XVII. VAGUES DU VENT
Les vagues soulevées par les vents (vagues d’oscillation progressive) varient de dimensions dans les conditions suivantes : elles sont d’autant plus fortes que lèvent est plus violent; lèvent soufflant avec une intensité constante, elles augmentent régulièrement de vitesse, de largeur et de hauteur, à mesure qu’elles avancent sur le lac. Lorsque
l’eau diminue de profondeur et que les vagues arrivent sur la beine, elles ralentissent leur vitesse ; leurs crêtes se rapprochant, elles diminuent de largeur ; en revanche, elles augmentent de hauteur, et lorsque la profondeur est très faible, elles se brisent en déferlant sur la grève.
Les plus grandes vagues mesurées sur le lac, vagues de vent sudois, observées à Morges le 11 novembre 1875, avaient 20.5 m. de largeur d’une crête à l’autre, par une profondeur d’eau de 2 m. environ. Ces vagues ont déplacé une pierre de 30 dm 3 ., pesant sous l’eau 54 kg.
Quant à la hauteur maximale des vagues, si nous appliquons la formule générale qui fixe cette hauteur au quinzième de la largeur des vagues, les plus grandes vagues du Léman ne dépasseraient pas une hauteur de 1.3 m. à 1.5 m. Mes mesures sont d’accord avec cette évaluation et arrivent à un maximum de 1.5 m. entre la crête et le creux des vagues. Ces chiffres ne se rapportent qu’au plein lac ; car, quand les vagues se brisent sur une plage peu inclinée, elles augmentent en hauteur pendant qu’elles perdent en largeur; quand elles se réfléchissent contre le mur d’un quai et produisent ce qu’on appelle le ressac, l’interférence des deux ordres de vagues peut en doubler la hauteur ; quand enfin elles rebondissent contre un mur ou contre un rocher, l’embrun des vagues peut rejaillir jusqu’à 6 ou 8 m. de haut.
La durée des vagues augmente avec leur largeur; elle varie de 0 à 4 secondes.
La vitesse de translation de vagues de 20 m. de largeur, en plein lac, serait de 5.5 m. par seconde, soit à peu près la vitesse moyenne de nos bateaux à vapeur.