère de îa:;ira?wcen(Za»w;e, et qui donne à cette croyance instinctive à l'existence d'un monde extérieur,- telle qu'elle est impliquée dans la vie pratique de l'humanité, la base cachée qui n'est dévoilée que par la réflexion scientifique.
:: . Kant^royait encore que je dois admettre « une chose en -soi »^n dehors 'de mon acte çognitlf pour pouvoir prendre connaissance des autres êtres conscients qui existent comme moi et entrer en rapports avec eux. Car, s'il n'y avait rien -S2 en dehors dé mon acte représentatif, comment ' V les mdividùs^eraient-ils -en état d'agir sur \m- ; être tout déterminé en spiXce qui arrive dans les Eàteliers et les fabriques chaque jour ^, de manière qu'-un autre individu «e sente affecté d'une - manière changeante i)ar une c/wwe enwt actuel-
?jfôt^^^5^^^^'jp?^^^@^^S?^^^^^^
^ï^^frl^i^- 296 " '" LE IvANTISME ET SES JERREURS ■,■
lement changeante ? Kant croyait avoir . besoin -.
.^M^M-' ée la chose en soi pour trouver uîi fondement qui .
- , - " ' explique l'accord des intelligences. Par exemple, je vois, avec dix autres hommes, un arbre.
. ^ -■"-•--: S'il n'existe pas quelque chose comme objet. 7 extérieur d& notre vision, comment seiait-il • que nous voyons tous la même chose? « lln'y a « pas de raison pour que les jugements des au- >
«4res doivent concorder avec les nilens, «inon - }: ç^Vmiité de^ V objet, auquel tous-se rapportent, ; ^ « sur lequel tous s'accordent'et^par suite doi- ' - « vent porter respectivement le même jugement
'B--^ ÎP(Proleg. p.-58). ». ; .^ i^r^J^r^y-d: -v^^i^^:-; 5^ j^^:-- Cette pensée a un'sens^sonnàble^ ^&^:^; admettons que Kant n'a pas "en^e l'objet «îfé^^^
. 7-tewr de l'individu, mais l'objet ea:;<menr, au-
:-'/"-"- -quel -tous croient pour le voir. Que telait été- :^...&-le sens attribué par Kant â cette pensée, -c'est;^ ^;;^^^e qui ressort surabondamment de sesiréquen-^^^ ^:-Hes et vives attaques contreTidéalisme chiméri^^' ^^^^ùé;de Berkeley et l'harmonie; préétablie: (1>0-
. ii) En cela. nous flous accordons. avec les Kantiens réalistes, r, . (idéalistes Téalistes ou réalistes Iranscendanlaux), mais nous.. ^ S^S^Ïavons pour adversaires les Kantiens idéalistes purs. :^ - -- —-
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CH. :^{m.— LA chose en soi
4. ^^ous aurions ainsi trouvé un pont pour passer dans le monde transcendant.
Voyons maintenant où nous arrivons par ce,
pont.
D'abord, il est clair que ce qui m'affecte, quand je vois, entends, touche, et qui, par suite, est cause que j'ai cette sensation avec cette image interne (species expressa )Moi^^^
s^s^^&^isi^^ll^esieïit^^fT comment ^ la maison, ou le régiment que je vois, main- f
On peut rendre la chose claire par un exemple de la façon •. -suivante; Je déchire en ta présence un papier emienx. Berke-
: iey dirait; en réalité je ne déchire rien, car la cause transcèndantale de mon idée de papier est Dieu ; landisque je crois déchirer du papier, ma volonté est pour Dieu roccasion de produire aussi bien dans ma conscience que dans la tienne ridée de deux lambeaux de papier,au lieu du papier précédemment intact. Les partisans de l'harmonie préétablie transforment cette Tnvslification constamment attribuée à Dieu en une suite
^ artistiquement préordonnée -d'actes -Teprésenlatifs. éphémères, .
