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LISTE DES OISEAUX DU LAC DE GRAND-LIEU

Aigle pygargue^ Haliaetiis albicilla Linné Busard harpaye, Circus æruginosus Lin.

Martin pêcheur vulgaire, Alcedo hispida Lin. Etourneau vulgaire, Slurnus vulgaris Lin.

Bruant de roseaux, Cynchramus schœniclus Lin.

Pipi des prés, Ânthiis pratensis Lin.

Bergeronnette printanière, Badytes flava Lin. Bergeronnette grise, Motacilla alba Lin.

Rousserolle turdoïde, Calamoherpe turdoides Meyer. Rousserolle effarvatte, Calamoherpe aruiidinacea Gmel. Phragmite des joncs, Calamodyta phragmitis Betschl. Vanneau huppé, Vanellus cristatus Meyer et Wolf. Bécassine ordinaire, Gallinago scolopacinus Bonap. Bécassine sourde, Gallinago gallinula Lin.

Raie d’eau, Rallus aqualicus Lin.

Poule d’eau marouette, Porzana maruetta Brin. (Le petit râle)

Poule d’eau Bâillon, Porzana Bailloni Vieill. (Le trèspetit râle)

Poule d’eau ordinaire, Gallinula chloropus Lin. Foulque macroule, Fiilica atrala Lin. (La Joselle) Héron cendré, Ardea cinerea Lin.

Héro^ pourpré, Ardea purpurea Lin.

Héron blongios, Ardeola minuta Lin.

Héron butor, Botaurus stellaris Lin.

Mouette rieuse, Larus ridibundus Lin.

Sterne Pierre-Garin à queue fourchue Sterna fluvia~ mis Naum. (Petit Goéland)

Sterne épouvantail, Hydrochelidon fissipes Lin. (La Goélette)

Cygne sauvage, Cygnus férus Ray.

Oie cendrée, Anser cinereus Meyer.

Oie sauvage, Anser sifvestris Briss.

Canard souchet, Spatula clypeata Lin. (Souchet ou canard spatule)

Canard sauvage, Anas boschas Lin.

Canard chipeau, Chaulelasmus strepera. Lin. (Mâle : Moreton-Cane ; Femelle: Cane-Moreton)

Canard siffleur, Mareca penelope Lin. (Piaillard) Canard pilet, Dafîla acuta Lin. (Queue d’hirondelle) Sarcelle d’été, Querquedula circia Lin.

Sarcelle d’hiver, Querquedula crecca Lin.

Canard morillon, Fuligula cristata Lin. (Le Franc- Moreton)

En hiver (accidentel) Sédentaire id.

id.

En partie sédeniaire Hiver Printemps Printemps et en partie séd" Printemps id.

id.

Hiver et en partie séden" Hiver

Sédentaire

Printemps

Printemps

Sédentaire

id.

Hiver

Printemps

id.

Sédentaire

Hiver

Printemps

Printemps

Hiver

id.

id.

id.

Sédentaire

Hiver

Hiver

Hiver

Printemps

Hiver

id,

GÉOGRAPHIE LACUSTRE

Canard nyroca, Fuligula leiicophtalmos. (Le Fuyard) Canard milouin, Fuligula feriiia Lin. (Le Penru) Canard garrot, Clangula glaucion Lin. (La Gué) Grand-harle, Mergus mergaiisa Lin. (La Grosse Gué) Harle hupé, Mergus serrator, (Anguille de mer)

Harle piette, Mergus albellus Lin.

Grèbe huppé, Podiceps crispatus Lin. (La Lancroie) Grèbe à cou noir, Podiceps nigricollis Sunder. Grèbe castagneux, Podiceps fluviatilis Briss.

Hiver

Hiver

Hiver

Hiver

Hiver

Hiver

id.

Hiver

En partie sédentaire

POISSONS. — Les rapports des poissons avec les plantes n’ont donné lieu, jusqu’ici, qu’à un nombre assez restreint de travaux.

