‹ Le Koran (volume 2)Chapitre 6 sur 447 · PREFACE. L · texte numérisé non relu

PREFACE. L

qu'il portait ensuite , tout raccommodés qu'ils étaient. Abou-Horaïia nous a laissé la tradition suivante: « Le prophète, dit-ii, « sortit de ce moude sans s'être une seule fois rassasié de pain « d'orge, et quelquefois il arrivait que sa famille passait un ou deux « mois sans que, dans aucune des maisons on elle f lisait sa rési- ■ dence , il y eût du feu d'allumé. Des dattes et de l'eau faisaient « toute sa nourriture. Quant au prophète, il était parfois obligé, « pour Iromper sa faim, de se serrer (avec sa ceinture) une pierre « sur le ventre (I). »

Mohammed ne savait, dit-on, ni lire ni écrire, ce qui ne doit pas surprendre d'après l'état de la civilisation et les mœurs de ses compatriotes. Il n'écrivit pas le Koran ; il ne fit que servir d'intermédiaire à sa révélation. — « Ce livre , le Koran , n'est point iu- « venté par quelque autre que Dieu; il est donné pour confirmer • ce qui était avant lui et pour expliquer les écritures qui viennent « du Seigneur de l'univers. Il n'y a point de doute à cet égard.

« Disent-ils : C'est lui (Mohammed) qui l'a inventé. Réponds- « leur : «Composez donc un seul chapitre semblable; appelez « même à votre aide tous ceux que vous pourrez, à part Ditu, si « vous êtes sincères. »

(Korax , ch. x , vers. 38 et 59.)

L'histoire sait à quoi s'en tenir sur ces révélations qui arrivaient constamment au prophète selon le besoin des circonstances. Aussi le Koran est-il un chaos confus qui ressemble parfois aux rêves d'un cerveau malade. « Pendant la vie de Mohammed, dit M. Reinaud, lieu cité, ses prétendues révélations étaient restées éparses et détachées les unes des autres; la plupart même n'avaient pas été mises par écrit et ne subsistaient que dans la mémoire de ses disciples. Comme dans les guerres qui suivirent la mort du prophète un grand nombre de musulmans perdirent la vie, Abou-Bekr craignit que ces révélations ne périssent entièrement , et il s'occupa de les recueillir. Quelques personnes furent nommées à cet effet. On mit ensemble ce qui semblait présenter quelque analogie , le reste fut rejeté à la fin. Malheureusement on n'eut égard ni à l'ordre des temps, ni à l'ordre des matières ; tout fut confondu, et il fut souvent impossille, même aux musulmans, de s'y reconnaître.

« Il paraît que la rédaction d'Abou-Bekr ne fut pas définitive ou du moins qu'elle n- tarda pas à subir des altérations. Quelques années après ou voit le kalife Osman ordonner une révision , et vouloir que, dans le doute , on employât de préférence les expressions usitées dans la tribu à laquelle appartenait le prophète. On peut induire de là qu'eu plus d'un endroit le Korau n'est pas demeuré tel que Mahomet l'avait présenté. »

* Vie de Mohammed j>ar Aboulféda, traduction de M. Noël Deevetgets, |)age 94-

X l'KEFACE.

Le Koraa a déjà été traduit plusieurs fois eu français, en latin et en anglais. La première traduction imprimée est celle publiée par Bibliandcr, en latin, avec d'autres opuscules de divers auteurs. Tiguri, 1530, petit in-folio. La seconde et la meilleure est celle de Maracci , publiée à Padouc, en 1G98 , sous ce litre : Alcomni textus univcrsus ex correctioribus Arûbum exemplaribns summd fuie dcscripluSj eddemque ftde ae pari diligentid ex arabico idiomatc in latinum translalus, apposais unïcuique eapiti notis atquc rcfulalione. Prœnvssus est prodromns, aucl. Lud. Maraccio. Patavii, ex typ. Seminarii, 1098, iu-fotio.

Vient ensuite la tiaduction française de Du Ryer, sieur de la Garde Malezair. Amsterdam, 1754, in-12, 2 vol. Pu s la traduction anglase de G. Sale , précédée d'un excellent Discours préliminaire et de notes tirées des commentateurs arabes ; cette traduction a pour litre : The Coran, commonlij callcd the .ïlcoran o\ Mohammed, :ranslaled into english immcdiatelij from Ike original arabic wilh explanalonj notes, taken from the most approved Comment ators ; to leieh is prejixed a preliminary discounc, by George Sale. London, 1704, iu-8°, 2 vol., ou iu-4°, i vol.

La seconde traduction française est celle de Savary, Paris, 1783, qui a eu plusieurs éditions. Cette traduction, que l'on regarde comme élégaute, est faite djns le goût des traductions de l'époque où elle parut, c'est-à-dire avec la prétention d'ètieune belle infidèle. Le traducteur, ayant eu en vue les ornements du style, n'a fait, comme sou prédécesseur Du Ryer, aucune distinction des versets, scrupuleusement conservés par Maracci et G. Sale.

La nouvelle traduction fr. ne Use du Koran qui est publiée daus ce volume a été faite, tur notre demande, par M. Kasimirski , au jourd'bui secrétaire interprète de la légation française en Prise , un des jeunes exilés de l'héroïque Pologne, qui s'est efforce de se consoler des malheurs de sa patrie, et de supporter son noble exil par l'étude des langues orientales, daus lesquelles î! a fait, en moins de dix ans, les plus grands progrès. >'ous avons revu soigneusement cette traduction , imprimée en l'absence de l'auttur; mais nous n'y avons fait d'autres changements que ceux que nécessitait l'exigence de notre langue. Rarement nous avons eu recours au texte pour vérifier le sens de certains versets qui nous paraissaient douteux. Nous regrettons , et le lecteur le regrettera comme uous sans doute , que l'auteur n'ait pas pu revoir sa traduction avant et pendant l'impression ; il l'aurait bien mieux améliorée que nous. Telle qu'elle est cependant , nous pensons qu'elle obtiendra le suffrage des orientalistes et de tous les hommes iustruiis.

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