‹ Le Koran analyséChapitre 84 sur 507 · Il donne des fruits dans chaque saison · texte numérisé non relu

Il donne des fruits dans chaque saison

31. La parole mauvaise est comme un arbre mauvais; elle est à

fleur de terre et n’a point de stabilité.

20. [Les réprouvés ) diront à leurs peaux : Pourquoi témoignezvous contre nous ? Et leurs peaux répondront : C’est Dieu qui nous fait parler, ce Dieu qui a donné la parole à tout être....

des Ordres religieux existant en Algérie, celui des Ivhouan de Sidi Abd-el-Kader el Djelali, plus d’indépendance philosophique, plus de solidité et de précision dans le raisonnement, que de la part de toute autre profonde conviction religieuse, que de tout autre enfant de cette race de Sein à qui nos écoles théologiennes du moyen âge semblent avoir emprunté leurs petites subtilités d’argumentation. Personnage sacerdotal, pour ainsi dire, il retiendra toujours, quelque progrès qu’il fasse encore dans la raison par suite de sa sincère admiration pour notre supériorité sociale, une bonne partie des principes au nom desquels il nous a combattus. Mais avec le temps, d’autres intelligences arabes, moins maîtrisées que la sienne par les exigences d’un rôle politique, s’ouvriront à nos enseignements, à nos exemples, et le mouvement civilisateur qui renouvelle tant de choses aujourd’hui, se propagera dans l’Islam.

« Le Messie (Jésus) a dit : Je ne suis pas venu pour annuler la Bible, mais pour la compléter. L’auteur du Pentateuque a dit : âme pour âme, œil pour œil, nez pour nez, les blessures seront punies par la loi du talion. Moi je dis : lorsque ton frère te donnera un soufflet sur la joue droite, présente-lui la gauche. La réponse des chrétiens aux juifs est celle des musulmans aux chrétiens. Ce que le Messie a dit, Mahomet l’a dit : Je ne suis pas venu pour abolir l’Évangile ni la Bible, mais seulement pour les compléter. Dans la Bible, il y a des décrets touchant les prescriptions extérieures, générales ; dans l’Évangile il y a des décrets sur les prescriptions intérieures, particulières; moi, j’admets les unes et les autres : J’ai prescrit le talion, dans le talion est votre vie. (Ceci est en vue des dispositions extérieures générales.) Je recommande le pardon, et si vous pardonnez, vous faites l’acte le plus voisin de la piété : Préférez le pardon, ordonnez de faire le bien et évitez les ignorants. (Ceci regarde le gouvernement intérieur particulier.) Voilà la preuve que Mahomet est le sceau des prophètes; car la prophétie est une règle, et cette règle peut être ou pratique ou théorique (matérielle ou spirituelle) ou les deux ensemble. La règle de Moïse était pratique parce qu’elle imposait des prescriptions gênantes et des observances pénibles; la règle de Jésus était spirituelle, elle prescrivait le renoncement aux choses terrestres , l’amour et la contemplation des choses célestes. La règle de Mahomet réunit les deux espèces de prescriptions; il ne viendra après lui que le Messie qui descendra une seconde fois sur terre; car si celui qui viendrait après Mahomet, apportait une règle pratique, il serait Moisique,

§ 22. sourds-muets [3 versets].

yiii 22. Les plus mauvaises des bêtes de la terre auprès de Dieu, ce sont les sourds et les muets qui n’entendent rien.

23. Si Dieu leur eût connu quelque bonne disposition, il leur aurait donné l’ouïe; mais s'ils l’avaient, ils se détourneraient et s’éloigneraient de lui.

xvi 78. Dieu vous propose encore pour objet de comparaison ( à 'propos d'ègalite) deux hommes, dont l’un est muet de naissance, et qui ne peut rien entendre, et qui est un fardeau pour son maître; quelque part qu’il l’envoie, celui-ci ne lui rapportera rien de bon ; un tel homme peut-il aller de pair avec un homme qui commande selon toute justice et marche dans la droite voie 1 ?

une règle spirituelle, il serait Messihique, et une règle qui réunirait les deux, il serait mahométique. La prophétie a donc été scellée par Mahomet. Mais la religion est unique et c’est ce que reconnaissent les prophètes. Ils diffèrent seulement sur des règles de détail; ils sont comme les hommes dont le père est unique et qui ont diverses mères. Ce serait toujours une faute de les regarder tous ou l’un d’eux comme menteurs, ou d’ajouter foi seulement à un seul. Si les musulmans et les chrétiens me prêtaient l’oreille, je ferais cesser leur divergeance, et ils deviendraient frères à l’extérieur et à l’intérieur; mais ils ne m’écouteront pas parce qu’il est préétabli dans la science de Dieu, qu’ils ne se réuniront pas dans une même pensée ; le Messie seul fera disparaître leur antagonisme lorsqu’il descendra; il ne les réunira pas par la parole seule quoiqu’il ressuscite les morts et guérisse les aveugles et les lépreux, il les réunira par le sabre et le combat. Et s’il venait à moi, celui qui veut connaître le chemin de la vérité, et s’il comprenait ma langue parfaitement, je le conduirais à la vérité sans fatigue, non pas en me faisant suivre servilement, mais en lui faisant apparaître la vérité à laquelle il serait forcé d’ajouter foi. » Traduction de M. Gustave Dugat, Paris, 1858. Rappel à l'intelligent, avis à l’Indifférent, page 102.

L La place que ces versets occupent dans le Koran (Voir : Guerre. — Appel aux armes, inégalité des conditions), ce qui les précède, ce qui les suit, dans ce même chapitre et notamment le verset 57 (voir ingratitude), indiquent suffisamment que la pensée de Mahomet n’était point de proscrire des infirmes, mais seulement des hommes qui ne veulent ni entendre ni parler. Cependant le vex-set 78 du ch. xvi irait un peu plus loin, sans descendre pourtant jusqu’à l’insensibilité. Il est à remarquer, au surplus, que la loi Mosaïque n’admet pas le sourd-muet à contracter mariage; cette faculté ne lui a été accordée que par la loi Rabbinique, produit d’une civilisation plus avancée. Voir : Code Rabbinique, par MM. Sautayra et Charleville, 1868, p. 149.

IY.

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