SAD
Donné h la Mecque. — 88 versets.
J'U nom du Dieu clément et miséricordieux.
i. SAD*. J'en jure par le Koran rempli d'avertissements, les indilèles vivent dans rorgueil et dans la rébellion envers Dieu et envers le prophète.
2. Que de générations avons-nous anéanties avant eux! Tous ils criaient secours ; mais il n'était plus temps d'échapper au châtiment.
3. Les infidèles s'étonnent de ce qu'un apôtre s'est tout à coup élevé au milieu d'eux; ils disent : C'est un magicien, un imposteur.
4. Veut-il faire de tous ces dieux un seul dieu? En vérité, c'est quelque chose d'extraordinaire.
5. Leurs chefs se séparèrent en leur disant : Allez et persévérez dans le culte de vos dieux. Fous faire abandonner ce culte , voilà ce que l'on veut.
6. Nous n'avons entendu rien de pareil dans la dernière religion 2. La religion de Mohammed n'est qu'une imposture.
7. Un livre d'avertissement serait-il donc envoyé à lui seul d'entre nous? — Oui, ils doutent de nos avertissements, car ils n'ont point encore éprouvé mes châtiments.
8. Ont-ils à leur disposition les trésors de Dieu le puissant; le dispensateur des biens?
9. Possèdent-ils donc le royaume des deux et de la terre, et des choses qui sont entre eux deux? Qu'ils essayent donc d'y monter au moven de cordes.
10. De quelques armées que les différents partis disposent, elles seront mises en fuite.
11. Avant eux aussi, le peuple de Noé, les Adites et Pharaon, possesseur de pieux s, traitèrent leurs prophètes d'imposteurs.
' La lettre Sad^ ou S.
' C'est-à-dire, dans une des religions établies immédiatement avant Slahomet, entre autres parmi les chrétiens qui ont trois dieux, et non pas un seul. Ces mots sont une ironie.
^ Cette épithète est donnée ici à Pharaon à cause des châtiments qu'il infîi-
12. Les Thémoudites , le peuple de Loth, les habitants de la forêt (de Madian), ont agi de la même manière; ils formaient un parti hostile aux envoyés de Dieu.
13. Tous ceux qui avaient traité nos apôtres d'imposteurs, mon châtiment vint les en punir.
14. Qu'attendent-ils donc [les Mecqiiois)? Est-ce un seul cri qui partira du ciel et qui les saisira sans leur donner de répit?
15. Ils disent : Seigneur! donne-nous donc au plus tôt ce qui nous revient, et avant le jour du compte.
16. — Souffre avec patience leurs discours, ô Mohammed! et rappelle-toi notre serviteur David, homme puissant, et qui revenait souvent à nous.
17. Nous avons assujetti les montagnes à célébrer nos louanges avec lui, au soir et au lever du soleil ;
18. Et les oiseaux aussi, qui se rassemblaient autour de lui et qui revenaient souvent à lui.
19. Nous affermîmes son empire. Nous lui donnâmes la sagesse et l'habileté à trancher les différends.
20. Connais-tu l'histoire de ces deux plaideurs qui, ayant franchi le mur, se présentèrent dans l'oratoire i?
21. Quand ils se présentèrent devant David, il fut saisi de frayeur en les voyant. Ne crains rien, lui dirent-ils. Nous sommes deux adversaires. L'un de nous a agi iniquement envers l'autre. Prononce entre nous comme la justice l'exige ; sans partialité , et dirige-nous sur le chemin le plus égal.
22. Celui-ci est mon frère ; il avait quatre-vingt-dix-neuf brebis, et moi je n'en avais qu'une. Il me dit un jour : Donne-la-moi à garder. Il me l'a ravie, et il a prévalu contre moi dans la dispute.
23. David lui répondit : Il a commis une injustice à ton égard en te demandant une brebis pour l'ajouter aux siennes; un grand nombre d'hommes qui s'associent abusent les uns des autres;
geait aux coupables, et qui consistaient à les faire attacher à quatre pieux et à leur faire subir divers tourments. V. LXXXIX, 9.
' Les mots arabes du texte peuvent signilier aussi la séparation du discours, c'est-à-dire l'éloquence qui sait choisir ses expressions et produire de Teffet. Cependant, ce qui suit dans le verset 20 autorise à traduire comme nous Tavons fait. Les deux plaideurs étaient deux anges qui feignirent d'en appeler au jugement de David ; en réalité, c'était pour lui faire sentir ses propres péchés. L'étonnement et la frayeur de David venaient de ce que, ayant partagé ses heures entre ses différentes occupations, il consacrait une partie de la journée à la prière ou à ses affaires, et ne recevait personne. Or, c'est à cette heure de la journée que les plaideurs se présentèrent.