‹ Le Koran [Texte imprimé]Chapitre 4 sur 441 · SUR MAHOMET · texte numérisé non relu

SUR MAHOMET

Mahomet, ou Mohammed, suivant l'orthographe et la prononciation des Orientaux, naquit le l'r avril 379 ‘ de Jésus-Christ, à la Mecque, ville du Iledjaz, province de l'Arabie, Il eut pour père Abdallah,|lils d'Ahdhal Mottalib, et pour mère Amina, Glle de Wahib. Il appartenait ainsi doublement à la tribu des Koreïchites, tribu nombreuse et puissante, qui s’était enrichie par le commerce et rendue importante par l’exercice de la souveraineté de la Mecque et la garde du temple de la Kaaba. Elle devait encore son importance à l’antiquité et à l’éclat de son origine. Ismaël, Gis d’Abraham, ce représentant du culte unitaire dans la race sémitique, s’était établi à la Mecque et devint le père d’une tribu qui, à une certaine époque, reçut le nom de Koreich. Les historiens musulmans admettent sans contestation la généalogie de Mahomet à travers vingt et une générations jusqu’à Adnan descendant d'Ismacl; à Adnan, la chaîne généalogique offre une lacune qu’on chercherait vainement à remplir. On ajoute que chacun des ancêtres de Mahomet avait empreinte sur sa Ggure la lumière prophétique transmise en dernier lieu et éteinte dans la personne du fils d’Abdallah. Si nous n'ajoutons pas foi aux récits des miracles qui ont dû accompagner la naissance de Mahomet ou entourer les jours de son enfance, nous ne trouvons rien d’extraordinaire dans sa vie jusqu’à l'époque de son apostolat. Il perdit son père quand il n’avait que deux mois, et sa mère à l'âge de six ans. Son éducation fut d’abord confiée à son grandpère et ensuite à son oncle Abou Taleb. Ce dernier l'emmena avec lui dans son voyage à Bosra, en Syrie, et c’est là, dit-on, que Mahomet, âgé alors de treize ans, fit rencontre d’un moine nestorien, nommé Bahira, qui, devinant les destinées futures du jeune Koreichite, aurait recommandé à son oncle de veiller sur lui et surtout de le prémunir contre les artifices des Juifs. A son retour en Arabie, Mahomet prit part à la guerre d'El fidjar (violation du mois sacré), que sa tribu soutenait contre celle de Bcnou- Havvazin. Cette participation se réduisait cependant à bien peu de chose; bien jeune encore, Mahomet était chargé de ramasser les flèches lancées par les combattants. A l’âge de vingt-quatre ans, il alla deux fois dans l’Yémen, et fit, l’année suivante, un second voyage en Syrie avec un certain Meïssara, homme d’affaires d’une riche veuve nommée Khadidja. Cette fois encore, il eut occasion de s’aboucher avec quelques moines chrétiens, et ces entretiens pouvaient exercer une grande influence sur son

* On n'est pas d’accord snr le jour et l'année de la naissance de Mahomet. Les chiffres varient de 569 à 57 I de Jésns*Christ. Ceux qui optent pour l’année 569 se fondent sur l'opinion qui donnait h Mahomet 63 an» i l'époque de sa mort arrivée en 632. On cite l’année de l'éléphant, ainsi appelée de l'expédition d'Abraha contre la Mecque (vov. chap. CV du Koran), comme celle de la naissance dn prophète ; mais la date réelle de cet événement se laisse difficilement entrevoir.

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esprit. Dans ce voyage, la conduite de Mahomet fut telle, que Khadidja, à son retour de Syrie, lui offrit sa main et sa fortune; Mahomet, âge de vingt-cinq ans, donna à son épouse, âgée de quarante ans, vingt jeunes chamelles à titre de don nuptial. Cinq ans apres, les Koreïchites étaient occupés à reconstruire le temple de la Kaaba, dévoré par les llamtnes ; lorsqu’il fallut poser dans l'un des côtés du temple la pierre noire, objet d’une grande vénération, toutes les divisions de la tribu briguèrent cet honneur ; la contestation pouvait dégénérer en querelle ; on résolut enfin de s'en remettre à la decision du premier citoyen qui entrerait par la porte du temple. Mahomet qui travaillait, lui aussi, à la réédifiration du temple, et qui était absent pendant quelques heures, reparaît, est pris pour arbitre, fait mettre la pierre noire sur un manteau dont un membre de chaque tribu doit tenir un bout, et pose la pierre noire de scs propres mains.

