CHAPITRE XXXIV
fragment du ciel. Dans ceci il y a un signe pour tout serviteur de Dieu capable de se convertir.
10. Nous avons accordé à David un don qui venait de nous [le talent de chanter). Nous dîmes : 0 montagnes et oiseaux ! alternez avec lui dans ses chants. Nous avons -amolli le fer entre ses mains, et lui dîmes : Fais-en des cottes de mailles complètes, et observe bien la proportion des mailles. Faites le bien, car je vois vos actions.
11. Nous assujettîmes le vent à Salomon. Il soufflait un mois le matin et un mois le soir. Nous fîmes couler pour lui une fontaine d'airain. Les génies travaillaient sous ses yeux, par la permission du Seigneur, et quiconque s'écartait de nos ordres était livré au supplice du brasier ardent.
12. Ils exécutaient pour lui tous les travaux qu'il voulait, des palais, des statues i, des plateaux larges comme des bassins, des chaudrons solidement étayés. 0 famille de David! rendez-nous des actions de grâces. Qu'il y a peu d'hommes reconnaissants parmi mes serviteurs!
13. Et lorsque nous décrétâmes qu'il mourût, ce fut un reptile de la terre qui l'apprit le premier à tous : il avait rongé son bâton qui soutenait le cadavre; et quand celui-ci tomba, les génies reconnurent que, s'ils avaient pénétré le mystère, ils ne seraient pas restés aussi longtemps dans cetjle peine avilissante ^
14. Les habitants de SABA avaient, dans le pays qu'ils habitaient, un signe ^* avertissement : deux jardins, à droite et à gauche 3. Nous leur dîmes : Mangez de la nourriture que vous donne votre Seigneur; rendez-lui des actions de grâces. Vous avez une contrée charmante et un Seigneur indulgent.
• Parmi les ouvrages exécutés par les génies, on cite le trône de Salomon, supporté par deux lions couchés et surmonté de deux aigles. Quand, Salomon montait sur le trône, les lions étendaient leurs pattes, et, quand il s'asseyait, les aigles l'ombrageaient de leurs ailes.
' On a déjà vu dans les chap. II et XXVII quelques détails sur Salomon. Chez les musulmans, Salomon est le type d'un roi sage, puissant ; sa magniticence est devenue proverbiale. Les commentateurs racontent, d'après les sources rabbiniques sans doute, que Salomon, se voyant. dans un âge très-avancé, pria Dieu de cacher sa mort jusqu'à ce que les ouvrages et les édilices entrepris par lui fussent terminés. Il craignait que les génies n'abandonnassent les travaux aussitôt après sa mort. Dieu agréa la demande de Salomon, et, quand le moment de sa mort vint, il était à genoux, faisant la prière appuyé sur son bâton. Les génies, le voyant toujours en vie, achevèrent les travaux.
^ Il faut entendre ici par les jardins tout un pays couvert de jardins, dans le pays appelé Marib, à trois journées de distance de Sanaa,
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15. Mais ils se détournèrent de la 'hérité. Nous envovAmes contre eux l'inondation des digues ^ et nous échangeûmes leurs deux jardins contre deux autres produisant des fruits amers, des tamarins et quelques fruits du petit lotus.
16. C'est ainsi que nous les rétribuâmes de leur incrédulité. Récompenserons-nous ainsi d'autres que les ingrats?
17. Nous établîmes entre eux et les villes que nous avons bénies des cités florissantes ; nous établîmes à travers ce pays une route, et nous dîmes : Voyagez-y en sûreté le jour et la nuit.
18. Mais ils dirent : Seigneur, mets une plus grande distance entre nos cbemins^. Ils ont agi avec iniquité envers eux-mêmes. Nous les rendîmes la fable des nations, et nous les dispersâmes de tous côtés. Il y a dans ceci un avertissement pour tout homme qui sait souffrir et qui est reconnaissant.
19. Éblis reconnut qu'il les avait bien jugé. Tous l'ont suivi, sauf quelques croyants.
20. Il n'avait cependant aucun pouvoir sur eux ; seulement, nous voulions savoir qui d'entre eux croira à la vie future et qui en doutera. Ton Seigneur veille sur toute chose.
21. Dis-leur : Appelez ceux que vous croyez exister outre Dieu. Ils n'ont pas de pouvoir au ciel ni sur la terre, pas même pour le poids d'un atome. Ils n'ont eu aucune part dans leur création, et Dieu ne les a point pris pour ^es aides.
22. L'intercession de qui que ce soit ne servira de rien , sauf à celui à qui Dieu le permettra. Ils attendront jusqu'au moment où la crainte sera bannie de leurs cœurs s. Ils diront alors : Qu'est-ce que Dieu a dit? On leur répondra : La vérité. Il est le Sublime, le Grand.
23. Dis-leur : Qui est-ce qui vous envoie la nourriture des cieux et de la terre? Dis : C'est Dieu. Moi ou vous, sommes-nous sur le droit chemin ou dans l'égarement évident?
* L'inondation des digues est une des principales époques de l'histoire de l'Arabie ; cette catastrophe occasionna une ('miûîralion des tribus, qui depuis celte époque se; fixèrent tant dans les autres parties de l'Arabie qu'en Syno. Quoiqu'il soit difficile de préciser l'cpoque de cet événement, les rechcrclies de Al.deSacy permettent de la rapporter au deuxième siècle après .lésus-Christ. Voyez aussi l'histoire des Arabes, par M. Caussiu de Perceval, 5 vol., 1840.
' Ils étaient ennuyés, disent les commentateurs, d,3 tant dt; bénédictions, ils voulaient avoir l'occasion de pressurer les pauvres gens par des voyages ù travers les déserts. Aussi Dieu rendit ce pays désert.
^ Car ceux qui voudraient intercéder n'oseront pas prononcer un seul mot avant que Dieu leur eu donne la permission.