C. — Lit forci /a lacustris (Gr
Cl. Bkiaiukai. phot.
LES HYDROPHYTES
Enfin les racines de V Echinodorus froissées entre les doigts ont une odeur caractéristique de Lepidium sativiim qui n’existe pas dans VIsoetes.
La coupe des feuilles permet de lever tous les doutes ; VIsoetes montre, dans la coupe transversale, deux paires de lacunes longitudinales, soit quatre cavités aerifères, entrecoupées, çà et là, par de minces cloisons transversales de tissu étoilé ; V Echinodorus présente trois très grandes lacunes et trois faisceaux ; le Littorella lacustris, avec lequel VIsoetes croît aussi, montre de nombreuses lacunes, avec 3 faisceaux, dont un médian plus développé. Les cloisonnements des feuilles ne sont pas visibles, à la loupe, dans le Littorella : les feuilles, plus opaques, ne laissent voir que des nervures longitudinales, tandis qu’on aperçoit bien ces cloisonnements, transversalement, sur les feuilles de V Echinodorus et de VIsoeteSy vues par transparence à la loupe (PL III).
Naias major L. — Vulg. Herbe qui pique.
Très répandu dans le lac dont il habite les profondeurs, souvent dans le Characetum et dahs le Ceratophylletum, sous 1 m. 50 à 2 mètres d’eau.
Tiges étalées, à nœuds charnus-épaissis, radicants. Magnin le trouve dans les lacs du Jura, jusqu’à 2 et 3 mètres de profondeur.
Naias minor L.
Mêmes lieux que le précédent, mais beaucoup moins répandu.
Souche distincte, tiges très peu ou point radicantes. D’après Royer, cette espèce serait monoïque, et la précédente dioïque. Dans les lacs du Jura, le N. minor habite en eau encore plus profonde que le N. major.
Les Naias sont annuels, ils se plaisent dans les eaux profondes et ne s’aventurent jamais, même en été, sur les rives comme le font certaines Gharacées. D’après Langeron (1), ils aiment les eaux limoneuses. La fécondation et la fructification ont lieu sous l’eau ; les loges de l’anthère s’ouvrent dans l’eau ambiante pour laisser échapper les grains de pollen (2).
B. FLÜIT ANTES.
Presque toutes les espèces de ce groupe habitent les grandes profondeurs du lac ; chez les Potamogeton de la section Chloephylli, la plante est quelquefois complètement submergée, y compris les fleurs et les fruits.
POTAMOGETON L.
Sect. 1. — Homophylli Koch.
P. perfoliatus L. — Vulg. Herbe aux Brèmes.
C’est l’espèce la plus répandue du genre, dans la zone profonde. Contrairement à ses préférences constatées, dans le Jura, par Magnin pour les fonds rocheux, elle recherche ici les fonds vaseux. Répandue aussi dans le cours inférieur des affluents.
(1) Langeron.— loc. cit., p. XXX.
(2) P, RorE. — loc. du, p. 361. , ,
On trouve au lac les formes suivantes (1) :
a. pseudo-densus Aschers. u. Graebner, Kirchn. Low et Schr., lot. cit. p. 444, fig. 251-7, opt, !
Feuilles très denses, rapprochées presque comme dans P. densus — çà et là —
b. oblongifolius sec. Koch, spec. in herh. de Candolle ; P. perfoliatus l. herb.! et Spec. pl. {fide Bennett.) — très
répandue. —
Le P. perfoliatus ne descend pas au Lac de Constance aussi profondément que le suivant. Tandis que P. lucens se tient presque toujours à des profondeurs de 1 m. 50, P. perfoliatus va jusqu’à la limite du domaine constamment inondé où il donne la forme pseudodensus. (Schr. I, p. 20). J’ai constaté les mêmes faits au Lac de Grand-Lieu.
Potamogeton lucens L.
Un peu moins commun que le précédent et plus exigeant pour la profondeur ; recherche les eaux claires, d’après les pêcheurs. Dans les affluents, il devient de plus en plus abondant, en approchant de l’embouchure.
