XXXII. RÉFRACTIONS DE LA LUMIÈRE ET MIRAGES
La température de l’air étant le plus souvent différente de celle de l’eau, la couche inférieure de l’air, en contact immédiat avec l’eau, est ou plus
chaude ou plus froide que les couches susjacentes; il en résulte- que le rayon visuel, qui rase la surface de Peau pour voir les objets à l’horizon, est infléchi par réfraction au lieu d’être rectiligne. Il en résulte une déformation de ces objets ou un déplacement dans le sens vertical.
Les deux types principaux de ces mirages sont :
1° Le mirage d’hiver , quand l’eau est plus chaude que Pair. Le rayon visuel rasant l’eau est infléchi en une courbe à concavité supérieure; les objets situés au delà de la tangente à l’horizon sont soulevés au-dessus de la surface apparente du lac; ils sont légèrement déprimés et donnent une image renversée au-dessous de l’image réelle.
La convexité de la surface du lac, partie de la surface sphérique de la terre, est exagérée par ce mirage; elle devient évidente à l’œil, plus qu’elle ne l’est en réalité.
2° Le mirage d'été , quand l’air est plus chaud que le lac. Le rayon visuel est infléchi suivant une courbe à concavité inférieure, qui tend à se rapprocher de la surface sphérique de l’eau. Les objets situés au delà de l’horizon réel sont soulevés, et ceux qui sont cachés par la ligne de l’horizon deviennent visibles au-dessus de cette ligne. En môme temps, ils sont agrandis dans le sens vertical ; les corps éclairés de la côte opposée, les pierres, la grève, les arbres, apparaissent comme de grandes surfaces rectangulaires, qui semblent les quais et
les maisons d’une immense cité (les palais de la fée Morgane, fata mor garni).
Par ce mirage, la convexité apparente de la surface du lac est diminuée; le lac semble plat ou même concave.
Les mirages ont été étudiés sur le Léman par Ch. Dufour, L. Dufour, Forel, etc.