' -qui peuvent être comparés aux- battements correspondants^e deux pendules. Les idéalistes Kantiens exprimeraient la chose ainsi : Je me représente -qu"ê j'agis sur le papier, en le dechirant.Sans que le papier en soi, c'est-à-dire, hors de moi,-€xiste, j'en produis immédiatement l'idée dans ma pensée, en sorte que l'idée de tes mains semble déchirer lidée du papier.
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itenani, auraient-ils pu agir sur ma "sensibilité, M s'ils ne possédaient une réalité indépendante ^ de mes facultés subjectives et subsistant en elle- • même ? s'ils ne sont que des représentations internes produites par mon expérience et ne sont pas donnés en soi avant toute expérience ? On aurait presque honte à la seule pensée de poser cette question à un homme raisonnable. Qu'est-ce i dire sinon que ce qui est au fond ;^ des phénomènes, matériels, c'est une chose, m^y^;^
La chose en soi doit donc nous affecter, agir . sur nous ;• elle ^Joit même agir sur'dés hom-;- mes ( des consciences) différents et par' smte ': ne pas s'épuiser en agissant sur moi. Or ce 'qui agit de cette manière doit évidemment exister en soi. La chose en ^oi n'a 'donc pas seulement l'activité, mais -encore Vexistence et V la réalité. En percevant je <îonnais une Kihose -^i qui existe hors de moi. ^^-^i-t^ ^ ^V-^^?^^ "
Maintenant, si les choses en soi peuvent::^-:. J; agir sur moi, en « m'affectant », elles peuvent aussi agir les unes' sur les autres. Autrement,'^".^
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r— LA- CHOSE EN SOI-
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comment seraient possibles ces milliers de rapports entre les consciences humaines? Si la chose en soi de mon corps, dit Hartmann, n'était pas en état d'exercer par le choc de la main une action transcendante sur la chose en soi du corps de monami, que je rencontre, on ne comprendrait pas davantage comment ma volonté de lui tendre la main pourrait produire en lui l'idée que je lui al donné la main ? Plus l'expérience et l'observation s'étendent, plus le monde des choses en soi nous révèle dans les phénomènes divers une permanence, une homogénéité qui ne peut s'expliquer que s'ils sont soumisiu principe decausalité dont la né- !achose erî^cft^r
cessité est inéluctable.
soum^
décQule.
Notez de plus que la chose en soi existante m'affecte différemment dans les moments diffé .^Tents du temps, , sans ^que . jce changement ait en moi -son T)rincipe.^^|i|I^gCh(^^^^^^ est
ûdiïïs^m&s&àsl^^m^^^^.^^ l'action impli-
^:^f!3rr^^'0}^Ly.-
fp:^.s-j%-^-.'f
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LE KANTISME ET SES ERBEpRS'. ^ -
.;;.. queJl'eiisteiice. Or;Ie temps est une succession -de changenjents : donc la. chose en soi existe ■ par les changements dans le temps. '^^^mmiQ
., j[ïféf§ i^onhai s Ta^oie en ' soT*cômm e so u mise
'^*,-^.<à des changements/ de -même je connais dans
cette chose un élément permanent, support
-;'^.;^l^;çfienemtîiies. Si je vois un arbre secoué
.par la tempête,, ou un cheval au galop, j'ai
non seulemeut une représentation permanente,
- mais encore la représentation' de' quelque
- . chose de ^permanent dans l'existeDce. Sous les
changements, quelque chose persiste. Ce qui
persiste ou dure tandis que les changements
se,prbduisenJtra£d4£^«;^a^^
^"ënsoi je distingu
Cléments corrélatifs ; l'un qui persiste sous
[es changements, c'est la substance ; l'autre,
{ui apj)araît dans les changements,, c'est Tacctr
^nt.
^" Autre différence dans la chose^en soi": je ' ';:'vois que telle chose e-xcite une sorte d'action, qu'elle possède jJrtr e/^e-Twéme tandis que telle autre n'agit point par elle-même. Je saisis une "
r^'-^,if\
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