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CRÉATION DU LABORATOIRE

vraie place du Laboratoire sera, soit dans les bâtiments de la Morgue, si l’on peut enfin méttre à exécution les projets de reconstruction de cet établissement ; soit encore, — et cette solution serait de beaucoup préférable, — dans un Institut médico-légal, annexe de la Morgue actuelle, dans lequel se feraient certaines autopsies de cadavres reconnus, et où les laboratoires d’études et d’expertises médico-légales, ainsi que les amphithéâtres d’enseignement, trouveraient une place tout indiquée \

1. Les considérations qui militent en faveur de la création d’un Institut médico-légal viennent d'être développées devant le Conseil général de la Seine par M. Alpy ( Bulletin municipal officiel, 2 décembre 1890 et Annales d' Hygiène, 1890, 3e série, tome XXIV, p. 570) qui, après avoir rappelé l’exiguïté et l’encombrement des locaux actuels de la Morgue et l’impossibilité de les agrandir, insiste sur l'intérêt qu’il y aurait à séparer le service médico-légal des services- de la Morgue. « La première condition, « dit l’honorable rapporteur, que doit remplir à l’heure présente « un projet d'institut médico-légal est en effet de donner satis- « faction à une réclamation très légitime contre l’état actuel des « choses, maintes fois formulée, dans ces dernières années, par « l’opinion publique, et dont il ne nous paraît pas permis de ne « pas tenir compte.

« On sait quelle répulsion instinctive et invincible manifestent « les familles des malheureuses victimes d'un crime, chaque fois « que le juge d'instruction, jugeant, dans son appréciation sou- « veraine, une autopsie nécessaire, se voit obligé de faire « transporter le cadavre dans ce lieu frappé de la réprobation « populaire qu’on appelle la Morgue.

« Or, ce fait est des plus fréquents ; on peut même dire qu’il « est la règle générale dans tous les cas d’attentats contre les « personnes. Il est rare, en effet, que l’on puisse commodément « pratiquer, dans l’appartement même de la victime, surtout « lorsqu'on se trouve dans un milieu pauvre ou même simplement

INTRODUCTION

II. Installation actuelle, — Le Laboratoire de Toxicologie a commencé à fonctionner en juillet 1883. L’emplacement qu’il occupe, dans la caserne de la Cité, comprend :

Au rez-de-chaussée,

Un bureau, servant en même temps de bibliothèque,

Une salle de chimie ;

Une salle destinée aux travaux de microscopie, de physiologie, de bactériologie, etc. ;

Au sous-sol,

Une chambre noire, pour les travaux de photographie, spectroscopie, etc. ;

« aisé, une opération comme celle de l’autopsie, avec toutes les « complications qui résultent aujourd'hui des progrès de la « science. Force est donc, le plus souvent, au magistrat instruc- « teur, dans l'intérêt supérieur de la manifestation de la vérité, « d'ordonner — malgré ses répugnances personnelles et les pro- « testations attristées de la famille — le transport du cadavre « dans l'établissement public destiné aux autopsies ; d'où la « nécessité, pour les pouvoirs publics, d'assurer à cet établisse- « ment toutes les conditions de convenance, de décence et de « bon fonctionnement que l'opinion a le droit d'exiger.

« Telles sont les raisons majeures pour lesquelles il nous paraît « indispensable que l'Institut médico-légal dont nous proposons « la création soit installé dans un lieu absolument distinct de « l'établissement actuel de la Morgue.

« Mais il serait désirable, d'autre part, qu'il en fût le moins « éloigné possible, afin de ne pas susciter de difficultés pour le « transport, — très usuel, — des cadavres inconnus, au sujet « desquels s'ouvre une information judiciaire et qui doivent, dès « lors, passer du service de la Morgue à celui de la médecine « légale. »

L'étude de ce projet a été renvoyée à la 7e Commission.

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