Mahomet, qui s’était déjà acquis la réputation d’un homme de bien et le surnom de Emt'n ( loyal, Cdclc), se concilia par cette décision l’approbation et l’estime générales; car, tout en mettant d’accord les prétentions de

3 uatre familles, il sut, tans les blesser, se ménager une part honorable ans une circonstance aussi solennelle pour les Koreïchites. A partir de cette époque, l'histoire de Mahomet ne nous enseigne rien sur sa vie jusqu’à la quarantième année de son âge, qui fut celle de sa mission. Des sa plus tendre enfance, on lui avait toujours ronnu un goût marqué pour la solitude. Souvent, avec sa famille, il se relirait sur la montagne de llarra, voisine de la Mecque ; là, il passait des nuits entières dans la solitude et la méditation. Les souvenirs que lui laissaient scs voyages en Syrie, les entretiens avec les chrétiens et les Juifs disséminés dans toute l’Arabie, le spectacle de leurs disputes religieuses, la dévotion des moines, la vie bruyante et sauvage des Arabes, tout cela n’était sans doute pas étranger aux graves préoccupations de Mahomet. Bientôt sa tète s’exalta, il sentit couler dans scs veines le sang d’Jsmacl, fils d’Abraham et conservateur du dogme de l'unitc de Dieu : il se crut aussi appelé à briser, comme son aïeul, les idoles de sa nation.

Il était âgé de quarante ans. Un jour, absorbé dans ses méditations, il crut entendre une voix qui lui criait : « Lis. — Et que lirai-je? — Lis, au nom de Dieu qui a créé l’homme du sang coagulé, qui a enseigné aux hommes l’Lcriture, qui leur a appris ce qu’ils ne connaissaient pas. »(Kor., chap. XCVI.) 11 fut au milieu de la montagne et entendit une voix : «O Mohammed ; tu es l’apôtre de Dieu, et moi je suis Gabriel, s Cette voix décide de sa mission prophétique ; il raconte sa vision ’a sa femme qui, à son tour, fait part de cet événement à Varka hen Naufel, son cousin, homme versé dans les Ecritures ; celui-ci admet la possibilité de la révélation et voit dans Mahomet le Moïse des Arabes 4, Khadidja embrasse la

* Parmi les personnages qu’on voit autour de Mahomet au commencement de sa carrière, il en est tin qui mérite suitout de fixer l’attention, c’est Warka hen Naufel, cousin de Khadidja, qui devait être un homme très-versé dans la connaissance des Ecritures, M. de Hammer, dans son ouvrage publié en 1839 >ous le titre de Grmahleuwl ( Portraits des principaux personnages de l’idaniisine ), s’étonne que les biographes européens de Mahomet aient si peu remarqué un homme qui, comme chrétien, comme moine et, qui pins est, comme premier traducteur de h Bible en arabe, devait avoir une grande part dans l’instruction de Mahomet, et par conséquent dans la création du Km an. Nous ne savons pas *ur quelles autorités s’appuie M. de Hammer en donnant ce Warka ben Naufel, qui était Kore'icbite, pour moine et traducteur de la Bible i mais il suffit de comparer les récits du Koran sur l’Iiistoire des Juifs et de leurs pro-