La question la plus importante, au point de vue qui nous occupe, est celle du rôle des poissons dans la dissémination des hydrophytes.

Dans son ouvrage fondamental. Darwin (1), en 1859, émit, le premier peut-être, l’idée que les poissons pouvaient, comme les oiseaux, contribuer à la dispersion des espèces. En 1887, A. Piccone (2) publia le résultat de ses expériences sur la dissémination des Algues par les poissons, au sein des mers. De nos jours, M. LIochreütiner (3) a repris ces observations, concernant les plantes d’eau douce : des graines de divers hydrophytes ont été ingérées, dans l’estomac de certains poissons, entre autres, de Gardons, et ces graines, évacuées au bout de quelques jours, dans les excréments, ont été semées et la plupart ont germé. Ainsi s’expliquerait la propagation en amont et dans les localités non exposées au reflux de la mer, de plantes apparues à la partie inférieure d’un fleuve ou d’une rivière.

D’après les pêcheurs du lac, les poissons qui se nourrissent plus ou moins d’herbes sont : la Tanche, le Gardon blanc, le Gardon rouge, la Brème et la Carpe ; mais ces poissons n’en mangent pas moins les insectes qui courent ou volent à la surface de l’eau et on les voit souvent, en été, s’élancer hors de l’eau pour les happer. Toutefois, ils ne mordent pas aux lignes de fond, appâtées avec de petits poissons, comme le font la Perche et le Brochet, mais ils se prennent très bien avec des hameçons garnis de vers ou d’insectes.

Ces espèces herbivores broutent certainement les herbes de fond : elles recherchent particulièrement les Sarts (Characées) et les jeunes pousses tendres des Plarts (Myriophyllum). Quand les pêcheurs voient flotter, à la surface des eaux, des herbes coupées, ils considèrent ces épaves comme indiquant la présence de Gardons ou de Brèmes. Les poissons font des trous dans les épais massifs de Sarts qui tapissent

(1) Ch. Darwin, Origine des espèces, tr .liuction Bîirbier. Paris Reinwald 1887. p. 465.

(2) A. Piccone. — Ulteriori osseroazioniii intorno agli anitnali ficophagi. Extr, dal Nuovo Giornale ifal. Vol. XIX, n° 1, 1887.

(3) G. Hochreutiner, Zoc. cit-

le fond des eaux. D’après MM. Marcailhou d’Aymerig (1), les Isoetes habiteraient, de préférence, les lacs poissonneux ; ils en infèrent que la substance amylacée contenue dans les macrospores de ces plantes joue, probablement, un rôle direct ou indirect dans l’alimentation des poissons. On ne sera pas surpris que les pêcheurs du lac ne connaissent pas V Isoetes echinospora, puisque les botanistes eux-mêmes ont tant de peine à le distinguer des heibes environnantes.

La couleur des herbes qu’ils ont mangées est très visible, autour de la bouche des poissons ; l’intestin et les fèces sont souvent colorés de la même manière. Le poisson contracte parfois le goût de Sart (on sait combien l’odeur des Characées est détestable).

L’aliment qui joue le rôle le plus important, dans la nourriture des poissons est le Plankton (2). On comprend, sous ce nom, l’ensemble des organismes flottants, en suspension au sein de la masse liquide, abandonnés aux caprices des flots, des vagues et des courants, par opposition au Benthos (3), composé, au contraire, d’êtres vivant au fond des eaux. On distingue le Plankton lacustre et le Plankton marin. Les organismes du Plankton se composent de végétaux et d’animaux, la plupart, microscopiques. Le Plankton du Lac de Grand-Lieu, trèsriche, reste à étudier (4).

En dehors de leur contribution plus ou moins active à la no^urriture des poissons, les hydrophytes procurent à ceux-ci des abris chauds, des retraites pour frayer, des supports pour leurs œufs. A l’époque de la ponte, les poissons recherchent de préférence, suivant les espèces, certaines plantes ; les uns pondent des œufs non collants, isolés les uns des autres : tels les Truites, les Saumons, etc.; les autres, au contraire, ont des œufs qui se collent aux plantes sur lesquelles les femelles les pondent, tels que la Perche, qui pond de véritables rubans d’œufs, et presque tous les poissons du lac.

