‹ Le Koran;Chapitre 189 sur 503 · CHAPITRE XVÎH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVÎH

60. Lorsqu'ils furent arrivés au conliuent des deux mers, ils s'aperçurent qu'ils avaient perdu leur poisson S qui prit tout droit la route de la mer.

61. Lorsqu'ils passèrent en avant, Moïse dit à son serviteur : Sers-nous notre repas, nous avons éprouvé beaucoup de fatigues dans ce voyage.

62. —Qu'en dis-tu? reprit son serviteur. Lorsque nous nous sommes arrêtés auprès de ce rocher, je n'ai fait aucune attention au poisson. Il n'y a que Satan qui ait pu me le faire oublier ainsi, pour que je ne te le rappelasse pas; le poisson a pris son chemin vers la mer; c'est miraculeux.

63. -— C'est ce que je désirais, reprit Moïse. Et ils retournèrent tous deux sur leurs pas.

64. Là ils rencontrèrent un de nos serviteurs que nous avons favorisé de notre grâce et éclairé de notre science 2.

65. Puis-je te suivre, lui dit Moïse, afin que tu m'enseignes une portion de ce qu'on t'a enseigné à toi-même par rapport à la vraie route?

66. L'inconnu répondit : Tu n'auras jamais assez de patience pour rester avec moi.

67. Et comment pourrais-tu supporter certaines choses dont tu ne comprendras pas le sens?

68. S'il plaît à Dieu, dit Moïse, tu me trouveras persévérant, et je ne désobéirai point à tes ordres.

69. Eh bien! si tu me suis, dit Vinconnu, ne m'interroge sur quoi que ce soit, que je ne t'en aie parlé le premier.

70. Ils se mirent donc en route tous deux 2, et tous deux montèrent dans un bateau; Vinconnu l'endommagea. — L'as-tu brisé, demanda Moïse, pour noyer ceux qui sont dedans? ïu viens de commettre là une action étrange.

71. — Ne t'ai-je pas dit que tu n'auras pas assez de patience pour rester avec moi?

le trouverai-je? — Tu le trouveras au confluent des deux mers. — Et comment trouverai-je cet endroit? — Prends un poisson, et à l'endroit où le poisson aura' disparu, tu attendras cet homme (Khedr).

' Ce poisson devait être cuit et servir de repas à Moïse et à Josué. Moïse s'étant H

endormi, le poisson mis dans la marmite commença à se remuer, et sautant de la marmite tomba dans la mer, car on était sur le rivage de l'Océan de l'eau de la vie ; à l'aide de cette eau le poisson fut rendu à la vie.

' Vovez la note du verset 81.

^ Le verbe est au duel, il n'est plus question de Josué.

72. — Ne me blâme pas, reprit Moïse, d'avoir oublié tes ordres, el ne m'impose point des obligations trop ditliciles.

73. Ils partirent, et ils marcbèrent jusqu'à ce qu'ils eussent rencontré un jeune liomme. Linconnii le tua. — Eh quoi ! tu viens de tuer un homme innocent qui n'a tué personnel Tu as commis là une action détestable.

74. — Ne t'ai-je point dit que tu n'auras pas assez de patience pour rester avec moi ?

75. — Si je t'interroge encore une seule fois, tu ne me permettras plus de Raccompagner. Maintenant excuse-moi.

76. Ils partirent, et ils marchèrent jusqu'à ce qu'Us fussent arrivés aux portes d'une ville. Ils demandèrent rhospitalilé aux habitants, ceux-ci refusèrent de les recevoir. Les deux voyageurs s'aperçurent que le mur de la ville menaçait ruine. L'inconnu le releva. — Si tu avais voulu, lui dit Moïse, tu aurais pu te faire donner une récompense.

77. — Ici nous nous séparerons, reprit Vinconnu. Je vais seulement t'apprendre la signification des choses que tu as été impatient de savoir.

78. Le navire appartenait à de pauvres gens qui travaillaient sur mer ; je voulus l'endommager, parce que derrière lui il y avait un roi qui s'emparait de tous les navires.

79. Quant au jeune homme, ses parents étaient croyants, et nous avons craint qu'il ne les infectât de sa perversité et de son incrédulité.

80. Nous avons voulu que Dieu leur donnât en retour un fds plus vertueux et plus digne d'affection.

81. Le mur était l'héritage de deux garçons, orphelins, de cette ville. Sous ce mur était un trésor qui leur appartenait. Leur père était un homme de bien. Le Seigneur a voulu les laisser atteindre l'âge de puberté pour leur rendre le trésor. Ce n'est point de mon propre chef que j'ai fait tout cela. Voilà les choses dont tu n'a pas eu la patience d'attendre l'explication '-.

82. On t'interrogera, ô Mohammed! au sujet de Dhoul'Karneïn '^. Réponds : Je vais vous raconter son histoire.

' L'inconnu dont il est question ici estKhedr, ou Kliidr, que les mahométans regardent comme prophète, bien qu'en dehors de la lignée de prophètes envoyés soit aux Israélites, soit aux peuples de l'Arabie. C'est un personnage mystérieux qui aurait trouvé la fontaine de la vie, bu de ses eaux et acquis ainsi l'immortalité. On le croit le même que Pinchas, lils d'Éléazar, Ills d' Aaron, dont l'àme aurait successivement passé dans le corps d'Elias, et ensuite dans celui de saint Georges.

' Possesseur de deux cornes. Sous ce nom, les mahométans entendent Alexan-

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