‹ Le Koran (volume 3)Chapitre 2 sur 463 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

des contrées de l'Orient. Sur les bords de la mer Rouge, dan> une partie de l'Arabie, que l'on nomme Hedjaz, naquit, l'an 57 1 de l'ère chrétienne, le fondateur d'une religion nouvelle, laquelle devait être une transaction , pour ainsi dire , entre le spiritualisme chrétien et les croyances matérielles des anciens Arabes. Cet homme , qui se dit l'envoyé de Dieu , qui fit accepter sa mission, beaucoup moins par la persuasion que par la violence, fut instruit dans les croyances juives et chrétiennes, telles qu'elles étaient répandues de son temps , par les populations juives et chrétiennes établies en Arabie depuis plusieurs siècles. Ces populations s'étaient grandement accrues par les persécutions de Titus et d'Hadrien, dans le premier et le second siècle de notre ère, et par celles que subirent aussi par la suite les sectes chrétiennes qui furent obligées de se réfugier hors des limites de l'empire romain. Les doctrines du christianisme avaient été propagées dans les églises du Yémen ; et les Arabes avaient été instruits dans la croyance de l'unité de Dieu. Divisés en tribus, comme autrefois les Juifs du temps de leurs patriarches, les Arabes s'assimilèrent en quelque sorte l'histoire des tribus juives , et finirent par voir dans les patriarches des Hébreux , et dans leurs législateurs ou prophètes, des ancêtres qui leur étaient communs, comme leur langue avait la même origine.

Mohammed (que l'on nomme plus communément Mahomet), de la tribu arabe de Koreïch, naquit à la Mecque, quatre ans après la mort de l'empereur Justinien (l).Son père, Abdallah, de la famille de Hachem , et sa mère ,. Amina , moururent dans son bas âge. Les oncles nombreux du jeune prophète réduisirent son héritage à cinq chameaux et à une servante éthiopienne. L'un d'eux, Abou-Taleb, chef du temple et gouverneur de la Mecque, fut le tuteur de sa jeunesse , dont on ignore les particularités. On dit qu'il fit instruire de bonne heure son pupille dans les affaires du commerce auquel il le destinait; il lui apprit aussi personnellement le métier des armes, en remmenant avec lui, à

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la tète de sa tribu, combattre celles avec lesquelles il se trouvait en guerre. La paix rendit le jeune Mohammed au commerce, dans lequel il se distingua par son intelligence , son activité, et surtout par sa bonne foi, vertu rare dans tous les temps, et qui lui mérita dans le cours de sa vie le surnom de el Amin , l'homme sûr et fidèle.

On reconnaîtra , dans ces particularités de la jeunesse de Mohammed , une analogie frappante avec de semblables particularités de la jeunesse, ou plutôt de la vie entière d'un homme qui, lui aussi, eut le projet de régénérer la société et de renouveler le monde par une doctrine sociale nouvelle. Nousnesavons quelle destinée est réservée à la doctrine de Ch. Fourier; mais, s'il fallait en croire les espérances de ce prophète moderne et la croyance de ses partisans, cette doctrine serait un jour plus répandue que le mahométisme , sans avoir besoin pour cela des mêmes moyens de propagation.

Une circonstance qui peut paraître indifférente vint replacer le jeune Mohammed dans les conditions de richesses et de puissance qu'avait possédées sa famille, et qui ne devaient pas rester étrangères à son élévation. Une riche veuve, sa parente, nommée Khadidja, qui faisait un commerce considérable, le plaça à la tête de sa maison et l'épousa ensuite. Dès lors Mohammed put concevoir le projet de régénérer les croyances religieuses de ses compatriotes, et il s'y livra avec toute l'ardeur que lui donna l'espérance d'en devenir en même temps le chef. Mais ce ne fut qu'à l'âge de quarante ans qu'il se donna ouvertement la mission de prophète et qu'il proclama l'islamisme. Soit véritable fanatisme , soit fourberie, il se dit l'inspiré et l'envoyé de Dieu. 11 avait voulu disposer les esprits de ses compatriotes à lui reconnaître cette mission divine, par une retraite de plusieurs mois, chaque année, dans une caverne du mont Héra, où il allait cultiver ses inspirations. Mais, s'il faut s'en rapporter et à l'histoire et même à de nombreux passages du Koran, il eut beaucoup do peiné à vaincre l'incrédulité de ses compatriotes. Ce fut sa femme

iv PREFACE.