D’après les pêcheurs de Passay, voici quelles seraient les préférences des diverses espèces de poissons, au lac.

Le Gardon fraie à la surface même de l’eau, surtout dans les Plarts.

La Tanche fraie au fond et dépose ses œufs sur les Sarts où elle se tient généralement.

Le Dard fraie sur le gravier du fond ou sur les racines des hydrophytes où ses œufs adhèrent fortement.

La Carpe, assez peu répandue au lac, fraie dans les Potamogeton et aussi, d’après Raveret-Wattel (5) dans la Fétuque flottante (G/y-

(1) Marcailhou d’Aymeric. — Le Siibiilana aquatica etc. Extr. Bull. Soc. franc, de Botanique, septembre 1894.

(2) Du grec TIav.-jo:, vagabond. i

(3) Du grec fond.

(4) Voir mon article : Le Plankton marin ; La Nature n° 1880 — 5 juin 1909.

(^) Raveret Wattel. — La Pisciculture — 11.^ Le repeuplement des eaux et l’exploitation des étangs. (Caris Klincksieck, 1907).

GÉOGRAPHIE LACUSTRE

ceria jlmtans), dont les jeunes carpes recherchent les graines pour leur nourriture ; cette herbe habite surtout, au lac, les fossés, les prairies inondées et le pourtour de la cuvette. Contrairement à l’opinion reçue jusqu’ici, il est établi, désormais, que la Carpe vit surtout de matières animales.

Le Brochet fraie dans les eaux tranquilles et peu profondes ; il s’engage fréquemment jusque dans les moindres fossés. D’après Raveret-Wattel, la femelle pond surtout dans les touffes de la Renoncule d’eau (Bairachium aquatile) qui forme, au printemps, au pourtour du lac, de jolis tapis de fleurs, d’un blanc éblouissant. D’après les pêcheurs, ce poisson se tiendrait de préférence dans les touffes du Myriophyllum alterniflorum ou Plart rouge, dit Plart à Brochets.

La Brème fraie dans les Potamogeton ; les œufs, très nombreux (137.000 sur une femelle de 3 kilos, d’après Black), sont déposés par paquets sur ces herbes, auxquelles ils se collent très fortement. U Herbe aux Brèmes des pêcheurs est les Potamogeton perfoliatus; le Potamogeton natans est la Gobée. Presque tous les poissons aiment à frayer dans les Potamogeton, (genre qui compte dix espèces au Lac de Grand-Lieu), d’où le nom allemand de « Laichkraut ». Leurs forts massifs fournissent aux jeunes alevins une retraite, constituent de bons pâturages, pour les poissons à régime mixte et servent de repaire aux organismes du Plankton ; la Gobée, en particulier, est recommandée par les pisciculteurs, comme espèce à propager dans les étangs.

La Perche enroule ses longs chapelets d’œufs autour des tiges de Plarts dans les grosses touffes desquels elle se se tient volontiers.

L’Anguille. Il est aujourd’hui établi, scientifiquement, que les poissons de la famille des Anguillidées (Anguille, Congre, Murène) passent d’abord par un état larvaire et que les petits êtres marins, transparents comme du verre, connus depuis Pennant (1763), par les naturalistes, sous le nom de Leptocéphales (1), ne sont autre chose que les larves de ces poissons. MM. Grassi et Calandruccio ont vu des exemplaires du Leptocephalus brevirostris, conservés en aquarium, se transformer en anguilles d’eau douce. L’anguille qui se dispose à frayer quitte les eaux douces en automne. Arrivée dans la mer, elle gagne les profondeurs où elle acquiert la maturité sexuelle, au bout de quelques mois. Dès qu’elle a quitté la forme leptocéphale, l’anguille se dirige vers les eaux douces. A la fin de l’automne, ou dans les premiers mois de l’hiver, les jeunes Anguillettes (Cives, Cibales, Pibales, Civelles, etc.), arrivent en quantités innombrables à l’embouchure des fleuves. C’est la montée d’Anguilles (2).

