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RECHERCHES SUR LA DIGITALINE

excès de sous-acétate de plomb. On filtre et on précipite l’excès de plomb par l’acide sulfurique. La liqueur filtrée est épuisée par le chloroforme : on caractérise la digitaline dans les résidus laissés par l’évaporation du dissolvant, au moyen des caractères précédemment indiqués (p. 89). Si l’on opère directement sur des liquides (urine), on précipite tout d’abord par le sous-acétate de plomb, sans ajouter d’alcool. Cette méthode donne des résidus très purs ; l’emploi du chloroforme est préférable à celui de la benzine, souvent recommandée ; car l’un des caractères de la digitaline française est justement son insolubilité dans labenzine. La sensibilité du procédé est assez grande : 1 milligr. de poison dilué dans 200 cc d’urine se retrouve aisément ; on a pu caractériser 3 à 4 milligr. dans des milieux complexes, vomissements, soupe, sang, viscères, etc. Il serait à désirer cependant, pour les recherches toxicologiques, que cette sensibilité fût plus grande encore.

M. Lafon a fait de nombreuses expériences sur les chiens, en variant le mode d’administration du poison et en recherchant ensuite la digitaline dans les viscères. Voici le résumé de ces observations :

1° Dans les intoxications lentes, par voie stomacale, on ne retrouve jamais la digitaline ni dans l’urine, ni dans le sang, ni dans le foie, ni dans les reins, ni dans la rate, ni dans le pou-

mon, ni dans le cerveau. On ne caractérise la présence de la digitaline dans le foie, les reins ou la rate que dans le cas où le poison a été administré à dose massive, 10 centigrammes par exemple, et lorsqu’il n’y a pas eu de déperdition du poison par les vomissements.

2° Dans les intoxications par la voie stomacale, on caractérise assez facilement la digitaline dans les vomissements, dans le contenu de l’estomac et de l’intestin.

3° Dans les intoxications lentes par la voie stomacale, il est impossible de caractériser la digitaline dans les organes d’animaux ayant subi une inhumation plus ou moins prolongée.

4° Dans les intoxications par voie hypodermique, on ne retrouve jamais la digitaline, sinon lorsqu’on opère cette recherche sur les muscles voisins de la région où a été pratiquée l’injection.

5° Dans les intoxications par voie intraveineuse, on ne retrouve la digitaline qu’a la condition d’opérer la recherche de cette substance 10 à 20 minutes après l’injection.

Dans une autre série d’expériences, M. Lafon s’est proposé d’étudier la toxicité des diverses espèces de digitaline . Quand le poison est administré par l’estomac, l’expérience est en général fort difficile, car il survient presque toujours des vomissements énergiques qui éliminent le poison et amènent la guérison, d’où

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