La forme citée par Magnin comme sous-espèce (P. acuminatus Fr. ; Kirchn. et Lôw. Schr., loc. cit., fig. 256-4 !) et qui se distingue par la longue excurrence de la nervure médiane des feuilles, parfois réduites à cette seule nervure, sans limbe, est assez fréquente au lac; c’est pour moi une simple forme biologique du type.
Le P. lucens est l’espèce dont le rhizome, beaucoup plus gros que les tiges, s’enfonce le plus profondément dans la vase (0 m. 50); son rhizome hivernal offre des ramifications épaissies en forme de bulbe (K. L. et S. 1. c. p. 450, fig. 254. — 1 et 2 !). C’est aussi, par excellence le Potamogeton des lacs, où il descend à plus de 6 mètres de profondeur.
P. crispus L.
Cette espèce est chez nous, une plante d’étangs, de mares, n’habitant pas les grandes profondeurs, je ne l’ai guère vue, au lac, que vers l’entrée du canal de l’Etier et dans les douves de Saiiit-Lumine, sous 0 m. 50 d’eau à peine ; elle est là cc.
Rhizome moins gros que la tige, peu profond dans le sol, mais s’étendant beaucoup en largeur. D’après Schr. (I, p. 21), on est obligé, dans certaines localités de la Suisse, de l’enlever tous les ans, car il nuit à la navigation.
P. densus L., n’est pas précisément une plante lacustre, d’après Schrôter, mais plutôt des sources et des eaux à faible courant. Magnin a fait les mêmes constatations. — Très répandue dans l’Ouest de la France, cette espèce des mares,
(1) Tout en maintenant les noms qui leur ont été imposés par les auteurs, à titre de variétés, je considère, en général, les variations morphologiques, si nombreuses des Hydropliytes, comme de simples formes, résultant de leurs adaptations biologiques et non pas comme des variétés.
LES HYDROPHYTES
des fossés, doit exister autour du lac, mais probablement pas dans la région lacustre proprement dite.
P. perfoliatus X crispus ; P. cymatodes Asch.; P. undulatus Fryer ; pourrait se trouver au lac. — A rechercher.
Sect. 2. — Chloephylli Koch. (1)
Potamogeton acutifolius «Link» Reich, ic. et herb.l fide A. Bennett — AC. Bas de la Boulogne ; marais de Grand-Lieu près Saint- Mars ; Saint-Lumine (Cailleteau). — Habite le Ceratophylletum, avec des profondeurs variables, en été, de 0 m. 30, 0 m. 50 jusqu’à 1 mètre et plus.
P. obtusifolius Koch.
c. Bas de la Boulogne, où il est plus commun et fructifie mieux que le précédent ; embouchure de l’Ognon ; Saint-Mars (Ll.) — Même habitat que le précédent.
P. pusillus L.
Embouchure de la Boulogne, avec les 2 espèces précédentes ; PC. marais de Grand-Lieu, dans le Ceratophylletum avec 0 m. 30 à 0 m. 50 d’eau seulement.
Une forme est voisine de la var. tenuissimus Mert. et Koch (fide Bennett).
P. trichoïdes Cham. var. Irimeri Journ.of. Linn. Soc. 27.3(1865).
cc. entrée du canal de l’Etier, avec 0 m. 50 d’eau, dans le Ceratophylletum.
D’après M. A. Bennett, la plante originale de C/zamzsso (in herb. Berol.I) n’a pas de tubercules sur la carène du fruit, tandis qu’ils sont très visibles ici (ce qui constitue la var. Irimeri), mais ce caractère est très variable, dans l’espèce.
Les 4 espèces ci-dessus, de la Sect. Chloephylli, possèdent ordinairement un rhizome ; cependant il peut faire défaut dans certains individus, provenant de la germination des hibernacles, auquel cas ces plantes rentrent dans le Pleiiston. Dans tous les cas, le système rampant est peu développé et le défaut de ramifications de la base ‘est compensé par une ramification abondante des parties plus élevées
Ces plantes se comportent comme des plantes annuelles, sauf que les boutures servent d’une façon prépondérante à la multiplication (2)
Les Potamogeton ont des axes de deux sortes : les uns rampants, blancs, ' portant des écailles, plus ou moins enfoncés dans la vase; less^autres dressés, verts, plus ou moins flottants, portant les feuilles parfaites. Les graines restent longtemps sans germer, mais presque toutes les espèces
(1) Voir plus loin, Sect. C. nalantes, les espèces de Potamogeton du groupe Heterophylli Koch.
