CHAPITRE XXXVIII
ceux qui croient et pratiquent le bien n'agissent pas ainsi ; mais leur nombre est si petit ! David s'aperçut que nous voulions l'éprouver par cet exemple ; il implora le pardon de Dieu S se prosterna et se repentit.
24. Nous lui pardonnâmes; nous lui accordâmes dans le paradis une place auprès de nous, et une belle demeure.
25. 0 David! nous t'avons établi notre lieutenant sur la terre; prononce donc dans les différends des hommes avec équité, et garde-toi de suivre tes passions : elles te détourneraient du sentier de Dieu. Ceux qui en dévient éprouveront un châtiment terrible, parce qu'ils n'ont point pensé au jour du compte ^.
26. Nous n'avons point créé en vain le ciel et la terre, et tout ce qui est entre eux. C'est l'opinion des incrédules , et malheur aux incrédules, ils seront livrés au feu.
27. Traiterons-nous ceux qui croient et font le bien à l'égal de ceux qui propagent le mal sur la terre? Traiterons-nous les hommes pieux à l'égal des impies?
28. C'est un livre béni que celui que nous t'avons envoyé; que les hommes doués d'intelligence méditent ses versets, et y puisent des avertissements.
29. A David nous donnâmes Salomon. Quel excellent serviteur ! il aimait à revenir à Dieu ^.
30. Un jour sur le soir, on amena devant lui des chevaux magnifiques, debout sur trois de leurs pieds, et touchant à peine la terre avec l'extrémité du quatrième.
31. ïl dit : J'ai préféré les biens de ce monde au souvenir du Seigneur ; je n'ai pu me rassasier de la vue de ces chevaux , jusqu'à ce que le jour ait disparu sous le voile de la nuit. Ramenez-les devant moi.
32. Et lorsqu'on les ramena devant lui, il se mit à leur couper les jarrets et la tête *.
* Ceci se rapporte à David convoitant la femme d'Urie. ' Jour du jugement dernier.
' Revenir à Dieu, veut dire se repentir.
* Salomon avait pris dans les pays de Damas et de Nisibis une grande quantité de chevaux ; d'autres disent que c'étaient des chevaux que David avait pris sur les Amalécites, et laissés en héritage à son fils ; d'autres, enfin, que les chevaux étaient nés des vagues de la mer et avaient des ailes. Quand on amena ces mille chevaux devant Salomon, il fut si longtemps à les examiner, qu'il oublia l'heure de la prière ; mais, s'étant aperçu de sa faute, il en tit immoler en sacrifice la plus grande partie, ne conservant qu'une centaine des plus beaux. Pour le consoler de la perte de ses chevaux, Dieu lui soumit les vents.
33. Nous éprouvâmes Salomon, et nous plaçâmes sur son trône un corps informe *. Salomon, pénétré de repentir, retourna à nous.
34. Seigneur! s'écria-t-il, pardonne-moi mes fautes, et accordemoi un pouvoir tel que nul autre après moi ne puisse en avoir de pareil. Tu es le dispensateur suprême.
35. Nous lui soumîmes le vent, dégagé dans son essor et courant partout où il le dirigeait.
36. Nous lui soumîmes aussi les démons, tous architectes ou plongeurs,
37. Et d'autres attachés les uns aux autres avec des chaînes.
38. Tels sont nos dons, lui dîmes-nous; répands tes faveurs ou refuse-les, tu n'en rendras pas compte.
39. Salomon aussi occupe une place auprès de nous , et jouit de la plus belle demeure.
40. Souviens-toi aussi de notre serviteur Job, lorsqu'il adressa à son Seigneur ces paroles : Satan m'a accablé de maladies et de tourments.
41. Une voix lui cria : Frappe la terre de ton pied. Jl le fit, et il en jaillit une source d'eau. Cette eau te servira pour les ablutions; elle est fraîche, et tu en boiras.
42. Nous lui rendîmes sa famille, en y ajoutant une fois autant. C'était une preuve de notre miséricorde et un avertissement pour les hommes doués de sens.
43. Nous lui dîmes : Prends un faisceau 2, frappes-en, et ne viole point ton serment s. Nous avons trouvé Job doué de patience.
* Salomon, après avoir conquis Sidon et misa mort le roi de cette \ille, prit sa iille pour concubine. Celle-ci obtint la permission d'avoir la statue de son père dans ses appartements ; elle s'en lit un objet d'adoration, et introduisit ainsi sous le toit du roi Salomon le culte idolâtre. Dieu voulut le punir de celte faiblesse. Salomon avait coutume de laisser chez une de ses femmes, toutes les fois qu'il se rendait au bain, son anneau, emblème du pouvoir et talisman à l'aide duquel il gouvernait les génies. Un de ces génies parvint à s'en rendre maître, et s'assit sur le trône ; Salomon, dépossédé de son anneau, perdit le royaume, et fut obligé d'errer sur la terre, méconnu et renié par ses sujets, jusqu'à ce que l'anneau, que le démon avait jeté dans la mer, retiré par un pécheur et restitué à Salomon, lui fît recouvrer son autorité.
'^ On sous-entend dlierhes ou de jonc.
* Les commentateurs disent que la femme de Job (Lia, Iille de .Tacob ou d'Épbraïm, lils de .Joseph) étant allée quelque part et ayant resté trop longtemps absente, .lob, qui avait sans doute besoin de son aide, jura de lui donner cent coups de fouet dès qu'il guérirait. Dieu lui ordonna de prendre un faisceau d'herbes ou de joncs, et de frapper, sans lui dire quoi, et cela alin qu'il restât