‹ Le lactate d'alumine: Dans le traitement de l'auto-intoxication intestinaleChapitre 6 sur 23 · APPAREIL DIGESTIF · texte numérisé non relu

APPAREIL DIGESTIF

Ainsi qu'on doit logiquement s y attendre, c’est surtout du côté de cet appareil, siège même de l’auto-

TRES intoxicalion initiale, que les symplômes morbides se manifestent.

IS peuvent affecter deux formes différentes : ou bien ce sont des accidents à marche lente, subaiguë, presque chronique, ou bien ce sont des crises aiguës, paroxysliques, réapparaissant d'une façon périodique à intervalles plus où moins éloignés. Ce sont là de véritables crises de décharge, par lesquelles l'organisme élimine brusquement l'excès des entéro-toxines dont il est surchargé.

a) Formes lentes.

Ces formes sont surtout fréquentes chez les enfants.

Un enfant est depuis longtemps malade, il est pâle, amaigri, ses yeux sont cernés, ses traits tirés. Parfois ses Conjonclives ont une teinte subictérique, ses paupières sont gonflées. Il se plaint de maux de tête, il est très nerveux, très impressionnable. La peau est sèche, rugueuse, desquamanté ; les cheveux secs, les ongles mal formés; il y a jour et nuit des transpirations excessives.

L'appétit est perdu ou très capricieux; la soif est devenue continuelle, aux repas comme dans leur intervalle ; souvent surviennent, pendant ou après les repas, des coliques suivies de selles fétides, contenant parfois des glaires, des membranes, du sable.

Le médecin appelé à voir cet enfant trouve une langue Jaunâtre ou brune, chargée en arrière et rouge en avant; un thorax amaigri contrastant avec un ventre volumineux, sillonné de veines dilatées (surtout au

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niveau des 9° et 10° côtes): varices hépatiques de Buzzi et Schweninger.

Le foie est gros ; les hémorrhoïdes sont fréquentes.

Ici, l'origine des troubles apparaît clairement. Mais dans d’autres cas, les symptômes du côté du tube digesüif peuvent passer inaperçus à un examen superficiel ou même faire complètement défaut. Le diagnostic devient alors singulièrement délicat, le tableau clinique se trouvant réduit aux symptômes généraux. Parfois des troubles très disparates des divers autres appareils, plutôt faits pour dépister le clinicien, viennent s’y ajouter. Et rien du côté du tube digestif! « Bien plus, écrit Combes, si on interroge les parents, ils vous répondent sans hésitation que la digestion est normale chez leur enfant... Or, c'est là un caractère important des autointoxications intestinales, un caractère qui doit éveiller immédiatement l'attention du médecin, que cette mulütude de plaintes les plus diverses, qui n’ont l'air d’avoir aucune relation les unes avec les autres, tant elles appartiennent à des organes différents, tant elles échappent à toute règle, à toute systématisation.

« Ceci seul doit pousser le médecin à examiner l'intestin. »

La cause des accidents est en effet presque toujours de ce côté, et ce n’est pas pour les combattre chose très facile. |

b) Crises aiguës.

Ces accès peuvent se manifester sous la forme de :

1° Crises gastriques (on a signalé quelquefois des crises de sialorrhée périodique). Ce sont des crises qui

RIRES reviennent presque régulièrement, à intervalles plus ou moins éloignés et qui sont caractérisées par des vomissements incoercibles, accompagnés de céphalée et de gastralgie violentes. Les vomissements, d'abord alimentaires, sont bientôt constitués par un liquide filant, hyperacide, d’odeur aigrelette {présence de l’'acétone).

Généralement connues sous le nom de vomissements périodiques de Leyden, interprétées différemment suivant les auteurs, ces crises sont, pour Combe de Lausanne, de nature auto-toxique.

2° Crises diarrhéiques. — Cette forme est très fréquente. La crise est ordinairement précédée de quelques prodromes: anorexie, nausées, vertiges, fièvre : quelquefois des vomissements.

Enfin, surviennent des coliques avec une diarrhée abondante et violente, d’odeur extrèmement fétide.

3° Crises bilieuses. — Fréquentes surtout chez l'enfant, chez qui l'estomac, l'intestin et le foie sont si intimement solidaires, elles se caractérisent par des vomissements, d’abord alimentaires, puis muqueux, puis bilieux, accompagnés de selles diarrhéiques vertes polycholiques.

Fote.—Le foie estun des organes qui ont le plus à souffrir de l’auto-intoxication intestinale. M. Boix a démontré expérimentalement que les substances provenant des fermentations digestives possèdent pour la plupart une action dégénératrice et sclérosante sur la glande hépatique.

Ce retentissement provoque tout d’abord la congeshon du foie; l'hépatomégalie, fréquente chez l'adulte,

LE plus fréquente encore chez l'enfant, est parfois sujette à de fréquentes variations de volume (foie en accordéon).

Plus tard, l’action des toxines se traduit par une série de troubles que révèle l'analyse des urines et qui témoignent déjà d’une insuffisance fonctionnelle : lhypoazoturie, glycosurie alimentaire, passage de l’urobiline et des sels biliaires dans l'urine. « De là, ce teint brun jaune, cette légère teinte iclérique des conjonctives, les paumes des mains et les plantes des pieds colorées en jaune {signe palmo-plantaire de Gilbert) ; de là ce prurit, ces taches de xanthélasma à la ceinture et que l'on voit souvent pâlir et disparaître avec l'amélioration de l'état intestinal. » (Combe).

Cet état d'hépatisme, suivant l'expression de Glénard, peut, en se prolongeant, aboutir à l'ictère chronique simple et même à la cirrhose hypertrophique.

On peut observer enfin certaines dégénérescences du foie signalées par Boix et Le Play et attribuées par ces auteurs à l’action des substances nocives venant de

l'intestin.

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