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d'un chemin de fer, il pouvait continuer sa route jusqu’au lac St. Jean! Elle lui ménage déjà sur les hauteurs du charmant village de St. Jérôme une nouvelle surprise, et vient lui mettre sous les yeux cette nappe d’eau si vantée, si vaste et si grandiose qui s'appelle le lac St. Jean, et rendu seulement à ce point il se croirait amplement satisfait et dédommagé des fatigues du voyage en reposant ses regards sur les grèves splendides recouvertes d’un sable blanc, et se demanderait comment il se fait qu’un aussi beau pays n'ait pas été, depuis des années ouvert à la civilisation.
L'établissement des terres autour du Lac est de date assez récente,
C'est au zèle et au courage de l’estimé pasteur, dont on vient de célébrer les noces d’or, ou le 50e anniversaire de son entrée dans le sacerdoce, que ce pays doit son premier pas vers la civilisation : je veux ici faire allusion au Révd messire Hébert, curé de Kamouraska, qui en 1851, accompagné d'une poignée de colons dévoués, abattait le premier arbre sur les bords du lac Kenogamashish, et où depuis a surgi le florissant village d'Hébertville, le chef-lieu du comté et situé à environ 15 milles au sud du lac St. Jean. L'établissement des autres paroisses au sud et à l’ouest est beaucoup plus récent.
Le tableau suivant démontrera la date de l'établissement de ces paroisses, leur étendue et leur population d’après le dernier recensement.
Rangs de Etabli Popula-
profondeur. en tion.
Ponte Bleuë..,.,.,,.... 2 1856 1186 St, Jérôme... No 3 1862 1803 Pointe aux Trembles Ru 8 1864 1067 RE 0 CPR TETE 7 1867 956 St. Félicien ..... 7 1869 530 St Gédéon. ...,,.., 5 1875 * 654 St. Joseph d’Alma. 5 1877 710 Normandin.... I 1880 400
Le district a été colorisé par de jeunes fils de cultiva-
RE
teurs de tous les points de l'Est de la Province, notamment des paroisses de Kamouraska, Malbaie, Baie St. Paul, Château-Richer, Beauport et Québec.
La plus grande partie de ces brave colons, qui se sont aventurésdans un pays jusqu'alors presqu’inconnu, n'avaient pour tout partage et pour tous moyens de pourvoir à leur existence et pour faire face à l'avenir, qu'une hache et de bons bras, soutenus et stimulés par un courage et une persévérance à toute épreuve.
Un exemple, celui du premier colon établi à St-Jérôme suffira pour démontrer les épreuves par lesquels ont dû passer presque tous les pionniers du lac St-Jean. En 1862, Charles Cauchon, du Château-Richer, laissait Québec avec un capital de $10, accompagné de sa femme et de $ enfants en bas âge. Parvenu au lac Kenogomi, son argent était épuisé et là il dut s'arrêter et travailler à gages pendant une semaine pour pouvoir payer le transport de sa famille par canots—le seul moyen de communication —alors— vers le sud du lac St-Jean, où il s'établit et ouvrit la belle paroisse de St-Jérôme. Inutile de rappeler les privations sans nombre qu'a endurées le pauvre Cauchon et les phases de malheur qu'il à traversées. Il a reçu cependant la juste récompense due à son courage et à sa persévérance ; il est aujourd’hui, grâce à la richesse du sol qu’il a cultivé avec tant d'énergie, propriétaire d’une bonne maison, d’une vaste grange, et d’une excellente terre, bien drainée, et entourée d’une bonne clôture et évaluée, au plus bas taux par le conseil municipal, à $2,500.
Cette année, bien qu'un quart seulement de sa terre ait été ensemencé, il a récolté 250 minots de blé, 200 minots d'avoine, 150 minots de pois et de sarrasin, 240 minots de patates et d’autres produits en abondance—sa grange est complètement remplie. Il parle dans les ‘mes les plus élogieux de la fertilité du sol, qui rend 25 minots de blé pour chaque minot de semence et 25 minots de pois ou 35 d'avoine par arpent.
En général les nouveaux colons qui ont pris des terres