Kltadidja qui, la première , partagea ou feignit de partager les croyances du nouveau prophète (1). Son second partisan fut Zeïd, son esclave, auquel il promit la liberté pour prix de son adhésion. Ali, élève de Mohammed et fils d'Abou-Taleb , fut le troisième, ensuite Abou-Bekr, son ami. Dans l'espace de trois années de laborieuses tentatives , le nombre des partisans de Mohammed ne s'éleva qu'à quatorze; mais, dans la quatrième année, il commença le rôle actif de prophète; et, dans un festin qu'il donna à quarante personnes de la famille de Hachem, il offrit à ses hôtes tous les trésors de ce monde et de la vie à venir, s'ils voulaient adopter sa doctrine : « Dieu m'a commandé, » leur dit Mohammed , de vous appeler à son service ; quel est » celui d'entre vous qui voudra m'aider à accomplir ma mission ? » Quel est celui d'entre vous qui voudra me servir de compagnon » et de vizir ? » Le silence glacial de l'assemblée à ces paroles du nouveau prophète fut rompu par l'exclamation impétueuse du jeune Ali qui , seulement dans la quatorzième année de son age , s'écria : « O prophète ! c'est moi ! Quiconque se lèverait » contre toi, je lui briserais les dents, je lui arracherais les yeux, » je lui romprais les jambes, je lui déchirerais le ventre ! O pro- » phète ! je serai ton vizir ! » L'offre fut acceptée avec transport ; et la religion , qui s'est étendue sur de si vastes contrées en Orient et en Occident, qui faillit vaincre nos pères dans les plaines de Poitiers, eut beaucoup de peine, pendant dix ans, de se créer quelques partisans dans la vallée de la Mecque.

Sa famille, en général, ne fut pas aussi docile que l'avait été Khadidja et Ali. Mohammed essaya en vain de se la concilier et de l'attacher à son parti ; elle fit les plus vives instances pour le dissuader d'un projet qu'elle regardait comme coupable. Aux instances succédèrent les menaces et aux menaces les persécutions. Mohammed et ses partisans furent exilés; on prit même les armes contre eux, et le vieux culte arabe, qui avait ses pontifes dans la famille môme de Mohammed, ne devait pas se ré-

M) l'.n 009 de noire ère.

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soudre à céder si facilement la place à une nouvelle doctrine élevée et nourrie à l'ombre de ses autels. Aussi cette doctrine nouvelle, dont le glaive devait être par la suite l'apôtre le plus éloquent et le plus persuasif, fut obligée de se propager et de se maintenir par le sang de la famille de son propre fondateur.

Les écrivains arabes ont attribué à Mohammed un grand nombre de miracles dont le récit est rapporté sans critique par la plupart des écrivains occidentaux qui ont écrit sa vie. La plupart de ces miracles ont été inventés par les sectateurs de Mohammed dans l'intention de prouver la supériorité de sa nature, ou par ses adversaires pour le discréditer aux yeux des personnes sensées.

Pendant que le prophète arabe travaillait à l'établissement de sa religion, il fut soumis, comme un simple mortel, à toutes les vicissitudes auxquelles entraînent les grandes entreprises. Pendant qu'il gagnait des prosélytes à Médine et dans d'autres villes de l'Arabie, il en perdait à la Mecque, sa ville natale. Les chefs des Koreïchites , sa propre tribu , le condamnèrent à mort par un arrêt unanime. Si Mohammed ne se fût pas soustrait à cette condamnation par la fuite, il est probable que c'en eût été fait de son apostolat et de sa religion. Mais cette action de se soustraire par là fuite à ses ennemis, loin de lui avoir été reprochée comme une lâcheté, a été immortalisée par ses sectateurs qui en ont daté leur ère ; le nom de Hégire ne signifiant autre chose en arabe que fuite (1).

