PI. II
A. — JJtricularia neqlecta Lehm.
B. — Utricularia minor L.
Feuilles d’Utriciilaires.
(Cr. 1/10). — G. Briaudeal', phot.
LES HYDROPHYTES
Utricularia minor L.
A l’embouchure de l’Ognon, en exemplaires stériles, le 23 septembre 1906, dans le Ceratophylletum où j’ai découvert cette espèce non citée au lac par Lloyd. A rechercher de nouveau.
Dans les deux premières espèces , les divisions des feuilles sont munies de petites épines, éloignées les unes des autres : Dans U. minor, elles sont seulement aristées au sommet des divisions, ainsi qu’on le voit sur les figures de la PL IL
D’après la plus récente conception, toute la plante, chez V Utricularia vulgaris, ne consisterait qu’en une feuille très ramifiée qui produit les pousses florales, sous forme de bourgeons adventifs. Cette feuille, réduite à des filets rameux, porte de petites ampoules ou ascidies, dont l’orifice est muni d’une sorte de couvercle. Le rôle de ces utricules a été récemment l’objet de nouvelles recherches faites par Goebel. (1) D’après cet auteur, l’ancienne hypothèse d’après laquelle ces organes seraient des flotteurs, tour à tour injectés d’air ou d’eau et permettant ainsi à la plante de monter à la surface ou de descendre au fond ne serait pas vérifiée.
Il fait remarquer que le phénomène dont il s’agit est commun à une foule d’Hydrophytes qui n’ont point d’utricules et que d’autre part, les espèces terrestres d’ Utricularia sont munies de ces organes, tout aussi bien que les espèces aquatiques et que : «(autant qu’il a pu le découvrir) les Utriculaires tropicales nageantes montrent une végétation ininterrompue, n’enfonçant pas périodiquement de bourgeons dormants ». Enfin, ainsi que Darwin l’a constaté naguère, la plante nage encore quand on a enlevé tous les utricules. Goebel considère ces organes comme des formations secondaires, des formations foliaires transformées; on trouve, en effet, ces utricules à la place d’une feuille ou d’une division de la feuille ; sur les Utriculaires terrestres elles se trouvent pour la plupart sur la surface inférieure de la feuille.
(c Les vésicules des Utriculaires se distinguent de toutes les autres « feuilles vésiculifères en ce qu’elles possèdent une ouverture se fermant « par une soupape. Cette soupape remplit l’office des filets des nasses, « c’est-à-dire qu’elle permet bien l’entrée vers l’intérieur, mais pas la « sortie » ; si bien que les insectes, attirés dans ces utricules, par le mucus qui s’y trouve, une fois entrés, ne peuvent plus sortir. Ils y meurent, se décomposent très rapidement et, d’après Goebel, « il n’est pas dou- « teux que la substance animale, divisée, ne soit absorbée. On y songera « notamment en considérant les poils à 2 ou 4 branches qui se trouvent « sur la paroi interne de la vésicule ». On doit, ajoutè-t-il, considérer les deux prolongements antennif ormes qui se trouvent à l’entrée de la vésicule de l’ U. vulgaris, comme ayant pour but d’écarter les gros insectes qui endommageraient la vésicule, mais ils servent à conduire les petits insectes à l’entrée de celle-ci.
(1) Goebel. - loc. cit. p. 129, 151, 153, 156, 159.