‹ Le Koran [Texte imprimé]Chapitre 5 sur 441 · SUR MAHOMET · texte numérisé non relu

SUR MAHOMET

son manteau (borda) et son bâton furent longtemps conservés dans lo garde-meuble des califes abbassides. Un turban vert devint le signe distinctif de sa descendance, issue de Fatima, comme la couleur noire, celui de sa lignée collatérale. Quant à sa personne, Mahomet était de taille moyenne, sa tête était forte, sa barbe épaisse, scs pieds et scs mains rudes, la charpente de son corps osseuse, et pleine de vigueur; il avait les jeux noirs, les cheveux plats, le nez aquiliu, les joues unies et colorées, les dents un peu écartées.

Malgré son âge avancé, à peine quelques cheveux blancs se montraientils sur sa barbe et sur sa télé; il avait soin, du reste, de les teindre avec le henné. Sur le dos, entre les épaules, il avait une excroissance charnue, de la grosseur d’un œuf de pigeon, qui, disait-on, était le signe de la mission prophétique. Son extérieur avantageux était relevé d’ailleurs par une expression de bonté et de noblesse qui fascinait ; sa douceur et son affabilité lui conciliaient surtout les esprits de scs concitoyens. D’une humeur égale avec les hommes de toutes conditions, il ne quittait jamais le premier l’homme qui l’abordait, ni ne retirait sa main, en saluant, avant que son interlocuteur n’eût retiré la sienne. Il s’adresse, dans le chapitre LXXX du Koran, un sévère reproche pour un mouvement d’impatience qui lui échappa devant un homme pauvre. Conduisant en personne plus de dixsept expéditions, il donna souvent des preuves de bravoure; doué d’une patience à toute épreuve et d’une persévérance qui ne se démentit jamais, il était humain, et, oubliant volontiers les outrages reçus, il pardonnait généreusement à scs ennemis les plus acharnés, dès qu’ils témoignaient le désir d’embrasser sa foi. Aussi rien n’égala sa douleur, quand il apprit qu’un de ses généraux avait, contre la foi jurée, massacré les idolâtres vaincus pour assouvir sa vengeance personnelle. Cette manière d’agir pouvait aussi avoir un motif politique. On raconte qu'après la prise de la Mecque, un de scs ennemis acharnés lui ayant été amené, Mahomet garda pendant longtemps le silence, et lui pardonna enfin ; puis, se retournant vers ses compagnons, il leur dit : a J’ai gardé le silence, attendant que quelqu’un se levât et tuât cet homme. — Nous attendions un signe de ta part. — Il ne convient pas aux prophètes, reprit Mahomet, de faire avec les yeux des signes qui seraient une trahison, a C’était enseigner comment à l’avenir on devait entendre son silence; mais voilà ce que nous apprennent naïvement les auteurs mahométans.

Les résultats définitifs obtenus par Mahomet prouvent mieux que toute autre chose son génie et son habileté. Les mahométans les expliquent par les volontés de la Providence, et voient la sanction du ciel dans les miracles qu’il a été accordé à Mahomet d’opérer. Mahomet proteste dans le Koran qu’il n'a reçu d’autre mission que celle d’annoncer et d’avertir, d’appeler les Arabes au culte du Dieu unique; mais, si nous ne voyons aucune trace de cette prétention dans le Koran, nous ne pouvons non plus garantir que quelques propos équivoques de sa part, jetés au milieu des siens et propagés par ses zélés partisans, n'aient donné naissance aux récits absurdes de prodiges, tels que l’ascension au ciel, la lune fendue, la guérison d’un aveugle et une foule d’auires que les musulmans comptent presque parmi leurs articles de foi. Les plus éclairés parmi les mahométans, ou les moins crédules, ceux qui ne se contentent pas de quelques allusions vagues et des interprétations forcées du Koran en faveur de la réalité des miracles, re-

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