Au Lac de Grand-Lieu, les pêcheurs appellent : Pimpeneaux, les

(1) Du grec Linro;', mince Kîoy.L'n : tête.

(2) Ces détails sont tirés deRAVERET Wattel, loc. cit. p. 239.

petites anguilles ; Lorteaux, celles de grosseur moyenne, et Margans (1). une forme qu’ils prétendent constituer une espèce différente. Le « Plart à Margans » est le Myriophyllum spicatum ou Plart vert. ' D’après les pêcheurs, le Margan a'ia tête bien plus grosse, le corps plus j ventru ; il est moins estimé que l’Anguille franche ou Anguille char- j bonneuse. Ils ne trouvent jamais, disent-ils, ni œufs, ni laitance dans j le corps des Anguilles.

Le Boër. ■ — Ce nom a été imposé à une petite Perche américaine qui, d’abord élevée par des amateurs, s’est répandue, largement, dans nos cours d’eau, où elle se reproduit librement aujourd’hui. Son intro- 1

duction remonte à 1886. Elle coïncide à peu près avec la guerre du ]

Transvaal, d’où son nom. C’est le Perça gibbosade Linné, V Eupomotis ] gibbosus de Gill et Jordan. Ce poisson se rencontre dans presque tous j les lacs et cours d’eau des Etats-Unis, depuis la Floride jusqu’au \

Maine et au Canada, où il porte une foule de noms vulgaires, en parti- |

culier celui de Sun-fish (Poisson soleil), qu’il partage avec tout un i

groupe de poissons. Au point de vue culinaire, on le considère généra- | lement comme un bon poisson, quoique à peau un peu épaisse. 1

L' Eupomotis gibbosus recherche les endroits où croissent les Pota- j

mogeton et toujours un fond de sable, pour y établir son nid, sous ^

50 centimètres d’eau au maximum. Les œufs, enveloppés d’un mucus '

épais, forment des rubans ou chapelets, comme ceux de notre Perche. ; Le nombre en est considérable ; on en a compté, en juin, 44.000 sur une femelle de 17 centimètres de longueur, pesant 155 grammes. Or, sou- ! vent plusieurs pontes se succèdent en juillet et août. Ainsi s’explique ^ la rapide multiplication de cette espèce. En pisciculture, on a utilisé j avec succès le Boër pour l’alimentation du Brochet ; mais, en dehors i des étangs spécialement destinés à l’élevage de ce poisson, on doit se \ garder de l’introduire, car c’est un grand destructeur d’alevins et du ; frai des autres poissons ; il est tellement batailleur qu’il n’hésite pas à attaquer des poissons beaucoup plus gros que lui. Dans son pays d’origine, de même que dans les rivières de la France, où on a eu l’imprudence de l’introduire, il est très mal noté ; il paraît être un poisson vorace, destructeur de frai, d’alevins, et même de poissons < plus âgés. Il ne peut satisfaire que les pêcheurs à la ligne désireux ‘ de ne pas revenir « bredouille », mais il fait le désespoir des pêcheurs sérieux (2) (3).

Les massifs étendus de Subléreau (Equisetum limosum) servent d’asile, ■ au Lac de Grand-Lieu, aux Poissons, aux Grenouilles et aux Oiseaux.

J’ai cru devoir entrer dans tous ces détails concernant les rapports des Poissons et des Plantes en raison de l’intérêt qu’ils peuvent offrir,

(1) Probablement de « Marga » — boue, vase, marne.

(2) Voir Raveret Wattel, loc. vit., p. 308.

(3) Voir pour plus de détails. E- Gadeceau. les Poissons et les Plantes. « La Nature », n* 1877

GÉOGRAPHIQUE LACUSTRE

au point de vue pratique, à un certain nombre de riverains du Lac, qui ont bien voulu favoriser cet ouvrage de leur souscription (1) (2).

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