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première la nouvelle foi. Apres elle, Ali, fils d'Abou Thaleb, Zaïd, affranchi de Mahomet, et Abou-Bekr, plus tard calife, sont regardés comme les premiers musulmans. Mais l'influence morale que Mahomet exerce sur ceux qui l’entourent nepeutencoTC franchir ce cercle restreint, et ce n’est qu’au bout de trois ans, apres bien des entretiens et des initiations secrétes, qu’il déclare ouvertement la guerre aux anciennes croyances de ses concitoyens. Les premières prédications de Mahomet lui attirent d’abord des railleries, puis la haine et l’envie qui le poursuivent jusque dans sa famille. Quoique ces mécomptes fussent largement compensés par l’accession de quelques hommes marquants, tels que Hamza et Omar, un grand nombrede prosélytes furent obligés de quitter la Mecquect de fuir jusqu’en Abyssinie les persécutions des idolâtres. LesKorcïchites s’étaient même engagés par un pacte à ne point avoir de rapports avec les Benou-Hachemjqui, par les liens du sang, tenaient à Mahomet. Enfin, forcé lui-même d'abandonner sa ville natale, il passa trois ans dans une gorge de montagne avec ses prosélytes les plus zélés. De là, il sc transporta à la ville de Taïef pour y chercher des alliés contre les Mecquois.mais il y fut accueilli par des railleries et dcsinsultes; il retourna encore à la Mecque, et trouva les idolâtres plus hostiles que jamais à la nouvelle foi. Apres des démarches infructueuses auprès des différentes tribus arabes réunies à la Mecque à l’époque du pèlerinage, il quitta cette ville et passa à latrib, ville du Hedjaz, appelée depuis ce temps Médine {Médinet en'Nabi, ville du prophète), où l’appelaient des amis déjà nombreux et dévoués à sa cause. Cette retraite de la Mecque, opérée à la faveur d'une ruse, par laquelle Mahomet échappa à une mort certaine, fut appelée depuis hégire (hidjret, fuite ), et commence l’ ère des Mahométans. Mahomet se vit dès lors à la tête des Mohadjers (émigrés) sortis de la Mecque, et des Aman (auxiliaires), citoyens de latrib, qui étaient venus à la Mecque pour lui offrir leur assistance. Développant toujours sa doctrine par des additions successives aux versets déjà révélés' du Koran, partout, sur son passage, il fondait des oratoires, et s’occupait à organiser ses forces. Dans la seconde année de l’hégire, il ordonna que chaque musulman se choisît un ami et se liât à lui par une fraternité indissoluble; et, pendant que cette institution touchante établissait des liens étroits au sein même du nouveau culte, diverses autres institutions, qui datent de la même année, tendaient à séparer extérieurement les musulmans des populations qui les entouraient. Un événement important signala cette année. Mahomet, sachant qu'une caravane de Korcïchitcs, forte de neuf cent cinquante hommes, s’approchait de Médine, sortit de la ville, attaqua (le f,r mars G24) les ennemis à Bedr et les battit complètement. Ce premier avantage, obtenu sur les idolâtres, n’était pas sans doute capable de les désarmer, encore moins de les anéantir ; mais il inspira aux musulmans la confiance en leurs forées, et fit passer Mahomet des fonctions de simple apôtre à celles de chef militaire. Quand on considère qn’après douze années de prédication, Mahomet, dans ce premier conflit, ne put opposer à l'ennemi que deux cavaliers et une infanterie de trois cent onze hommes, on doit comprendre combien d'obstacles s’oppo-

phetes, avec cenx de ta Bible, pour» convaincre qu’ils na viennent pas directement d'nn homme versé dans les écritures, et que ce ne sont que des réminiscences dans lesquelles le faux cl l'apccrjphe sont presque toujours b côté dit vrai et de l'authentique.

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«aient à 1a propagation de la nouvelle doctrine, i:t de quelle importance était; le moindre sucré». La victoire de Bedr était un succès décisif et fécond ; l’année suivante nous trouvons Mahomet àla tétede mille hommes, dont sept cents engagèrent le combat contre trois mille Koreïchitcs. Cette bataille d’Ohad, d'abord à l’avantage de Mahomet, le mit à deux doigts de sa perte : les musulmans, emportés par une avidité aveugle, se jetèrent sur le butin à la première apparence de succès, et leur désordre leur enleva la victoire. Mahomet fut blessé en se mêlant avec courage au rang des combattants. Les expéditions des années suivantes, celle de Radji, du puits de Maouna, et celle contre la puissante tribu des Beuou Mostalak, conduites toutes avec succès, réparèrent les perles essuyées. La sixième année de l’hégire, Mahomet conclut avec les idolâties une trêve pour dix ans, démarche qui eut pu lui aliéner les plus zélés de ses partisans, ceux qui prenaient trop à la lettre les paroles d’anathème lancées contre toute transaction avec les idolâtres. Mahomet profita de cet armistice pour aller assiéger la tribu juive de Khaïbar. La prise de cette place, défendue avec opiniâtreté, livra entre ses mains un grand nombre de prisonniers et plusieurs places d’alentour, entre autres Fadak,qui devint propriété de sa famille. Rassuré par scs dernières victoires sur l'avenir de sa mission en Arabie, Mahomet jugea à propos d’en instruire les princes des pays voisins, et dépêcha vers le roi de Perse, l’empereur romain, le roi d'Abyssinie et quelques autres princes idolâtres ou chrétiens, des envoyés porteurs de lettres, dans lesquelles il exhortait tous ces princes à embrasser l'islamisme. Cet appel, reçu diversement, et sans résultat immédiat, n'en contribua pas moins à étendre la renommée de l’apôtre des Arabes. Il fallait cependant frapper un coup décisif et se rendre maître de la Mecque. La paix conclue avec les Koreîchites semblait reculer ce moment, et les musulmans, admis, sur la foi de cette trêve de dix ans, dans l'enceinte sacrée de la Mecque pour s’acquitter des cérémonies du pèlerinage, n’osèrent ou ne voulurent point être agresseurs. Il arriva cependant que les Koreîchites envoyèrent des secours à la tribu de BenouBekr, leur alliée, contre, celle des Benou Khozaa, alliée de Mahomet. Celui-ci, envisageant cette assistance comme une violation du pacte juré, fit aussitôt des piéparatifs nécessaires, et, malgré l’échec éprouvé récemment par les trois mille musulmans dans l’expédition de Moutah contre les Grecs, s’avança à la tête de dix mille hommes des murs de la Mecque. Les Koreîchites ne pouvant opposer aucune résistance sérieuse, la ville tomba au pouvoir des musulmans presque sans coup férir (f2 janvier 050 de Jésus-Christ, 8 de l'hégire'. Mahomet y entra monté sur une chamelle, et, après avoir lait sept fois le tour fie la Kaaba, entra dans le temple où il abattit de sa main les idoles. Le même jour, à midi, un muezzin annonça l’heure de la prière du haut de la Kaaba. Mahomet, ravi d’un succès si éclatant, obtenu sans aucun sacrifice, se montra généreux envers ces mêmes idolâtres qui l’avaient poursuivi de toute leur haine; la proscription qu’il se croyait obligé de prononcer n’atteignit que six hommes et quatre femmes.

