CHAPITRE VI
136. A qui écherra la demeure éternelle du paradis. Dieu ne fera point prospérer les méchants.
137. Ils destiuent à Dieu une portion de ce qu’il a fait naître dans leurs récoltes et dans leur bétail , et disent : Ceci est à Dieu (à Dieu selon leur invention), et ceci aux compagnons que nous lui donnons. Mais ce qui était destiné à leurs compagnons n'arrivera jamais à Dieu , et ce qui était destiné à Dieu arrivera à leurs compagnons 1 . Que leurs opinions sont fausses 1 !
138. C’est ainsi que parmi un grand nombre des associants , leurs compagnons leur ont suggéré de tuer leurs enfants , {tour les perdre et pour entortiller leur religion3. Si Dieu l'avait voulu, ils n'auraient jamais agi ainsi ; mais laisse-les faire et éloigne-toi de ce qu'ils inventent.
139. Ils disent : Tels animaux et telles récoltes sont défendus ; nul autre que ceux que nous voulons (c’est ainsi qu'ils ont imaginé) ne doit s'en nourrir. Tels animaux doivent être exempts dè porter des fardeaux. Ils ne prononcent pas le nom de Dieu sur eux ; ils inventent tout cela sur le compte de Dieu. Il les rétribuera de leurs inventions.
HO. Ils disent : Le petit de tels animaux sera licite pour nos enfants mâles; il sera défendu à nos femmes. Mais, si le fo'tus est avorté, ils sont tous de compagnie à le manger. Dieu les récompensera de leurs distinctions. Il est savant et sage.
141. Ils sont perdus ceux qui tuent leurs enfants par folie, par ignorance , ceux qui défendent les aliments accordés de Dieu , par pure invention sur son compte. Ils sont égarés, il ne sont point sur le chemin droit.
1 42. C’est lui qui a créé les jardins de vignes supportés par des treillis et ceux qui ne le sont pas , qui a créé les palmiers et les
4 Nous avons traduit leurs compagnons pour suivre le texte, nous ferons cependant* hserver que le pronnn relatif leurs ne veut pas dire que les autres dieux soiebt des compagnons des iiomines, il signifie les compagnons de Dieu de leur invention. Nous avons adopté egalement le mot associant pour rendre le mot mouchrik9 idolâtre.
a Ce verset a trait à quelques pratiques religieuses en mage ch ex les Arabes idolâtres, telles que le partage des terrains, des fruits et des récoltes en deux portious, dont l’une était celle du Dieu suprême, l’autre consacrée aux divinités subalternes représentées par les idoles. La portion de Dieu servait li nourrir les pauvres, les voyageurs ; celle des idoles était affectée aux offrandes et à la rétribution des prêtres. Si un fruit tombait de la portion des divinités sur le terrain des idoles, on faisait la restitution aux idoles, et on ne la faisait pas dans le cas contraire; car Dieu, disaient-ils, étant riche, pouvait se passer de tout.
8 Dans le texte : revêtir leur religiont sous-entendu de quelque» formes superstitieuse», et la rendre embrouillée de simple qu’elle était cbei Abraham et lsmaél.
blés de tant d’espèces, les olives et les grenades qui se ressemblent et diffèrent entre elles. 11 a dit : Nourrissez-vous de leurs fruits et acquittez ce qui est dû au jour de la moisson ; évitez la prodigalité , car Dieu n’aime point les prodigues.
143. Parmi les animaux , les uns sont faits pour porter des fardeaux , les autres pour être égorgés. Nourrissez -vous de ce que Dieu vous a accordé, et ne suivez pas les traces de Satan, car il est votre ennemi déclaré.
144. Il y a huit pièces de bétail formant des couples, savoir : deux brebis et deux chèvres. Demande-leur : Est-ce les mâles que Dieu vous a interdits ou bien les femelles, ou bien ce que renferment les entrailles des femelles? Instruisez-moi si vous êtes sincères.
143. De plus deux chameaux et deux bœufs'. Demande-leur : Est-ce les mâles que Dieu vous a interdits ou bien les femelles, ou bien ce que renferment les entrailles des femelles? Étiez-vous présents quand Dieu vous a prescrit tout cela? Et qui est plus méchant que celui qui, ignorant qu’il est, invente un mensonge sur le compte de Dieu pour cgarer les hommes? Dieu ne dirige point les méchants.
148. Dis-leur : Je ne trouve, dans ce qui m’a été révélé, d'autre défense, pour celui qui veut se nourrir, que les animaux morts, le sang qui a coulé et la chair du porc *; car c’est une abomination. Il y a défense de manger, par pure prévarication, ce qui a été tué sous l’invocation d’un autre nom que celui de Dieu, sauf si l’on y est forcé et qu’on ne le mange pas par désobéissance et intention de pécher, et certes Dieu est indulgent et miséricordieux.
147. Pour les Juifs, nous leur avons interdit tous les animaux qui n’ont pas la corne du pied fendue ; nous leur avons également défendu la graisse des bœufs et des moutons, excepté celle du dos et des entrailles, et celle qui est attachée aux os. C’est pour les punir de leurs iniquités. Nous sommes équitables.
148. S’ils t'accusent d’imposture, dis-leur : Votre Seigneur est d'une miséricorde immense, mais sa colère ne saurait être détournée des criminels.
4 On devrait dire chameau et chamelle, taureau et rache, comme au verset précédent brebis et bélier, bouc et chèvre.
2 Le texte précise le sang fluide, car le foie et le mou, (juc les Arabes regardaient comme le saug à Tétât de solide, n’était pas défendu.