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que les résidus provenant de l’épuisement par le pétrole, la benzine et le chloroforme ne donnent pas de picrates cristallisés ; mais les essais n’ont porté que sur un trop petit nombre de cadavres (4) pour qu’on puisse affirmer qu’il en est toujours ainsi ; d’autre part, avec les résidus provenant de l’alcool amylique, l’auteur a toujours obtenu des picrates cristallisés et souvent plusieurs espèces différentes dans la même préparation. Au point de vue des formes, certains picrates de ptomaïnes pourraient être confondus avec des picrates d’alcaloïdes ; par exemple, on rencontre des formes analogues à celles que donne la codéine (fig. 24 et 25). En général, ces picrates se dissolvent dans l’eau beaucoup plus facilement que ceux des alcaloïdes.
M. Popofî a fait quelques essais pratiques pour essayer de déterminer, par la forme de leurs picrates, quelques alcaloïdes mélangés à dessein avec des ptomaïnes (35 extraits) ; il a réussi à faire le diagnostic avec des quantités assez faibles des alcaloïdes suivants (0mg,i) : nicotine, atropine, strychnine, cocaïne, papavérine, brucine ; pour d’autres, tels que : cinchonine, codéine, morphine, daturine, pilocarpine, le diagnostic n’a été possible qu’avec des quantités plus fortes (0rag, 2 à 0mg,5) ; il est bon de traiter les précipités par un peu d’eau de manière à éliminer l’excès d’acide picrique et en partie
aussi les picrates de ptomaïne. Ces reconnaissances réussissent assez bien avec les ptomaïnes extraites par la benzine et le chloroforme ; elles ont paru beaucoup plus difficiles lorsque les alcaloïdes sont mélangés de ptomaïnes extraites par l’alcool amylique.
En résumé, on peut conclure comme il suit : L’acide picrique a été employé le plus souvent comme réactif general des alcaloïdes. En étudiant d’un peu plus près, au microscope, l’aspect cristallin des précipités, obtenus comme il a été dit, il est possible de tirer un meilleur parti de cette réaction. Il faut se garder de croire que l’aspect seul d’un picrate cristallisé suffise pour permettre d’affirmer la présence de tel ou tel alcaloïde déterminé : il faut évidemment, pour conclure dans une expertise toxicologique, s’appuyer sur des caractères plus précis que ceux qui viennent d’être indiqués. Cependant, l’emploi de l’acide picrique, dans bien des cas, mettra l’observateur sur la voie et fournira des indications précieuses ; il permettra de subdiviser les alcaloïdes en groupes : ceux qui ne précipitent pas ou qui précipitent difficilement dans les conditions ordinaires de concentration, ceux qui précipitent et ne cristallisent pas, ceux qui précipitent et cristallisent : dans ce dernier groupe, l’aspect et le mode d’assemblage des cristaux seront souvent assez typiques, pour
faire soupçonner avec beaucoup de vraisemblance, sinon pour démontrer formellement, la nature de l’alcaloïde cherché.
Les traités de toxicologie enregistrent d’habitude un grand nombre de réactifs généraux des alcaloïdes, c’est-à-dire de réactifs qui ne servent guère qu’à montrer la présence ou l’absence d’un alcaloïde: il suffit, pour les recherches toxicologiques, d’un seul de ces réactifs pourvu qu’il soit sensible, l’iodure de potassium ioduré, par exemple : et il est inutile de sacrifier à des réactions sans intérêt des résidus toujours fort peu abondants (voir page 67). Ces réactions générales sont d’autant moins importantes, lorsqu’on opère sur des viscères, que, dans les conditions ordinaires, les résidus contiennent toujours des alcaloïdes (ptomaïnes). Si, donc, on a recours à l’emploi des réactifs dits généraux, il convient de préciser leurs effets de manière à en tirer des renseignements moins vagues que ceux qu’ils fournissent d’habitude. L’objet de cet intéressant travail est de montrer que l’acide picrique peut rendre de bons services sous ce rapport.
TABLE DES MATIÈRES
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INTRODUCTION 1
A Monsieur le Préfet de Police 1