‹ Le Koran (volume 2)Chapitre 5 sur 447 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

« dans la mémoire des hommes (I). » Le plus savant éditeur et interprète du Koran, Maracci, qui en a donné \a Réfutation en même temps que la Traduction (2), et dont, par conséquent, le témoignage ne peut être suspect , ne craint pas de dire que Mohammed a conservé tout ce qu'on trouve de plus plausible et de plus probable dans la religion chrétienne , avec tout ce qui nous parait de plus conforme à la loi et à la lumière de la nature (5).

Voici le portrait que Aboulféda a tracé de Mohammed dans la vie qu'il en a écrite :

h Ali, 01s d'Abou-Taleb, a parlé des qualités physiques du prophète en ces termes : « Il élait, nous dit-il, d'une taille moyenne; « sa tète était forte, sa barbe épaisse , ses pii'ds et ses mains rudes , « sa charpente osseuse annonçait la vigueur; sou visage était co- « loré. » On dit encore qu'il avait les yeux noirs, les cheveux plats, les joues unies, le cou semblable à celui d'une urne d'argent. Anas a dit : « Dieu ne permit pas que ses cheveux reçussent en blanchis- « sant l'outrage des années : il avait seulement viugt poils blancs « à la barbe et quelques cheveux blancs sur le sommet de la « tète... »

t L'esprit et la raison du prophète l'emportaient sur ceux des aulres hommes. Adressant à Dieu de fréquentes prières, il était Irès-sobre de discours futiles. Son visage annonçait une bienveillance consianle; il rimait à garder le silence, son humeur était douce, son caractère égal. Ses parents, ou ceux qui ne lui étaient pas attachés par les liens du sang, les puissants ou les faibles, trouvaient eu lui une justice égale. 11 aimait les humbles et ne méprisait p:;s le pauvre à cause de sa pauvreté , comme il n'honorait pas le rc!ie à cause de sa richesse. Toujours soigneux da se concilier l'amour des hommes marquants et rattachement de ses compagnons, qu'il ne rebutait jamais , il écoulait avec une grande patience celui qui verait s'asseoir auprès r'e lui. Jamais il ne se retirait que l'homme auquel il donnait audience ne se fût levé le premier ; de même que, si quelqu'un lui prenait la main, il la laissait aussi longtemps que 'a personne qui l'avait abordé ne retirait pas la sienne. Il en était de même si l'on restait de'iout à traiter avec lui de quelque affaire; toujours , dans ce cas , il ne partait que le dernier. Souveut il visitait ses compagnons , les interrogeant sur ce qui se passait entre eux. Il s'occupait lui-même à traire ses brebis, s'asseyait à terre, raccommodait ses vêtements et ses chaussures,

* Cite dans le livre fort estimable de M. tle Pasloret, intitule' : Zoroastre, Cunfu cius et Blaliumet, rjue nous recommandons de lire, p. 233.

a Akorani textus nuiveisus, aval), et kl-, cuni nous et uiulationc. Palavii, 1G98> ia-4.

5 Ouvrage cite, [>. 234,

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