‹ Le Kantisme et ses erreursChapitre 5 sur 37 · FANTASMAGORIE DES JUGEMENTS SYNTHÉTIQUES A PRIORI · texte numérisé non relu

FANTASMAGORIE DES JUGEMENTS SYNTHÉTIQUES A PRIORI

1. — Pour se faire soi-même une idée juste de la solidité du Kantisme, il faut d'abord considérer les fameux jugements synthétiques. C'est la plus sure, sinon la seule base scientifique de cette philosophie ; c'est ce qu'il y a de plus profond dans les profondeurs de Kant. Heureusement il y a des degrés par lesquels nous pourrons conduire nos lecteurs dans ces profondeurs sans les exposer au danger de se casser le cou, comme on pourrait le crain-

dre. Il vaut la peine de se convaincre soi-même de visu combien sont ruineux les fondements du palais de la science moderne.

La valeur desdits jugements pour le système tout entier n'est pas difficile à apercevoir. Kant veut et doit soutenir énergiquement que la nécessité, que nous expérimentons dans -les jugements nécessaires universels, est imrenwit subjective et ne doit point son origine à la conception du rapport objectif de l'attribut avec le sujet. Pour mettre ce point hors de doute, il soutient qu'il y a des jugements nécessaires universels, dans lesquels l'union du sujet et du prédicat ne s'impose pas à l'esprit, par V intuition û^ un rapport objectif; partant ils ne peuvent s'expliquer que par une nécessité subjective : les caractères de fixité, d'universalité, de nécessité, sortent en quelque façon de l'esprit pour passer dans les représentations. C'est ainsi que Kant dit : « Le (( premier homme qui démontra l'égalité des « côtés d'un triangle, eut une connaissance « claire ; il trouva qu'il ne devait pas s'atta-

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(c cher à ce qu'il voyait dans la figure, ni « même à la simplicité de celle-ci, ni en dé- (., river en quelque sorte ses propriétés, mais tf qu'il fallait les en faire sortir par le moyen « de ce qu'il y concevait d'après les idées (( mêmes à priori et se représentait ( grâce (( à la construction ), — et que, pour savoir (t sûrement quelque chose à priori, il ne a devait attribuer à la chose que ce qui dé- . coulait nécessairement de ce qu'il y avait (( mis bù-même conformément au concept (( qu'il en avait » (i). En conséquence, il y a des jugements qui sont à la fois synthétiques et à priori : ces jugements sont la base du Kantisme.

Or des jugements de cette sorte sont et demeurent, malgré toute son ingéniosité, une chimère, et toute la construction du grand

penseur s'évanouit en fumée.

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