XV. COURANTS
Dans tout lac, il y a divers types de courants :
1° Le courant d’entrée des affluents qui ne tarde pas à s’arrêter dans la masse immobile de l'eau stagnante. Ce courant est superficiel quand l’eau de l’affluent est plus légère que l’eau du lac; il est profond quand l’eau fluviale est plus lourde. Le ravin sous-lacustre du Rhône montre que ce courant profond peut, en certaines saisons , se prolonger jusqu’à 6 km. et plus de l’embouchure du fleuve.
2° Le courant causé par le départ de l’eau par l’émissaire. Toute la masse du Léman se transporte constamment dans la direction de Genève. Pendant la plus forte crue connue, celle du 24 au 25 mai 1878, le lac s’est élevé de 155 mm. en 24 heures dans ces conditions, le courant normal devait avoir, par minute, une vitesse :
Sur la section de Vevey à St-Gingolph 0.054m.
» d’Ouchy à Evian . . . 0.018 Au détroit d’Yvoire 0.170
Dans le Petit-lac, la vitesse peut être plus rapide ; avec un débit de 600 m 3 . par seconde du Rhône à Genève, on a une vitesse :
Au détroit d’Y voire 0.18 ni. p. min.
Sur la section Coppet-Hermance . 0.20 »
» Genthod-Bellerive . 0.5 »
Sur le banc de Travers, à Genève 3.8 »
3° Les courants à causes thermiques, résultant des différences de température :
a) Les uns sont horizontaux, quand il y a échauffe ment inégal des diverses régions de la surface. Très irréguliers et inconstants, la vitesse maximale que je leur ai mesurée est de '16 m. par minute.
b) Les autres sont verticaux, dus au refroidissement de la surface en automne et en hiver ; ils ont échappé jusqu’ici k l'observation.
4° Les courants dus k Faction des Vents, L’air, en frottant la surface de Peau, Pentraine dans le sens de son transport; ce courant superficiel cause une accumulation de Peau sur la côte vers laquelle le vent frappe. Cette dénivellation provoque un retour de Peau par un courant profond, qui marche en sens contraire du vent, et est parfois assez violent pour tordre et entraîner les filets des pêcheurs. En été, quand Peau est stratifiée thermiquement, le courant de retour a lieu entre deux eaux, k une faible profondeur ; en hiver, quand la température de Peau est uniformisée, il peut descendre jusqu’aux plus grands fonds du lac. Pendant l’ouragan du
20 février 1879, les filets des pêcheurs de Lavaux, ancrés dans le lac à 200 et 300 ni. de fond, ont été déplacés par le courant de retour.
5° Les courants dus au balancement des seiches n’ont pas encore été étudiés. Dans les conditions les plus favorables, au détroit d 1 Y voire, ils doivent avoir une vitesse de 1.5 ni. à la minute.