‹ Le Laboratoire Départemental De Bactériologie De ConstantineChapitre 17 sur 19 · A TON EN ES NE ARE ETS · texte numérisé non relu

A TON EN ES NE ARE ETS

Epidémies et Tuberculose.

La statistique des décès à l'hôpital civil de Constantine de 1888 à 1898 apporte un élément de plus en faveur de la campagne entreprise par tous les hygiénistes, contre la tuberculose.

On s’est beaucoup préoccupé dans ces derniers temps des maladies épidémiques ; la loi de 1892 à rendu obligatoire la déclaration de ces maladies afin d’en arrêter la propagation toujours trop rapide et d’en faciliter la surveillance. Grâce à de savantes méthodes appliquées avec soin (sérum, vaccin, etc.), grâce à de rigoureuses mesures d'hygiène, on arrive peu à peu à diminuer la mortalité.

La tuberculose, sans avoir le caractère de périodicité

de la fièvre typhoïde, du typhus, de la variole ou la marche

foudroyante du choléra, est cependant l’une des plus terribles maladies virulentes. La tuberculose n’a pas de saison, la mortalité est continue et augmente malheureusement chaque année. La contagion en est la principale cause.

Dans un rapport récent M. le docteur Vincent, médecin de la marine, parle de 15,361 malades, pour lesquels il y eut 501 décès ; près de la moitié de ces décès (46,8 p. 100) ont été causés par la tuberculose. |

Il est depuis longtemps incontestable après les immortels travaux de Villemin et de Koch, que la tuberculose est de nature virulente.

Mais, si cette terrible affection est virulente et contagieuse, si la poussière des crachats desséchés est le principal agent de la contagion, si enfin toutes les causes de propagation

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oies sont connues, il est actuellement possible d'arrêter le mal, au moins en partie. |

Pourquoi alors n'isole-t-on pas les tuberculeux et les mêle-t-on aux autres malades comme il arrive trop souvent dans nos hôpitaux ?

Pourquoi enferme-t-on dans une même salle tuberculeux de toutes périodes, malades atteints de fièvres ‘diverses, bronchites, pneumonie, etc.? Ces derniers sont tous candidats à la tuberculose, et leur organisme estun véritable milieu de culture pour le terrible bacille.

Le professeur Grancher à pu dire que les FAIR admis dansles hôpitaux, meurent tous.

Depuis la fondation du Laboratoire, c'est-à-dire depuis 1895, les crachats de tous les malades atteints d'une affection respiratoire, furent examinés, tous ceux que l’on a pu suivre et chez lesquels l'analyse fit découvrir le bacille de Koch sont morts après un temps plus ou moins long.

Autrefois, on voyait trop souvent revenir à l'hôpital, tuberculeux, des malades qui y avaient été soignés auparavant pour des affections paraissant sans gravité; c’est alors que le Laboratoire entreprit d'examiner soigneusement les crachats des malades entrant pour une affection des voies respiratoires, de façon à isoler, dans la mesure du possible, les tuberculeux, qui sont placés dans des salles spéciales.

En 10 ans, de 1888 à 1898, on compte 34674 malades, dont 25108 Européens, 7958 Arabes, et 1008 Israélites. Sur les 34674 malades, on compte 2959 décès, soit 8,534 °/° du nombre des entrées. Ce nombre, décomposé d'après les nationalités, donne 1786 Européens, 1116 Arabes et 57 Israélites, soit une nouvelle proportion de

6,947 °/° pour les Européens décédés.

14,023 °/ pour les Arabes »

5,654 ?/ pour les [sraélités © »

Les Arabes entrent difficilement dans nos hôpitaux, el seulement dans les cas très graves, ce qui augmente la mortalité.

Les Israélites n’entrent que lorsqu'ils sont forcés par les règlements d'hygiène, c’est-à-dire pour les cas épidémiques.

En recherchant la cause de ces décès et en les classant suivant la liste officielle des maladies épidémiques (1892), en ajoutant les maladies qui ont donné la plus grande mor-

talité, nous arrivons à étudier dans le tableau suivant 75 °/,

des décès. a

Nous avons établi le pourcentage sur le nombre des décès de chaque race. Il est facile de conclure de ces chiffres que la tuberculose entre chez toutes pour une large part dans les décès.

