Ce jour que Dieu a fixé pour récompenser tous les hommes
selon leurs meilleures œuvres et pour les combler de ses faveurs... *.
4. Ce témoignage, aujourd’hui ancien mais toujours vrai, est bon à consigner :
« Les successeurs de Mahomet admirent dans l’Etat des hommes inutiles qui ont « l’extérieur de nos moines, sans en avoir la sainteté. Ce sont des solitaires qui, li- « vrés à la vie contemplative, se reposent sur la Providence du soin de les vêtir et « de les nourrir... Le dogme de la prédestination absolue entretient leur paresse na- « turelle... Riches sans rien posséder, ils ont un fonds inépuisable dans la crédulité « superstitieuse... Les Dervis ne sont point uniformes dans leurs mœurs ni dans leur « genre de vie ; les uns se répandent dans le siècle..., les autres qui ont assez de ta- « lent pour annoncer avec dignité les principes de l’Alcoran, sont recherchés dans les « bourgs et dans les villes... Ils font encore un vœu de chasteté qui ne les engage « qu’autant qu’ils persévèrent dans leur état. Ce vœu est rarement violé... Quelques- « uns, ensevelis dans l’obscurité du cloître, ne se montrent aux regards des hommes « que dans les mosquées... Il en est qui, toujours errants de province en province, y « donnent le spectacle des plus grandes austérités... leur vie n’est qu’un supplice, et « tout ce qui n’est pas souffrance leur paraît criminel... d’autres, également vaga- « bonds... se livrent sans frein à toutes les obscénités. »
(Turpin. Vie de Mahomet, t. II, p. 40. — Ed. 1773.)
Il ne faut pas confondre ces ascètes avec les Marabouts. Ceux-ci vivent de la vie commune ; ils se considèrent seulement et sont considérés, à titre de descendants d’hommes renommés pour leur profonde piété, comme étant les meilleurs guides religieux. Ils jouent souvent, surtout en Kabylie, un rôle politique, un rôle de conciliateurs entre les familles ou les tribus.