Depuis cette époque de la fuite à Médine, les sectateurs de Mohammed et ses ennemis, qui étaient alors ses compatriotes, se livrèrent des guerres acharnées, dans lesquelles le prophète était souvent au premier rang, ce qui l'a fait nommer, par ses contemporains, le prophète du sabre. Les succès en furent d'abord partagés, « mais, dit M. Pastoret (2) , si le prophète ne l'emporta

(1) L'année de la fuite de Mohammed, ou de YHégire, correspond à Tannée 622 deTère chrétienne.

(2) /.oroastre, Confucius et Mahomet, p. 22:}.

vi ri\ÉFACE.

« pas toujours par la force des armes , il l'emporta toujours par » la générosité et la grandeur d'àme. Nous n'en citerons qu'un » trait arrivé la sixième année de l'ère mahométane. Un prince » qu'il avait comblé de bienfaits après l'avoir vaincu , jaloux de » lui témoigner sa reconnaissance, fatiguait les Mecquois par des » hostilités. Leurs convois de blés interceptés plusieurs fois fai- » saient craindre une famine prochaine. Les Koreïchites effrayés » ne trouvent plus d'autre ressource que de s'adresser à celui » qu'ils persécutaient depuis vingt ans. C'est Mohammed lui- « même ; Mohammed exilé, proscrit, condamné au dernier sup- « plice, qui intercède pour les citoyens coupables qui ont voulu » attenter à ses jours et le couvrir d'ignominie. « Conservez mon >j peuple, écrit-il à Thémama (c'est le nom de ce prince redoutah ble), conservez mon peuple et laissez passer ses convois, » » Thémama suspendit ses attaques et s'empressa d'obéir. »

Les habitants de la Mecque n'en continuèrent pas moins leurs hostilités. Il y eut cependant des trêves pendant lesquelles Mohammed et ses prosélytes visitèrent le temple célèbre de la ville qui depuis est devenue la ville sainte. Ces différends avec les Mecquois n'empêchèrent pas Mohammed de faire la guerre aux Juifs et de conquérir leurs villes les plus importantes. Il s'empara de leurs trésors et les soumit presque en entier au joug de l'esclavage (1). Ces succès ranimèrent les espérances et excitèrent l'ambition du novateur au point qu'il pensa à traiter d'égal à égal avec les rois et il leur envoya des députés qui les invitèrent, en son nom et au nom de Dieu , à adopter sa religion. Il en envoya au roi de Perse, à l'empereur des Romains, au prince des Cophtes , au roi d'Abyssinie et à plusieurs autres monarques. Le plus grand nombre, dit Aboulféda, les reçut avec respect, et quelques-uns n'hésitèrent pas à embrasser l'islamisme.

Peu de temps après, Mohammed s'empara de la Mecque , se rendit au temple, en abattit les idoles et y abolit l'ancien culte

(1) Aboul-Féda, Vie de Mohammed.

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arabe, en prononçant ces paroles du Koran : m La vérité a paru » et le mensonge s'est dissipé comme une vapeur légère (1). »

Un des combats les plus célèbres dans la vie de Mohammed est celui de Bedr, dont il est souvent question dans le Koran (2). Ce combat coûta la vie à soixante-dix individus de l'armée koreïchite, et dans ce nombre se trouvaient vingt-quatre personnages des plus importants de la Mecque, plusieurs d'entre eux parents ou alliés de Mohammed. Ce dernier ordonna de jeter dans le puits auprès duquel il avait pris position tous les cadavres des ennemis. Ensuite il s'approcha de ce puits, et apostrophant les cadavres qui y étaient entassés , il s'exprima en ces termes :

n Otba, fils de Rabia; Cheiba, fils de Rabia; Omeyya , fils de v Khalaf ; Aboudjahl, fils de Hécham (il les nomma ainsi presque » tous); indignes compatriotes d'un prophète, vous m'avez traité » d'imposteur , d'autres ont cru à ma mission ; vous m'avez » chassé de ma patrie, vous vous êtes armés contre moi, d'autres » m'ont accueilli et ont pris ma défense. Dieu a-t-il accompli les « menaces qu'il vous avait faites par ma bouche. Pour moi, j'ai » vu se réaliser les promesses que j'en avais reçues. — Eh quoi ! » prophète, lui dirent les musulmans qui étaient près de lui, tu » parles à des morts? — Sachez, leur répliqua-t-il , qu'ils m'en- » tendent aussi bien que vous, s'ils ne peuvent me répondre. »

