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avec des talents supérieurs, paraissent de loin en loin sur la scène du uionde pour en changer la l'uce, et pourt-nchainer les morlels à leur char. Lorsque l'on considère le point d'où il est parti, le faite de grandeur où il est paivenu, on est étonné de ce que peut le génie humain favorisé des circonstances. Né idolâtre, il s'élève à la connaissance il'un Dieu unique, et, déchirant le voile du paganisme, il songe à donner un culte à ses semblables. L'adversité qu'il éprouve en naissant, ne sert qu'à affermir une âme faite pour braver tous les revers. Instruit par ses voyages, il avait vu les Grecs divisés dans leur croyance, se charger d'anathèraes ; les Hébreux, l'horreur des nations, défendre avec opiniâtreté la loi de Moïse; les diverses tribus arabes plongées dans les ténèbres de l'idolâtrie. Frappé de ce tableau, il se retire dans la solitude, et médite pendant quinze années un système de religion qui put réunir, sous un même joug, le chrétien, le juif et l'idolâtre. Ce plan était vaste, mais impossible dans l'exécution. Il crut en assurer le succès en établissant un dogme simple qui, n'offrant à la raison rien qu'elle ne puisse concevoir, lui parut propre à tous les peuples de la terre : ce fut la croyance d'un Dieu unique, vengeur du crime et l'émunérateur de la vertu. Mais comme il lui fallait, pour faire adopter sa doctrine, se dire autorisé du ciel, il ajouta l'obligation de le regarder comme le ministre du Dieu qu'il prêchait. Cette base posée, il prit de la morale du christianisme et du judaïsme, ce qui lui sembla le plus convenable aux peuples des climats chauds. Les Arabes ne furent point oubliés dans son plan. Cétait principalement pour eux qu'il travaillait. II leur rappela la mémoire toujours chère d'Abrabam et d'Ismaël, et leur fit envisager l'islamisme comme la religion de ces deux patriarches. Savant dans l'étude de sa langue, la plus riche, la plus harmonieuse de la terre, qui, par la composition de ses verbes, peut suivre la pensée dans son vol étendu , et la peindre avec justesse; qui, par l'harmonie de ses sons, imite le cri des animaux, le murmure de l'onde. fugitive, le bruit du tonnerre, le souffle des vents; savant, dis-je, dans l'étude d'une langue que tant de poètes ont embellie, et qui existe depuis le commencement du monde, il s'appliqua à donner à sa morale tout le charme de la diction, à ses préceptes la majesté qui leur convenait, aux fables accréditées de son temps une touche originale qui les rendit intéressantes. Lorsque le moment qu'il avait choisi pour annoncer sa mission fut venu, il environna sa marche de ténèbres, et se borna d'abord à convertir ceux qui se trouvaient dans l'intérieur de sa maison. Sûr de son domestique, il gagna,
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soit par artifice, soit par la supériorité de ses lumières quelques-uns des principaux citoyens de la Mecque. Lorsqu'il vil que son parti se fortifiait, il tonna contre l'idolâtrie. Les disgrâces, l'exil, la proscription ne servirent qu'à fortifier son courage. S'étant préparé par ses émissaires une retraite à la cour du roi d'Abyssinie, un asile à Médine, il annonça ses desseins ambitieux, et parut au grand jour. Les chrétiens démasquèrent ses erreurs, et crièrent à l'imposture; les juifs ne reconnaissant point dans un simple citoyen de la Mecque ce Messie brillant de gloire qu'ils attendaient, rejetèrent sa doctrine, et se déclarèrent ses ennemis; les Goreïshites, tremblant pour un culte qui était la base de leur puissance, mirent sa tète à prix Ce concours de clameurs et de haine ne l'effraya point. Sa constance était au-dessus des revers, et son génie était fait pour aplanir les obstacles. Profltant de l'asile que ses intrigues lui avaient procuré parmi les Cazregites, il arma Médine contre la Mecque, et résolut de dompter par les armes ceux qu'il n'avait pu soumettre par la force de la persuasion.- Désespérant de surmonter l'attachement des juifs et des chrétiens à leur religion, il abrogea les lois établies en leur faveur, et tourna toutes ses vues du côté des Arabes. Il changea le lieu vers lequel ils priaient, et leur ordonna de se tourner du côté de la Mecque. Ce précepte fut reçu avec de grandes acclamations, et tandis que le peuple le regardait comme une faveur du ciel, le législateur y voyait un moyen de fixer la pensée de ses disciples sur un lieu dont il désirait ardemment la conquête. Un point important était d'unir par des liens sacrés des tribus que divisaient d'anciennes haines. Il créa l'ordre de la fraternité : cet ordre Ht des citoyens désunisune même fcUiiille,dont tous les efforts concouraient à la grandeur du chef qui la dirigeait. Il fallut s'opposer à ses ennemis, et les repousser les armes à la main. Ce fut alors qu'il montra cette intrépidité dont il avait donné des preuves dans les combats livrés sous les yeux d'Abutaleb; ce fut alors qu'il déploya les talents d'un grand général. La victoire ou le martyre fut l'alternative qu'il proposa à ses soldats. L'espoir d'un butin toujours partagé fidèlement enflamma leur courage. L'assurance d'un secours divin toujours présent les rendit invincibles. Obligé de combattre contre l'Arabie entière avec les seuls citoyens de Médine, la rapidité de ses attaques, les positions avantageuses qu'il sut choisir, la valeur héroïque des guerriers qu'il forma, le rendirent supérieur à ses ennemis. Tandis qu'il soufflait dans tous les cœurs le feu du fanatisme, froid au milieu du carnage, il apercevait tous les mouvements