(2) ScHR. et Kirchn., Zoc. cit. p. 18.
se multiplient par boutures hibernantes et c’est surtout par ce mode de conservation que les Potamogeton sont vivaces. Grâce à leur induration, les boutures se désarticulent facilement ; plus lourdes que l’eau, elles tombent au fond (1).
Elodea canadensis Rich. — Vulg. Herbe d'Amérique.
Apparue d’abord en Europe, en Irlande en 1836, cette Hydrocharidée américaine fut découverte dans la Loire-Inférieure, par Genevier en 1875 ; Lloyd annonçait, dès l’année suivante, son apparition prochaine dans le Lac de Grand-Lieu, où il la nota, (2), en effet, un peu plus tard (1885) comme très abondante. Depuis, cette « peste des eaux » a envahi toutes les parties du lac et ne contribue pas peu au colmatage, par ses nombreux détritus.
U Elodea habite la zone profonde du lac, souvent dans le Ceratophylletum, mais on le trouve aussi dans les affluents, à des profondeurs très variables, et dans les petits canaux, les mares, les fossés avec 0 m. 50 d’eau et même moins.
A rechercher la var. repens Sanio ; Ascii, et Graebn. Syn. I, p. 404 : rampante en eaii peu profonde, ou même hors de Teau dans les roseaux.
Les tiges radicantes émettent, dans la vase, un chevelu sétacé, abondant ; mais, d’après Warming, la racine n’a pas de collet. La plante se bouture avec la plus extrême facilité et c’est là son seul mode de propagation, en Europe, puisque nous n’avons que l’individu femelle de cette espèce dioïque, dont le pédoncule s’allonge plus ou moins pour conduire à la surface sa petite fleur rose.
1.' Elodea, après avoir pullulé dans les lacs de Constance où on dépensa des sommes énormes pour l’expulser, de même que dans le lac de Zurich, y est aujourd’hui en voie de diminution (3) ; il est à espérer qu’il finira par suivre chez nous la même évolution. Nous avons vu, d’ailleurs, le même fait se reproduire, aux environs de Nantes, pour une autre espèce américaine aquatique: V Azolla filiculoides Lam., autrefois très répandue, aujourd’hui bien moins commune.
MYriophyllum alterniflorum DG.— Vulg. P/or/ ou a Brochet.
C’est la plante dominante du Myriophylletum et même, avec le Sparganium ramosum, du lac tout entier. Il pénètre dans toutes les zones et à toutes les profondeurs ; bien plus commun que le suivant, plus précoce, jaune au lieu de vert, il est déjà tout en décomposition et à fruits tombés, alors que le M. spicatum est encore en végétation. Lorsque l’eau s’est retirée, en été, du Moyen-Rivage, on voit souvent, dans l’Heleocharetum, un véritable gazon constitué par une forme de
(1) Sauvage AU, Zoc. cit.
(2) Lloyd, Zoc. cit., I. p. LXXIV.
(3) ScHR. et Kirch., loc. cit. p. 16.
LES HYDROPHYTES
Myriophyllum alterniflorum à feuilles épaisses, courtes, raides, pennées , appliquées sur la terre, analogues aux formes terrestres des Batrachium.
On dit l’espèce calcifuge. Son extrême abondance ici est de nature à indiquer tout au moins une préférence pour la silice. — Recherche les fonds vaseux.
MYriophyllum spicatum L. — Vulg. Plart vert ou à Margans (1).
. Beaucoup moins commun que le précédent et seulement dans les zones profondes :
PC. embouchure de l’Ognon, au milieu du chenal (Tm. 50 / 1 m. 65) ; cc. la Boulogne ; çà et là quelques groupes, sur fond de vase fine nue, au milieu du lac, de Saint-Mars à Passay (Lï).
M. verticillatum L. var. pectinatum DG.
Feuilles florales courtes, Fl. presque en épi distinct.
Habite les eaux peu profondes, dans le Phragmitetum. Je l’ai, vu à Passay, vis-à-vis la Pointe du Dun, sous 0 m. 60 cent, d’eau, et dans plusieurs autres localités semblables.