‹ Le Koran (volume 2)Chapitre 1 sur 447 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

L'établissement de la religion musulmane est un des phénomènes moraux les plus eitraordinaires qui aient jamais paru dans les annales des nations. Au premier abord, on ne trouve point à ce grand fait de suffisantes raisous d'être. L'Asie , malgré de grands bouleversements politiques, n'était nullement disposée . lors de son apparition, à abandonner ses croyances pour en adopter de nouvelles. Depuis plus de six cents ans , elle avait donné naissance à une religion qui semblait devoir répondre à tous les besoins uouveaux des nations modernes. Une grande partie de l'Europe avait adopté cette doctrine; et si une religion nouvelle pouvait être alors possible, c'était à la condition d'être un progrès moral, par rapport à celles qui l'avaient précédée.

Telle semble être la loi de progression qui constitue le développement moral des sociétés. Mais cette loi , pour être réelle, n'en est pas moins sujette à de nombreuses exceptions. Il est des circonstances qui l'empêchent de s'accomplir dans toute son éteudue, au moins à nos yeux, et qui obligent certaines parties du genre humain à passer par diverses transformations pour arriver à leur grand perfectionnement moral. C'est ce qu'il est nécessaire de reconnaître pour apprécier avec plus de justesse quelques-uns des grands événements dont le monde est le théâtre.

La doctrine religieuse qui prit aussi naissance en Asie, non loin de la contrée où , six cents ans plus tard , une autre religion devait s'élever et comme sortir de son sein mutilé , parait avoir été trop spiritualiste pour s'imposer aux populations ardentes des coutrées de l'Orient. Sur les bords de la mer Rouge, dans une partie de l'Arabie , que l'on nomme Hedjaz, naquit, l'an 571 de l'ère chrétienne, le fondateur d'une religion nouvelle, laquelle devait être une transaction , pour ainsi dire, entre le spiritualisme chrétien et les croyances matérielles des anciens Arabes. Cet homme, qui t,e dit l'envoyé de Dieu , qui fit accepter sa mission , beaucoup moins par la persuasion que parla violence, fut instruit dans les croyances juives et chrétiennes, telles qu'elles étaient répandues de son temps, par les populations juives et chrétiennes établies en Arabie depuis plusieurs siècles. Ces populations s'étaient grandement accrues par

les per^éciitions de Titus et d'H?cHen, dans le premier M le .e-

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