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trop souvent les regards, puisent de l’eau sans soins, y font leurs ablutions ou y jettent des détritus. C’est à ce moment-là que le distingué chef du laboratoire actuel, dans un rapport, à M. le Préfet du département, expliqua la nécessité de créer un laboratoire pour l'analyse bactériologique des eaux, laboratoire qui pourrait être en même temps un précieux auxiliaire pour les médecins du département ; en effet, les obligations professionnelles d'un médecin ne lui permettent pas de se livrer à des recherches bactériologiques.
Après un avis favorable de l'administration des ponts et chaussées chargée du service des eaux d'alimentation, après avis favorable du Conseil départemental d'hygiène de Cons- | tantine (5 octobre 1894), M. le Préfet présenta le projet au Conseil général, qui l’accepta et vota les fonds nécessaires à l'installation du laboratoire, dans sa séance du 13 octobre 1894; le laboratoire fonctionna dès 1895.
Nous passerons en revue tous les travaux faits au point de vue bactériologique : Eaux, séro-diagnostie, diphtérie, ete., et nous terminerons par quelques considérations générales
sur les épidémies et la tuberculose dans le département de Constantine.
Le L 5
Eaux
Au point de vue des analyses d'eaux, les communes de plein exercice comme les communes mixtes n’ont pas profité des facilités, que leur a données le Conseil général, de connaître la composition bactériologique de leurs eaux d'alimentation. En 1896, les communes d'Aïn-el-Ksar (trois sources), de Constantine (deux sources), d'Herbillon, de Milah (service des ponts et chaussées) seules, ont envoyé des échantillons. Quelques communes, Oued-Zenati, Châleaudun du Rhummel, El-Kseur, Kenchela, etc., ont eu l'intention de faire analyser leurs eaux ; mais après réception des instructions qu'elles avaient réclamées on n’en eut jamais de nouvelles.
Les difficultés de l'expédition se bornaient cependant à une double caisse pour envoyer environ 250 grammes d’eau
dans la glace. Ce produit se trouve maintenant partout et l’on peut en recevoir à bon marché des grandes villes et sans trop de déchet. D'ailleurs, cette situation n'a pas lieu de nous étonner, dans un pays où les transports sont difficiles et où les épidémies n'ont pas trop rappelé le rôle des microbes dans l’eau.
Pour s'en rendre compte, on peut examiner ce qui se passe en France, où les communications sont si rapides et citer ce que dit le savant directeur du Laboratoire consultatif d'hygiène publique de France, M. le D' G. Pouchet, dans son rapport de 1890 sur les travaux du Laboratoire.
(Rapports à M. le Ministre de l’intérieur sur les travaux du Laboratoire en 1890-91, etc.….).
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«Qu'il me soït permis de signaler, à propos des analyses d'eaux, un point sur lequel, malgré les instructions fort détaillées que l’on envoie chaque fois qu'il s’agit d'un prélèvement à effectuer, il est bien rare d'obtenir une entière satisfaction. Il m'est arrivé souvent, malgré mes plus pressantes instances, de ne pouvoir obtenir l'envoi des échantillons dans des conditions convenables, au moins en ce qui regarde l'analyse bactériologique. À maintes reprises, et bien que j'aie cherché à éclairer les municipalités sur l’absolue nécessité de recueillir et d'envoyer les échantillons destinés à l'analyse ‘biologique et suivant rigoureusement les prescriptions indiquées dans l'instruction, il m'est arrivé de ne plus recevoir ni réponse, ni échantillon, ou bien il m'a été répondu que l'exécution de ces mesures était impossible, par suite de l'impossibilité de se procurer de la glace pour faire l'envoi.»
On ne peut mieux résumer la situation à Constantine.
Dans son rapport de 1891, M. le D" Pouchet se plaint encore du mauvais prélèvement des échantillons, mais les communes demandent plus facilement des analyses et la progression est la suivante pour toute la France.
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On peut donc espérer que peu à peu les communes enver: ront leurs eaux d'alimentation pour en connaître la valeur bactériologique, comme cela se fait pour l'analyse chimique : une eau pouvant être excellente au point de vue minéral et dangereuse par les bactéries qu'elle contient.
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Il est certain que les services chargés de l'alimentation en eaux potables des villes et des communes utilisent presque toujours le Laboratoire pour connaître la qualité des eaux qu'ils auront à capter. Mais lesautres sources ou eaux en usage ne sont analysées qu’en temps d'épidémie. En résumé, d’une façon générale, si nous n'avons eu que peu d'analyses d'eaux à faire, la faute en revient à la négligence des communes.
Voici l'instruction envoyée tous les ans aux communes mixtes et de plein exercice par le Laboratoire de bactériologie de Constantine pour recueillir l'eau destinée à l'examen bactériologique. |
HYGIÈNE PUBLIQUE —— LABORATOIRE DE BACTÉRIOLOGIE DU DÉPARTEMENT DE CONSTANTINY