CHAPITRE V
et craignent Dieu, s'ils croient et craignent encore et font le bien; et certes Dieu aime ceux qui font le bien *.
95. 0 vous qui croyez ! Dieu cherchera à vous éprouver, quand il vous offrira durant vos pèlerinages à la Mecque quelque gibier que peuvent vous procurer vos bras et vos lances. Il fait cela pour savoir qui est celui qui le craint au fond de son cœur. Dorénavant quiconque transgressera ses lois sera livré au châtiment douloureux.
96. 0 vous qui croyez! ne vous livrez point à la chasse pendant que vous êtes dans la tenue sacrée du pèlerinage 2. Quiconque tuera un animal à la chasse avec préméditation sera tenu de le compenser par un animal domestique d'égale valeur; deux hommes consciencieux prononceront là-dessus, et l'animal donné comme compensation sera envoyé en offrande à la Caaba, ou bien l'expiation aura lieu par la nourriture donnée aux pauvres , ou bien par le jeûne , pour que le coupable éprouve les mauvaises suites de son action. Dieu oublie le passé ; mais celui qui retombera dans le péché encourra la vengeance de Dieu ; et certes Dieu est puissant et vindicatif.
97. Il vous est permis de vous livrer à la pêche pour vous en nourrir et pour les voyageurs ; mais la chasse vous est interdite tout le temps de la tenue sacrée du pèlerinage. Craignez Dieu; un jour vous serez rassemblés autour de lui.
98. Dieu a fait de la Caaba une maison sacrée destinée à être une station pour les hommes; il a établi un mois sacré [dhoul- Iiidjdja) et Toffrande de la brebis, et les ornements suspendus aux victimes, afin que vous sachiez qu'il connaît tout ce qui se passe dans les cieux et sur la terre, qu'il connaît toutes choses. Apprenez aussi que Dieu est terrible dans ses châtiments, mais m même temps indulgent et miséricordieux.
99. Le prophète n'est tenu qu'à la prédication. Dieu connaît ce que vous manifestez et ce que vous cachez.
100. Dis-leur : Le bon et le mauvais ne sam^aient être d'un prix égal, bien que l'abondance de ce qui est mauvais vous plaise. 0 hommes doués de sens 1 craignez Dieu et vous serez heureux.
101. 0 vous qui croyez ! ne nous interrogez point au sujet des choses qui, si elles vouis étaient dévoilées, pourraient vous nuire. Si vous les demandez quand le Koran aura été révélé en entier,
* Pour mieux inculquer ce précepte que la vraie piété ne consiste pas dans ce qu'on mange, Mahomet répète ces mots : Quiconque croit et puis croit encore, etc.
' La tenue sacrée des pèlerins qui se rendent à la Mecque consiste en une pièce d'étoffe grossière jeiue sur le corps, c'.,c. (Voj, chap. îî, 192.)
elles vous seront déclarées. Dieu vous pardonnera votre curiosité, parce qu'il est indulgent et miséricordieux. Avant vous, il y eut des hommes qui ont absolument voulu les connaître; leur connaissance les a rendus infidèles.
102. Dieu n'a rien prescrit au sujet de Bahira et Saïba, et de Vasila, et Hami *; les infidèles forgent ces mensonges et les prêtent à Dieu ; mais la plupart d'entre eux sont sans intelligence.
103. Lorsqu'on leur a dit : Venez adopter ce que Dieu a envoyé d'en haut; venez à son apôtre, ils ont répondu : La croyance que nous avons trouvée à nos pères nous suffit. Eh quoi? quand mênxe leurs pères n'eussent rien su des choses de Dieu, ni reçu aucun guide?
104. 0 croyants! c'est à vous à songer à vous-mêmes. L'égarement des autres ne vous nuira point si vous êtes guidés par le lix)re sacré. Tous tant que vous êtes, vous retournerez à Dieu, qui vous redira vos œuvres.
105. 0 croyants ! les témoignages entre vous, lorsque quelqu'un d'entre vous se trouvera à l'article de la mort et voudra faire un testament, se feront ainsi : Prenez deux personnes droites parmi vous ou parmi d'autres ^ si vous êtes sur quelque point éloigné du pays et que la calamité de la mort vous surprenne ; vous les renfermerez toutes les deux après la prière, et si vous doutez encore d'elles, vous leur ferez prêter le serment suivant : Nous ne vendrons pas notre témoignage pour quelque prix que ce soit, pas même à nos parents, et nous ne cacherons pas notre témoignage, car nous serions criminels.
106. S'il se trouvait que ces deux témoins se fussent rendus coupables d'une fausseté, deux autres, parents du testateur, et du nombre de ceux qui ont découvert le parjure, seront substitués aux deux premiers. Ils prêteront serment devant Dieu en ces termes : Notre témoignage est plus vrai que celui des deux autres; nous d'avançons rien d'injuste, autrement nous serions du nombre des criminels.
' Ces noms ne sont pas précisément des noms propres, mais des appellatifs, des noms donnés aux chamelles ou aux brebis que les idolâtres avaient coutume de marquer en leur fendant les oreilles, en les laissant paître librement ; et ils regardaient ces femelles comme consacrées à leurs divinités, lorsqu'elles leur avaient déjà donné cinq portées, dont la dernière était un maie, etc. Mahomet condamne ces usaj^es comme des superstitions.
^ Les mots : 'parmi vous ou parmi (Vautres, s'applicjuent non pas à des non arabes ou à des idolâtres, mais à des croyants qui ne sont cependant liés entre eux par aucun degré de parenté.