Cependant ce combat si fameux chez les Arabes partisans de Mohammed n'était qu'un combat semblable à ceux que nos soldats ont souvent à soutenir en Afrique contre les Bédouins qui attaquent nos convois. « Le bruit courait, dit M. Reinaud (3), qu'une riche caravane ennemie se disposait à îevenir de Syrie; on la disait composée de mille chameaux, et (hargée des plus précieuses marchandises du pays. Aussitôt Mohammed forma le dessein de s'en emparer. En vain les Mecquois firent partir neuf

(1) Cb. xvii, vers. 83.

(2) Il a été décril tout au long , d'après les écrivains arabes , par M. Caussin de Perceval , dans le Nouveau Journal Asiatique, février 1839, p. 1)8 et suiv.

(3) Description des Monuments musulmans, torn, i, p. 210.

vin PREFACE.

cent cinquante hommes pour prendre sa defense; Mohammed avec trois cent treize hommes, dont deux seulement étaient montés sur des chevaux, se mit en marche et vint se placer sur le chemin où elle devait passer.

» La petite armée de Mohammed avait pris position sur le chemin de la Mecque, auprès d'un puits appelé Bedr, non loin des côtes de la mer Rouge. L'escorte envoyée par les Mecquois pour protéger la caravane, étant arrivée en cet endroit, trouva le passage fermé, et il fallut en venir aux mains. Dans le commencement, Mohammed montra une grande agitation. 11 s'était fait construire une cabane de bois où il se tenait avec Àbou-Bekr à l'abri des rayons du soleil. Pendant le combat il se frappait la poitrine, faisant cette prière à Dieu : « O mon Dieu ! si tu laisses périr tes serviteurs tu n'auras plus d'adorateurs sur la terre. » Il était si ému qu'il laissa tomber son manteau de dessus ses épaules, et perdit même un moment connaissance. A la fin, sortant de cet état de trouble, il reprit courage , et feignant d'avoir eu une apparition de l'ange Gabriel , il s'écria : « Réjouissez-vous ; Dieu nous envoie du secours. » En même temps il monta à cheval, et, prenant une poignée de sable, il la jeta contre le visage des ennemis et dit : « Que leurs faces soient confondues ! » Aussitôt ses soldats firent un dernier effort; les Mecquois prirent la fuite, et la bataille fut gagnée. »

Les succès de Mohammed allèrent toujours en augmentant. De toutes parts les généraux ajoutaient à ses conquêtes, et les princes arabes qu'il n'avait pas encore combattus s'empressaient d'envoyer des ambassadeurs lui annoncer qu'ils abandonnaient l'idolâtrie ; aussi l'année suivante fit-il un nouveau pèlerinage à la Mecque pour remercier Dieu du succès accordé à sa doctrine et à ses armes.

Ce voyage qu'on appela le pèlerinage de l'adieu, parce qu'il fut le dernier de Mohammed, ne tarda point à être suivi de sa mort (produite, dit-on, par le poison que lui avait fait prendre une Juive), qui arriva le 8 juin de l'an 632 de l'ère chiétienne, à

PREFACE. iv

Médine , où chaque année une foule immense de pèlerins se rend de tous les points de l'Afrique et de l'Asie pour visiter son tombeau .