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#0. 4 EUROPÉENS | ARABES | ISRABLITES ASE PL (786) | (1116) (51) ARS « Jo : P- Ge Fièvre typhoïde : .163 1779 Typhus exanthématique . 9% ; 19.305 1.755 »

Diphtérie ; CHOICFA RE RE AS A0 s l Dysenterie..... A DR Le 2 Infections puerpérales Affections des voies respiratoires !.

Tuberculose

ee paludéennes. 5.47 — de la vessie

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{ Affections des vo'es respiratoires autres que la tuberculose,

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Les Israélites n'entrent à l'hôpital, comme nous l'avons déjà dit, que contraints par les règlements d'hygiène ; de Rà, leur mortalité par Le typhus et le choléra.

Ces maladies se développent la plupart du temps, chez eux; bien entendu, dans la classe pauvre. L'hygiène n'existe pas dans les maisons Israélites, la nourriture est Le plus souvent insuffisante et mauvaise. Les maisons sont humides ; on mouille tout, on ne lave rien, on remue les ordures, on les change de place, on ne les enlève jamais.

-Les familles juives sont nombreuses, elles habitent ordinairement dans la même chambre.

Nous avons vu souvent des familles de 12 personnes entassées dans la même salle, couchant tous sur le même matelas dans une promiscuité immorale et infecte.

Il n’est pas rare de voir des maisons contenir 40, 60 et 100 personnes, où il ne devrait y avoir que 2 ou 3 familles.

Nous venons de le voir, de toutes les maladies, c’est la tuberculose qui donne le plus grand nombre de décès.

Ce n’est pas une situation spéciale à Constantine.

Broca a dit depuis longtemps : « Aujourd’hui l'hôpital est loin d’être pour le tuberculeux une maison où l’on soigne, où l’on réconforte, où l’on guérit. On ne peut procurer à ce malade, au milieu d’une ville et dans une salle commune, aucun des éléments nécessaires à sa guérison.

» Le lit qui lui est offert, est un lit d'asile, où il trouve l'abri contre le froid, contre la faim, mais que le chef de service, dont la thérapeutique est aussi impuissante, relègue dans un coin pour que les expectorations du malheureux hospitalisé ne viennent pas contagionner les autres malades. »

Il faudrait donner au tuberculeux, pour qu'il puisse améliorer sa situation et peut-être guérir, de l'air pur nuit et

jour, du repos, une nourriture substantielle, abondante et

variée.

L'air pur au milieu d’une grande ville n’existe pas, on le sait, même dans les jardins ainsi que Miquel l'a démontré.

Dans une salle d'hôpital, où couchent côte à côte de nombreux malades, l'atmosphère est toujours viciéc. M. Martel a trouvé dans une salle de l'hôpital de Constantine, 62,000 microbes par mètre cube d'airexaminé. Les balayages viennent encore ajouter journellement de nouveaux germes au

milieu nauséabond dans lequel halète le malheureux tuber- ê

culeux.

La nourriture de l’hôpital ne se prête que très difficilement au traitement de cette terrible affection. On sait que la suralimentation est indiquée par tous les auteurs, or la nourriture de l'hôpital est quelquefois ridiculement mesquine, tou-

Jours insuffisante. Les assaisonnements font absolument

défaut, la variation dans le menu n'existe pas.

Evidemment il y aurait beaucoup de choses à modifier “dans les hôpitaux au point de vue du traitement rationnel de la tubérculose. Tout ce que le laboratoire de bactériologie a pu faire à l hôpital n'a été que de provoquer des mesures prophylactiques.

En effet, nous l'avons déjà dit, les crachats des malades

atteints d'affection des voies respiratoires passent sous le contrôle de l'examen bactériologique, qui, ainsi, fait une sélection.

Les autres mesures à prendre regardent l'autorité administrative..

an. la bonne volonté ne manque pas, nous devons le reconnaitre, plusieurs projets sont à l'étude et nous ne doutons pas que, grâce à l’activité infatigable des honorables membres du Conseil d'hygiène du département,

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la création de sanatoria spéciaux viendra couronner l’ensemble de leurs nombreux travaux. Pa LR EN

M. Martel, secrétaire du Conseil d'hygiène, avait proposé d'isoler les tuberculeux dans les nouveaux lazarets construits aux environs de l’hôpital civil, au milieu d’une épaisse forêt de pins dans un site charmant et à une altitude de plus de 700 mètres. |

En temps ordinaire, c'eût été très facile, car les lazarets ne devaient être utilisés qu'en cas de grosse épidémie de typhus, de choléra, ou de variole; on aurait pu les affecter provisoirement aux tuberculeux.

