‹ Le Lac St. Jean et le grand Nord-Est [microforme]Chapitre 8 sur 28 · ETENDUE DU TERRITOIRE · texte numérisé non relu

ETENDUE DU TERRITOIRE

Il serait un peu difficile d'évaluer au juste l'étendue de terre propre à la colonisation qui reste encore dans le bout du lac St. Jean. On ne peut pas juger ici de la nature du sol, par le procédé habituel, c’est-à-dire par la qualité et la grosseur des arbres, car, en effet, on a trouvé en plusieurs localités que le sol était meilleur là ou les arbres étaient plus petits et de plus mauvaise apparence.

La conclusion de ceci est, que plusieurs endroits du territoire, que l’on avait d’abord cru impropres à la colonisation, ont été plus tard reconnus comme fertiles.

La preuve encore c'est que d’après de récentes explorations on a découvert qu’en arrière de St-Jérôme, sur la rivière Metabetchouan, on pouvait établir cinq à six paroisses sur un sol que jusque-là on avait cru inculte.

Le même fait a été aussi reconnu en arrière de la Pointe-aux-Trembles, où des colons se sont établis à 30 milles du Lac, dans l’intérieur, et en arrière du lac des Commissaires, situé sut la ligne projetée du chemin de fer.

Ces colons ont récolté une grande quantité de blé, cette année, et tous sont unanimes à dire que le sol est aussi riche que celui du lac St-Jean.

On avait aussi jugé impropres à la colonisation les terres situées sur la rivière Peribonka, au nord du lac : cependant d’après une sérieuse et complète exploration que vient de faire un arpenteur du gouvernement, et d’après le rapport qu'il en a fait on me dit que l’on pourrait dans cette partie du pays, fonder dix paroisses, sinon plus, sur un sol des plus riches ; on dit de plus que lesol entre la rivière Peribonka et la grande décharge est bon.

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De fait, quelques-uns disent même que le sol au nord du lac est de qualité supérieure à celui que l’on a déjà colonisé.

Le pays est si plat qu’en général il est impossible d'en juger l'étendue. D'un point élevé, sur un côteau faisant face au village de St. Prime, on peut cependant avoir une bonne idée de l'étendue du pays ; de ce point, regardant vers l’ouest ou vers le nord, aussi loin que le regard peut se porter, on ne peut voir le moindre coteau ; on ne voit qu'une vaste plaine boisée, arrosée par de grandes rivières : la Ashuapmouchouan et la Mistassini ; leur largeur respective variant d’un demi-mille à un mille. Cette immense piaine est d'un sol d’une grande richesse et n'a été entamée que par l'établissement de St, Prime, de St. Félicien et Normandin.

On ne peut pas se faire une idée de la grandeær extraordinaire de ce vaste territoire ; tout porte à confirmer la justesse de l’estimé fait de son étendue, par M. Taché, assistant-commissaire des Terres de la Couronne, dont les rapports portent à 3 millions d’acres la quantité de terre arable, soit une étendue de terre plus considérable que toutes celles établies dans les Provinces Maritimes: Ce district est vraiment une Province en lui-même.

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