Immédiatement après la prise de la Mecque, il envoya plusieurs détachements de cavalerie pour soumettre les tribus d’ulentour, et fit, cette année même, une expédition contre trois tribus réunies à Honaîn. Le succès de ce combat, d’abord défavorable aux musulmans qui s’y trouvaient cependant au nombre de douze mille, ne fut dû qu’à la présence d’es-

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prit de Mahomet, ou, comme ses historiens prétendent, à un de ses miracles. Le siège de la ville de Taief illustra la fin de la huitième année de l’hégire; mais ce n’est que l'année suivante que les tribus de cette ville se soumirent de leur gré et embrassèrent l’islamisme. La neuvième année fut marquée parla soumission de l'Yémen et de quelques princes du nord de l’Arabie, à la suite de l'expédition de Taboue, où Mahomet conduisit une armée de trente mille hommes, dont dix mille cavaliers. Il ne survécut pas longtemps à ces succès. Après le pèlerinage de la Mecque et la visite des lieux saints, appelée depuis visite d'adieu, et accomplie dans la dixième année de l’hégire, il retourna à Médine et y passa le reste de l'année. Au commencement de la onzième, il se sentit malade et se fit soigner dans la maison d’Aïechah, l’une de ses femmes, s’occupant jusqu’aux derniers jours du projet d’une expédition contre le faux prophète Moçaïlamah , et s'acquittant dans la mosquée des fonctions du pontificat. Le n'est que trois jours avant sa mort qu’il chargea Abou-Bckr de fa'rc la prière au peuple. Il mourut le <5 du Kabiel aouel de la onzième année de l’hégire ^le 8 juin 652 de J.-C.l, âgé de soixante-trois ans, selon le calcul d’Aboulfeda qni place le commencement de son apostolat à la quarantième année de son âge. Il fut inhumé à l’endroit même où il expira, et son tombeau, audessus duquel la piété musulmane éleva depuis une superbe mosquée, est resté jusqu’à nos jours un objet de vénération et le but de fréquents pèlerinages. Sa mort jeta la consternation dans le peuple; les uns ne voulaient pas croire qu’il fût mort ; un grand nombre d’Arabes voulaient apostasier. L’autorité d’Abou-Bekr et d'Omar parvint à les en détourner et à consolider l’œuvre de Mahomet. Le prophète arabe ne laissa aucun successeur mâle et ne fit aucune disposition testamentaire. Dans les derniers jours de sa maladie, il avait demande une fois de l’encre et dn papier pour y tracer scs dernières volontés, destinées, disait-il, à empêcher les Arabes de jamais tomber dans l’erreur On ne tint aucun compte de ces paroles, prononcées dans le délire de l'agonie; peut-être même Mahomet a-t-il mieux aimé abandonner le sort de sa nation au plus capable et au plus respecté d’entre ses compagnons. LcsChiitcs, partisans d’ Ali, gendre de Mahomet, prétendent que le prophète avait désigné bien avant sa mort Ali pour ion successeur ; ils citent des passages du Koran et un grand nombre de traditions qui établissent une liaison intime entre Mahomet et les enfants d’Ali, issus de Fatima, et qui doivent, selon eux, tenir lieu d’une désignation par testament On s’explique, dn reste, la haine implacable des Chiites contre Omar, quand on pense que ce fut lui surtout qui empêcha de recueillir les dernières volontés de Mahomet. Mahomet a eu quinze femmes légitimes et onze concubines; tant que Khadidja vécut, il n'eut point d’autre femme. A l’exception d’un fils, Ibrahim, qu'il eut de la Copte. Marie, et quimiourut avant lui, tous ses enfants étaient de Khadidja : quatre garçons, Kacem, Taïcb, Taher et Abdallah, et quatre filles, Fatima, Zeïnab, Kokaïa et Omm Koltoum. Parmi ses femmes, celles qui ont acquis quelque célébrité sont : Khadidja, Aiecha, Hafsa, Zeînab et Omm Habiba. Ce nombre de femmes, épouses en grande partie dans les dernières années de sa vie, est en contradiction avec ces prescriptions du Koran qui permet aux musulmans d’en épouser an plus quatre (Afor, chapitre IV). Mahomet, loin de se conformer lui-mème à ce précepte, épousa entre autres femmes Zeinab, femme de Zaïd, son affran-