Nous ne savons pas si ce projet aura des shit, mais nous sommes en droit de l’espérer.

Nous ne parlerons que pour mémoire de diverses autres analyses bactériologiques sur lesquelles nous ne nous étendrons pas longtemps.

Nous voulons parler des expertises médico-légales en premier lieu, de quelques modestes essais anatomo-pathologiques, de la détermination de bacilles divers et de quelques analyses de lait.

Le tableau suivant donnera un aperçu général résumé et complet des travaux faits au point de vue bactériologique par le Laboratoire.

Comme on le voit, le diagnostic bactériologique de La

tuberculose entre pour une large part dans l’ensemble des analyses.

La progression est manifestement ascendante ; cela vient de ce que, dans les premiers temps, le Laboratoire était peu connu, et aussi d’une habitude qu'ont prise certains médecins d'envoyer les crachats de leurs malades atteints d’affections des voies respiratoires, pour s'assurer qu'il n'existe pas chez eux de menaces de tuberculose. =

Cette habitude, louable à notre avis, se répandit beaucoup, d'autant plus que l'examen des crachats est absolument gratuit.

Nous avons indiqué, au commencement de notre travail, .

pour quelles raisons les analyses d’eau ne sont pas plus nombreuses. Cela tient, nous aimons à le répéter, à la négligence de l'Administration des communes.

1895 | 1896 | 1897 | 1898 | 1899 |roTaz AU Las UE ADR 6 1% ne 12 21 53 Tuberculose... ...... 4 LEE 160 191 526 || Diphtérie .. Pere 2 14 17 157-178-2806 Blenuorragie ......., { 4 3 16 4 28 Dysentéries.., SUN 1 % 0 2 4 9 TÉADOS Ie Reese 2 2 0 (Ù 0 4 Charbômenrneonr [ l 0 4 3 9 Bacilles divers....... 4 41 82e 169 OA TE RARE Sérodiaguostic....... 0 0 4 44 17 119 PET SN EN ONE PE 0 0 0 11 47 64 Kystes hydatiques.... À 0 3 0 22 .

Pneumocoques ...... 20 18 28: 26 ne PA Total des analyses bactériologiques ….....| 23 149 |S2592%) 525 741 | 1693

pr 6 à con

NC) ee Les examens de membranes diphtériques ont augmenté également, surtout dans les deux dernières années 1898-1899.

Cela tient aux épidémies qui ont sévi à ce moment-là.

Sur les 28 déterminations de gonocoques, il y eut 16 expertises médico-légales dans des-cas de viol. Le reste de ces analyses fut demandé par des médecins ou des particuliers,

Les 9 cas de charbon furent examinés pour le compte de M. le vétérinaire départemental.

Sous la rubrique «bacilles divers», nous avons voulu désigner dans notre tableau les analyses de pus et de tissus divers dans lesquels on découvrit des streptocoques, des

staphylocoques ou d’autres microbes, soit pour la satisfaction du corps médical, soit pour notre satisfaction personnelle.

Nous avons déjà parlé des sérodiagnosties, nous n'y reviendrons pas. |

Parmi les analyses du lait, quelques-unes furent faites pour le compte des particuliers, les autres furent l'objet d’une expertise.

étaient des échantillons de lait pris chez des vendeurs peu scrupuleux.

On examina 7 contenus de kystes hydatiques, dont un de la rate, cinq du foie et un du rein. à

Parmi la détermination des pneumocoques, on découvrit du «Friedlander» et du «Talamon-Fraenkel».

Il fut fait aussi 8 examens de sperme, dont 7 expertises médico-légales et une analyse particulière.

Le tableau précédent montre l'immense progression suivie par les travaux du Laboratoire ; il doit donner à M. Martel, son savant et dévoué directeur, une grande satisfaction.

Nous ne pouvons, en passant, qu’associer respectueusement nos félicitations à celles déjà nombreuses qui lui arrivent de toutes parts.

“tantine, et qu’il est digne des sacrifices que le département #

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