C. fragifera Durieu
cc. partout: de l’Etier à Saint-Aignan, souvent mêlé au C. aspera sur fond plat à cailloux ; Passay, sur sable pur et très fin ; Pointe de la Honchère « où on pouvait creuser et obtenir de belles fraises » (Lloyd) ; de Passay à L’Arsangle, plus c. desséché que dans l’eau en juillet 1862; rives de la presqu’île du Dun.
Précoce. ■ — C’est la seule espèce qui s’aventure jusqu’à l’extrême bord du Bas-Rivage, dans les eaux surchauffées peu profondes. A déjà péri parfois, dès juin, par suite du retrait de l’eau.
Les Characées, avec leur structure délicate, sans tissus de soutien, craignent les courants, les ressacs, les vagues. Elles trouvent, dans la profondeur des eaux des lacs, le milieu tranquille qui leur convient. Elles se contentent d’une lumière affaiblie, puisqu’on les rencontre jusqu’à 8 et 12 mètres de profondeur, dans les grands lacs, et d’après Langeron (1) elles auraient une préférence pour les eaux limoneuses ; peut-être est-ce à cette dernière cause qu’il faut attribuer la richesse de la flore des Gharacées à l’embouchure de la Boulogne.
La structure anatomique de ces plantes est simple ; elle se compose de files de cellules délicates, dont la paroi interne est tapissée d’une couche mince de protoplasma.
(1) Langeron. - lac. cit., p. XXVII.
Les Characées peuvent vivre plusieurs années, grâce aux bulbilles qu’elles produisent aux nœuds de la racine et du bas de la tige. Elles se contentent, au lac, sur le Bas-Rivage^ en été, de quelques centimètres d’eau, mais elles ne supportent pas l’assèchement, même relatif. Dès que l’eau vient à manquer, les Characées se déssèchent et forment, sur les grèves sablonneuses, nues, une couche jaune-clair de détritus qui se confond, de loin, avec la grève elle-même. Elles constituent, d’après Chandler Cowles, par leur détritus, un générateur de sol de première importance. ,
Il est intéressant de constater que ces plantes, qui passent pour éminemment calciphiles, sont représentées ici par 17 espèces, dans des eaux dont les dépôts, comme on l’a vu plus haut (1), n’offrent aucune trace de carbonate de chaux. Seul le Chara hispida, très répandu dans nos eaux calcaires de Machecoul, paraît manquer au lac. Par contre, la variété des caractères physiques des fonds, sur le rivage oriental, entraîne une répartition intéressante des Characées, surtout depuis le village du Crène jusqu’à l’embouchure de l’Ognon et spécialement tout autour de la Pointe de la Honchère, malheureusement devenue peu abordable depuis 2 ou 3 ans. ,
Isoetes echinospore Durieu.
Fig. 1. - ISOETES ECiiiNospoRA (gr. nat.)
Cette curieuse cryptogame vasculaire, découverte par Lloyd en 1862, est répandue sur toute la rive orientale, depuis l’Etier jusqu’à l’embouchure de la Boulogne ; elle ne croît pas dans les parties du lac complètement limoneuses, elle recherche les fonds de sable, mélangé de cailloux avec un peu de vase.
L' Isoetes n’est recouvert, ici, en été, que de 30 à 70 centimètres d’eau, au maximum et c’est sur le Bas-Rivage qu’il est le plus facile de le recueillir malgré son mélange avec les jeunes touffes de feuilles radicales de V Echinodorus ranunculoides var. repens forma graminifolius Glück (2) qui lui ressemblent extrêmement. Il supporte mieux que les Characées et même que estival relatif. Dans l’eau, où il croît par à 6 individus, on le distinguera de V Echiplus foncées, à pointe plus acérée, plus Hors de l’eau, lorsqu’il flotte acciden-
V Echinodorus le dessèchement pieds isolés ou par touffes de 4 nodorus à ses feuilles plus fines étalée ; la touffe est plus ensablée tellement ayant été déraciné, sa souche bilobée à radicelles noires, et la gaine des feuilles munie de sporanges, le font plus facilement reconnaître.
(1) 1^* Partie, Chap. V, p. 19.
(2) Alisma ranunculoides /3 repens ; Lloyd, Fl. O.