A QUOI KAM A-T-IL SERVI
1. — Celui qui nous a suivis dans nos développements avec simplicité et sans préjugés^ ne pourra se refuser d'avouer que dans son ensemble comme dans ses parties essentiellesla Critique de la Raison pure est une œuvre qui pèche par la base.
En premier lieu, quant aux ennemis dont la défaite était le but du penseur orgueilleux, if n'a fait qu'engager avec eux une escarmouche illusoire. Le ver qui chez eux ronge la moellede la saine raison, a aussi ruiné sa penséeavant qu'elle fût née. Esprit nuageux, il s'est
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battu contre des nuages, car il recelait en luimême ceux qu'il voulait délruire.
Kant se proposait de réfuter Berkeley. Selon celui-ci, l'être il es clioses c'est qu'elles sont perçues fesse est perciph, « il est impossible que les cliosèraîHTrnnîe existence quelconque hors des esprits ou des êtres pensants, par lesquels elles sont perçues. )> Appliquant ces principes à l'univers, Berkeley considère comme un préjugé la croyance à la réalité des maisons, des montagnes, des fleuves, etc. Le monde n'existe que dans mes représentations et ces représentations sont quelque chose de tout subjectif ; voilà l'essentiel de l'idéalisme de Berkeley. On a montré que la théorie de Kant est invinciblement poussée au même idéalisme, et que les théorèmes contraires dans Kant ne concordent pas avec sa doctrine.
i\ant se proposait de réfuter Hume. Celui-ci cherchait à se rendre compte de la valeur réelle objective du principe de causalité. Pour lui, la grande question était celle-ci : Étant donnée une.
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expérience que j'ai faite sur certains objets, comment puis-je l'étendre à d'autres choses qui ne leur ressemblent que dans les phénomènes extérieurs? Kant reprit cette question. Tandis que Hume faisait de tous les raisonnements des effets de V habitude, « cette grande directrice de la vie», Ivant cherchait la solution
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dansJV]2rionsme/On a vu comment, la causalité comme catégorie de l'entendement pur, il ne rend aucun service à la connaissance objective: le terrain se dérobe sous ses pieds. Kant se proposait de vaincre le dogmatisme de Leibniz et de Wolf, qui admettait la vérité comme donnée, .sans rendre compte de la manière dont elle est donnée. Mais les éléments les plus essentiels de la philosophie de Kant ne sont-ils pas aussi tout simplement donnés f. Je dois admettre comme f/o'/(?ic et sans aucune démonstration ce fait, que des formes subjectives me contraignent à penser de telle façon et non de telle autre; bien plus, que robjel 0 pparait à tous les hommes de la même manière qu'à moi.
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<;fgrreurs gu^il voulait détruire/ En apparence, n les a détruites : en réalité il n'a fait que les reprendre sous une autre et pire forme.
En ce qui concerne la tâche que Kant nous promettait d'accomplir, il suffit de rappeler brièvement, que non seulement il ne l'a pas accomplie, mais encore qu'il s'est bien trompé- Il se proposait d'expliquer l'expérience. Or on a vu que la construction, à l'aide de laquelle le grand 'penseur croyait atteindre son but, qui était d'expliquer la possibilité de l'expérience, faisait ressortir l'entière impossibilité de l'expérience môme, puisqu'elle arrivait à faire de toute expérience e» ajjparetice existante une pure illusion.
2. — Le philosojjlie de Kœnigsberg n'a-t-U donc rendu à la science aucun service réel? Un sait comment dans Kant à côté de Vidéalisme transcendantâl sejoue linrea^/swe transcenaantal. liien aes penseurs modernes veûT^l voir dans ce dernTgrisv|teme ce qu il y'ïï'de mieux dans la philosophie de Kant.
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