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chi , après que celui-ci l’eut répudiée pour ne pas déplaire au prophète ; et comme cet événement causa du scandale parmi les musulmans, Mahomet s’appuya de la révélation du ciel, qui lui permettait d’épouser les femmes selon son grc ( Kor., chap. XXXIII ). Cette circonstance n'est pas la seule où Mahomet lit iniervenir une révélation immédiate pour faire taire les propos malveillants de ses sectateurs. Le chapitre XXIV est venu mettre un terme au scandale d'une accusation d'adultère, intentée contre Aïecha. Mais les musulmans, loin d'en tirer des conséquences défavorables à la mission divine de leur apôtre, loin de 1 accuser de transgression des préceptes institués pour toute sa nation , soutiennent que le prophète n’était point tenu de les observer, et qu'en sa qualité de prophète et de pontife il jouissait de certaines prérogatives en dehors du droit commun. Ainsi , la qualité d’impcccabilité , indispensable à tout prophète , lui est acquise de plein droit. Les auteurs mahométans nous ont transmis une foule de détails relatifs à la personne et à la vie privée de Mahomet, tous puisés dans les traditions transmises par ses compagnons ; ces traditions servent en même temps à compléter le Koran et à le développer. Il est diflicile de dire aujourd’hui si l’art d’écrire et de lire, répandu récemment en Arabie, était connu à Mahomet. Le nom de prophite ignorant, illettré, qu’il se donne lui-mèine dans le Koran avec une sorte d affectation, et comme pour mieux, faire ressortir son caractère d homme inspiré, signiGait peut-être qu’il n'avait pas étudié les Écritures; il donne cette même qualification aux Arabes en général, en tant qu'ils n avaient pas de livre révélé, de code sacré; le soin avec lequel les Arabes cultivaient la poésie et la grammaire ne permet pas de leur refuser toute culture intellectuelle, et l’on peut conclure de quelques passages^ du Koran, que Mahomet lui-même avait quelque connaissance de 1 art décrire, il se servait cependant de secrétaires qui écrivaient sous sa dictée; parmi eux. Ali, Othman, Zaïd, Gis de Harctha, Moawia, Obaï , sont les plut connus. Sans être riche, il avait de quoi subvenir à scs besoins, et à ceux de sa maison qui comptait tant de femmes; à mesure que ses conquêtes s'étendaient, la cinquième partie du butin, revenant de droit au chef (/tor., ch. VIII), servait à agrandir sa fortune. Quand donc les biographes de Mahomet nous parlent de son extrême sobriété et de scs privations, quand ils nous racontent avec attendrissement que le prophète de Dieu était souvent obligé de se serrer le ventre pour faire taire la faim, ou qu il se passait des mois sans qu’on fît du feu chez lui ; que le pain d orge, le lait et les dattes étaient souvent sa seule nourriture , il faut y voir plutôt la manière habituelle de vivre chez les Arabes et les privations insé- | pa râbles d’une vie active et aventurière que l’indigence et le dénument. Il cultivait son jardin de ses propres mains, il raccommodait ses habits... mais il avait vingt-deux chevaux ; cinq mules, dont la plus connue s appelait Doldol; deux ânes, Ofaïr et /a/bur; quatre chamelles qu il montait, sans compter vingt autres à lait; cent brebis et quelques chèvres. De neuf sabres qu’il avait, le plus connu, celui qui passa ensuite a Ali, est le dhoul fikar à deux lames divergentes vers la pointe; en outre, trois lames, trois arcs, sept euirasses, trois boucliers, un étendard blanc, une bannière noire, appelée Okab ( aigle noire), et conservée jusqu’à nos jours à Constantinople. Son cachet en argent portait ces mots gravés ; « Mohammed, apôtre de Dieu. «Quelques-uns des objets qui lui appartenaient, tels que

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