MÉTÉOROLOGIE
En examinant le tableau qui précède, nous remarquons, tout d’abord, l’effet modérateur du lac sur les variations de température, qu’il tend à égaliser. Ainsi l’amplitude de la variation moyenne mensuelle, autrement dit l’écart entre les moyennes des minima et celles des maxima, est sensiblement plus marqué à Nantes qu’au lac, surtout pendant les trois mois d’été (juin, juillet, août).
L’eau possède en effet une très grande chaleur spécifique, elle est donc lente à s’échauffer et à se refroidir. A cette cause vient s’ajouter l’influence de la vapeur d’eau contenue dans l’air; nous voyons que l’évaporation au lac est énorme: elle dépasse de 349 par an celle de Nantes. Cette évaporation refroidit le sol. D’autre part, l’exubérance de la végétation, avec les réactions chimiques qu’elle entraîne, pour la vie des plantes, absorbe la plus grande partie de la chaleur solaire, tandis que, pendant la nuit, la vapeur d’eau expirée par les plantes fait obstacle au rayonnement, soit directement, soit par les brouillards auxquels elle donne naissance (1). De là des écarts moins grands dans la température.
La moyenne hygrométrique est aussi plus élevée au lac qu’à Nantes où elle dépasse déjà les moyennes générales.
Enfin, les pluies sont beaucoup moins abondantes au lac qu’à Nantes. Les maxima se produisent, dans les deux localités, aux mêmes époques ; ceux des jours de pluie en novembre et décembre, et ceux des quantités d’eau tombées en octobre et novembre.
Les observations faites à Saint-Philbert confirment ces résultats tout en montrant qu’il pleut encore moins à l’extrémité S. du lac, qu’à l’extrémité N.
(1) Voir : Angot, iraifé de Météorologie, p. 37 ; c’est à cette cause qu’il faut attribuer l’innocuité relative des gelées printannières pour les vignes situées aux abords immédiats du lac.
TABLEAU comparaiif des observations faites au Lac de Grand-Lieu (Pont de Bouaye) et à Nantes - 1881-1887