BIOLOGIE LACUSTRE
Ce chapitre a pour but de provoquer l’étude des adaptations des plantes au règne animal, étude jusqu’ici à peine abordée, malgré le vif intérêt qu’elle présente (1).
OISEAUX. — Très fréquenté par les oiseaux aquatiques, surtout dans les hivers rigoureux, le Lac de Grand-Lieu ne fournit cependant pas à la faune d’espèces spéciales ; c’est la faune ordinaire des lacs et des rivières. On y voit, parfois, des nuées de canards sauvages ; les oies s’y montrent, à leur double passage, et dans les hivers rigoureux, apparaissent parfois des cygnes (2). Les Joselles y forment des bandes énormes.
Les oiseaux déterrent les Alisma, les Isoetes, les Littorella du Bas- Rivage, en fouillant le terrain et l’on voit parfois de longués files de ces détritus flottants, parmi lesquels on trouve quelquefois V Isoetes echinospora et où il faut chercher le Subularia aquatica qu’on a trouvé ainsi, ailleurs. La Joselle (Fulica atrata) mangerait la racine des Potamogeton, d’après les pêcheurs.
La propagation de certaines espèces végétales par les oiseaux,* ne paraît pas douteuse. Duval-Jouve (3) allait souvent herboriser au marché au gibier et il a noté jusqu’à 12 espèces dont il a trouvé des débris accolés contre le poitrail, et plus souvent encore aux pattes des palmipèdes voyageurs. Peut-être est-ce à l’entremise de la gent ailée que nous devons la présence au lac de VIsoetes echinospora et du Lobelia Dortmanna, en attendant le Subularia aquatica, toutes espèces très répandues dans les lacs septentrionaux (4). Les expériences de Darwin (5) sur la dissémination des graines par les oiseaux sont très curieuses.
Voici la liste complète des oiseaux du lac due à l’obligeance de M. Louis Bureau, Directeur du Muséum de Nantes, savant ornithologue.
(1) Voir SCHIMPER, loc. cit.,p. 119.
(2) de Saint-Quentin, Zoc. cU., p. 290.
(3) Duval-Jouve, loc. cit.
^4) J. Gay,, /oc. cit.
(5) Darwin. — Origine des espèces. Traduct. Ed. Barbier, p. 438.