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de l'armée opposée, et profilait d'une faute, ou avait recours au strala;;ème pour lui arracher la victoire. La journée d'Ahed, la seule où la fortune lui fut contraire, fil voir les ressources de son génie, et l'empire qu'il avait sur les esprits. Les idolâtres, vainqueurs, n'osèrent poursuivre leur avantage, et aucun des Musulmans ne se détacha de son prophète. Lorsque la ruine des juifs et la soumission de plusieurs tribus arabes eurenl étendu sa puissance, il envoya des ambassadeurs aux souverains étrangers. Il ne se flattait pas de les voir tous embrasser l'islamisme ; mais il se préparait un prétexte pour les attaquer quand le temps serait venu. Après huit ans de combats et di' triomphes, la Mecque, forcée de céder au torrent, ouvrit ses portes au vainqueur, et il y commanda en maître. De retour à Médine, il s'occupa à lier ensemble les membres épars de sa monarchie naissante, et à lui donner de la consistance. Profond dans la connaissance du cœur humain, les gouverneurs, les généraux qu'il choisit furent presque tous de grands hommes. Abuhecr, Omar, Othman et Ali, ses amis les plus distingués, lui succédèrent à l'empire, et en reculèrent fort loin les limites. Ses regards ambitieux se tournaient avec complaisance du côté de la Syrie. Déjà Khaled, traversant les sables brûlants de l'Arabie, était allé venger la mort de l'ambassadeur, que la lâcheté des Grecs avait immolé au sein de la paix ; déjà ce vaillant capitaine avait remporté sur eux une des plus étonnantes victoires dont les annales de la postérité fassent mention Le sang de plusieurs milliers de Grecs suffisait à la vengeance, et non pas à l'ambition. Mahomet avait dessein de démembrer l'empire d'Héracljus ; mais, aussi sage dans ses mesures que prompt dans l'exécution, il sentit qu'avant de l'attaquer il fallait .-"assurer des petits princes qui régnaient sur l'Arabie Pétrée. Le même général qui, huit ans auparavant, n'avait pu rassembler sous ses drapeaux que trois cent treize soldats, marcha vers la Syrie à la tête de trente mille hommes. Après avoir traversé comme un éclair des déserts et des sables dévorants, il établit son camp à Tabuc. Vingt jours lui suffirent pour soumettre tous les peuples jusqu'aux frontières de la Syrie. Ayant imposé tribut à ceux qui ne voulurent pas abandonner leur religion, il retourna à Médine chargé de dépouilles et couvert de gloire. A son retour il apprit la soumission des rois d'Hendar qui gouvernaient diftérentes provinces de l'Yémen. Les petits princes idolâtres vinrent tour à tour s'humilier devant le couquéi-ant de la Mecque, et embrassèrent sa religion. Toute cette grande péninsule qui s'étend entre la merHouge et le golfe Persique
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obéit à ses lois. Il se préparait à pénétrer dans l'empire des Grecs; plus de quarante mille guerriers rassembles sous ses étendards allaient ébranler le trône des Césars, lorsque la mort arrêta ses projets et le cours de ses prospérités. A cette nouvelle, Médine fut couverte d'un deuil universel. La peinture que nous offrent les auteurs contemporains de la consternation générale où cette ville fut plongée, est effrayante, et prouve quel ascendant Mahomet avait sur les esprits. Aussi profond politique que grand capitaine, il avait établi sa puissance sur une base si solide, que l'Arabie demeura fidèle à l'islamisme, et que ses successeurs n'eurent qu'à suivre la route qu'il leur avait tracée. Il avait si fort exalté l'àine des compagnons de ses exploits, que plusieurs d'entre eux devinrent d'excellents généraux, et, que bientôt, sous le nom de Sarrasins, ils renversèrent le trône des Perses, démembrèrent l'empire d'Orient, conquirent l'Egypte, la Syrie et l'Afrique, subjuguèrent l'Espagne, et, à force de combats et de victoires, menacèrent de donner des fers au mende entier. Tel fut l'effet de l'enthousiasme que Mahomet sut inspirer aux guerriers élevés à son école. Les grandes monarchies que formèrent ses successeurs se sont écroulées, parce que les talents ne se succèdent pas comme les rois : mais les lois qu'il fit ont survécu à la ruine des empires. Tandis qu'enflammés par un zèle plus louable qu'éclairé, tant d'historiens nous peignent Mahomet comme un imbécile, depuis douze cents ans une partie de la terre révère sa mémoire, et suit aveuglément sa religion. Les sages d'entre les Orientaux qui, s'élevant au-dessus de la faible vue du vulgaire, lui refusent avec raison le titre de prophète, le regardent comme un des plus grands hommes qui aient existé. Une foule de faux prophètes, qui ont voulu marcher sur ses traces sans avoir son génie et ses lumières, ont tous fait une chute plus ou moins éclatante à proportion de leurs talents. Tel est le portrait fidèle que l'histoire nous offre de Mahomet. Tous les traits qu'il présente sont fondés sur des faits; et je les ai rassemblés avec impartialité.
LE KOHAN