Un jour, Dieu dira aux infidèles : Appelez mes prétendus
' Ce passage embarrasse les commentateurs. Éblis est ici compté parmi les [i
génies, eMjinn, race intermédiaire entre les hommes et les anges, et dont l'ori- •
gine et la nature sont aussi vaguement déiinies dans le Koran que dans presque toutes les religions. Éblis était d'abord un ange, ainsi que le dit le Koran en plusieurs endroits ; sa rébellion Ta fait précipiter du ciel, il devient Satan, echcheïtan, le tentateur, le diable, l'ennemi déclaré des humains. Les anges ne peuvent ni enfanter ni engendrer, et ne pèchent point, tandis que les génies se reproduisent, sont sujets au péché et passibles des châtiments de la vie future. Quelques ,,
commentateurs croient qu'il faut regarder Éblis comme le père de la race des J|
génies ; mais le texte qui nous occupe dit : il était du nombre dès génies. Quelle i
que soit l'afiinité des êtres désignés par le nom de cheïtan, Satan (au pluriel cheïatin)j avec ceux de génies (djinn), tous deux représentant le principe du mal, il est nécessaire de les distinguer, d'en distinguer le caractère et l'apparition dans les dilïerents cultes. Satan appartient au culte, sinon primitif, du moins fort ancien, des peuples sémitiques ; il se rattache au mythe de la chute de l'ange et de l'homme : les génies appartiendraient plutôt aux mythes perses et indiens [div, deva), et n'auraient fait invasion dans les cultes des peuples sémitiques que plus tard. On voit par les passages du Koran, chap. II, 96, et chap. XIX, 69, que les mots génies et Satan sont identiques ; on peut le prouver encore par des passages analogues, chap. XXVII, 39-40, LXXII, il. Pour mettre le lecteur français à même de s'éclairer sur cette question, nous traduisons partout le mot cheïatin par démons, cheïtan par Satan, et djinn par génies.
compagnons, ceux que vous croyez être dieux. Ils les appelleront, mais ceux-ci ne leur répondront pas, car nous aurons mis entre eux la vallée de la destruction.
51. Les coupables verront le feu de l'enfer, et sauront qu'ils y seront précipités ; ils ne trouveront aucun moyen d'y écha})per.
52. îSous nous sommes servi dans ce Koran de toute sorte de paraboles à l'usage des hommes; mais l'homme est la plupart du temps enclin à la dispute.
53. Qu'est-ce donc qui empêche les hommes de croire, quand la direction du droit chemin leur a été donnée? qu'est-ce qui les empêche d'implorer le pardon de Dieu? Peut-être attendent-ils le sort des hommes d'autrefois, ou que le châtiment les atteigne à la face de l'univers.
54. Nous envoyons des apôtres chargés d'avertir et d'annoncer. Les incrédules se servent d'arguments futiles pour effacer la vérité, et prennent nos miracles et les peines dont on les menace pour l'objet de leurs railleries.
55. Quel être plus coupable que celui qui se détourne quand on lui récite nos enseignements, qui oublie les actions qu'il avait commxises lui-mêmes? Nous avons recouvert leurs cœurs de plus d'une enveloppe, pour qu'ils ne comprennent point le Koran , et nous avons jeté la pesanteur dans leurs oreilles.
56. Quand même tu les appellerais à la droite voie , ils ne la suivraient alors jamais.
57. Ton Seigneur est indulgent et plein de compassion ; s'il voulait les punir de leurs œuvres, il aurait avancé l'heure du châtiment. Mais ils ont un terme fixé pour l'accomplissement des menaces, et ils ne trouveront aucun refuge contre sa vengeance.
58. Nous avons détruit ces anciennes cités, à cause de leur impiété ; or nous avions précédemment prédit leur ruine.
59. Un jour Moïse dit à son serviteur^ : Je ne cesserai de marcher jusqu'à ce que je sois parvenu au confluent des deux mers 2, ou je marcherai pendant plus de quatre-vingts ans.
' Josué, fils de Noiin.
' Ces deux mers, disent les commentateurs, sont la merde la Grèce et la mer de la Perse. Comme ce passage ne trouve aucune explication plausible dans le sens littoral, les commentateurs ajoutent que Moïse veut parler de sa prochaine entrevue avec Khedr, personnage mystérieux dont il sera question plus loin, dans ce cas le confluent des deux mers serait l'entrevue de Moïse, océan de la science extérieure et Khedr, océan de la science surnaturelle, intérieure. Moïse s'entretenant un jour avec Dieu, lui demanda : « Connais-tu parmi tes serviteurs (les humains) un homme plus savant (jue moi ? » Dieu lui répondit : « Oui. — Et où