Mohammed et la religion qu'il a fondée ont été, pendant bien des siècles, de la part d'auteurs chrétiens, l'objet des plus grossières et des plus absurdes accusations. Jamais, peut-être, fanatisme plus ignorant et plus aveugle n'avait exprimé plus de haine. Cependant, un examen impartial des doctrines exprimées dans le Koran aurait fait reconnaître à ces critiques passionnés que Mohammed s'était le plus souvent inspiré des monuments et des croyances qui ont constitué les religions juive et chrétienne. Ce fait aurait dû rendre le prophète arabe moins coupable à leurs yeux, si l'on ne savait pas que la haine est souvent plus forte et plus envenimée entre les dissidents, d'une même croyance qu'entre des croyances totalement opposées. Ce qui a pu rendre Mohammed si odieux à certains écrivains, c'est la persévérance qu'il met dans son livre à nier la Trinité de Dieu (1), à combattre la croyance qu'il ait eu un Fils, à soutenir son unité absolue. Il préférait cependant les chrétiens aux sectateurs d'autres religions (2). Il reconnaissait la mission de Moïse, de Jésus, et il prétendait continuer leur apostolat selon les vues de Dieu, son livre ne faisant que corroborer les Écritures antérieures (3); chaque époque, selon lui, ayant eu son livre sacré (4). Il n'est peut-être pas de livre qui donne une idée plus haute de la Divinité que le Koran : « Les ombres même de tous les êtres, dit-il, » s'inclinent devant lui matin et soir (5)! » C'est par la lecture de ce livre que nous pourrons apprendre à connaître le caractère arabe et l'énergie fanatique de l'ennemi que nous avons à combattre dans l'Algérie, où la croyance dans le Koran est encore très-vive. C'est aussi par l'étude assidue du Koran que nous

(1) Ch. v, vers. 77, iW.

(2) Ch. v, vers. 85.

(3) Ch. vi, vers. 92.

(4) Ch. xiii, vers. 38.

15) Ch. sin , vers. \C>.

x PRÉFACE.

pourrons comprendre la politique des Arabes. Dans ce livre sacré la déloyauté en guerre est autorisée (1) , de môme que la dépouille des ennemis (2); la guerre doit se faire sans rémission (3). On y trouve aussi prescrit la guerre sainte et les mois sacrés (4). Les lâches ou ceux qui ne veulent pas aller combat» tre les infidèles sont réprouvés et maudits (5).

Le moment n'a jamais été aussi opportun pour nous d'étudier le Koran qu'aujourd'hui, et de nous dépouiller entièrement des préjugés que l'on avait si long-temps cherché à accréditer sur la prétendue absurdité de Mohammed et de ses doctrines. Un certain Vivaldo était allé jusqu'à dire, en parlant du Koran , « que '» ce livre, loin d'être lu, doit être bafoué, méprisé et jeté dans m les flammes, partout où on le trouvera; et comme c'est, ajoute- » t-il , une production tout- à-fait bestiale, elle ne mérite point » d'être rappelée dans la mémoire des nommes (6). » Le plus savant éditeur et interprète du Koran , Maracci, qui en a donné la Réfutation en même temps que la Traduction (7), et dont, par conséquent, le témoignage ne peut être suspect, ne craint pas de dire que Mohammed a conservé tout ce qu'on trouve de plus plausible et de plus probable dans la religion chrétienne, avec tout ce qui nous paraît de plus conforme à la loi et à la lumière de la nature (8).

Voici le portrait que Aboulféda a tracé de Mohammed dans la vie qu'il en a écrite :

« Ali, fils d'Abou-ïaleb, a parlé des qualités physiques du prophète en ces termes : « Il était, nous dit-il, d'une taille moyenne ; » sa tête était forte, sa barbe épaisse, ses pieds et ses mains ru-

(1) Ch. vin, vers. 60.

(2) Cb. vin , vers. 70.

(3) Cli. ix, vers. 12, 13, 24,29, 3G, 82. 0) Cli. ix, vers. 5.

(5) Ch. ix, vers. 88, 91,90.

(0) Cité dans le livre fort estimable de M. de Pnstoret , intitulé: Zoroastre , Confucius et Mahomet, que nous recommandons de lire, p. 833.

(7) Alcorani textus universus, rrab. et lot., rtlUl nolis ei nfutalione. Patavii, 1098, in-f".

(8) Ouvrnpe cité, p. 23'».

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