‹ Le laird de DumbikyChapitre 25 sur 65 · SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

SCÈNE Vil

MAGASIN THÉÂTRAL

tom gin. Seulement, si vous avez affaire à lui, il faudra vous presser.

CHIFFINCH. Pourquoi cela?

tom gin. Parce qu’il part demain avec sa femme.

chiffinch. Il est marié!

TOM gin. Depuis un mois.

chiffinch. Il fallait donc dire cela tout de suite, imbécile... ton baronnet ne m’est bon à rien. ,

tom gin. Ab ça, mais, que cherchez-vous donc !

ghiffingh. Je cherche un jeune homme, noble, pauvre et célibataire.

TOM GIN, montrant Mac Allan. Eh bicnl tenez, voici là, à ma gauche, un Écossais qui est très-noble, très-pauvre et très-garcon ; je vous réponds de celui-là.

ghiffingh. Il aurait des dettes même que cela n’en vaudrait que mieux.

tom gin. C'est une providence, celui-là doit cinq mille livres sterling.

CHIFFINCH. Il se nomme?

TOM gin. Mac Allan , laird de Dumbiky.

Celle convocation antre Ghiflînch et Tom Gin a Itou sur la devant du théâtre et â voix basse.

LE duc. Sortez sans être vu, et revenez dans vingt minutes avec, deux de mes gladiateurs. Il faut que ce soir Sarah soit dans ma petite maison de Clarence Market.

jerningham. Mais, monseigneur...

LE Duc. Faites ce que je vous dis.

Jerningham sort. Pendant que le duc a parlé à Jernin- . ghatn, Ghiflînch n tourné autour de Mac Allan en rexaminantdcs pieds à ta tète.

SCÈNK VIII.

Les MÊMF.S, moins JERNINGIIAM.

TOM GIN, continuant sa conversation avec Chiffinch. Eh bien ! celui-là vous convient-il?

CHIFFINCH. Sous tous les rapports, et ce que vous venez de me dire me décide tout à fait ; je ferais le tour du monde que je ne trouverais pas mieux.

tom GIN. Voulez-vous que je vous présente à lui ?

chiffinch. Ce n'estpas la peine, j'entamerai bien la conversation sans toi, sois tranquille.

Il va ii Mac Allan, qui le regarde venir, prend le pot de lierre qu’on vient de lui servir, et le jette par la fenêtre avec ce qu’il contient. *

MAC ALLAN, sc levant furieux. Monsieur, que veut dire cela, s’il vous plaît?

chiffinch. Cela veut dire qu’un gentil- ■ homme comme le laird de Dumbiky n’est pas fait pour boire de la mauvaise bière de matelot. Tom Gin, une bouteille de vin d’Espagne, et du meilleur.

TOM gin. A l'instant, votre seigneurie.

Il sort. Ghittioch va s’asseoir en face de Mac Allan,

Mac allan. Mais je ne vous connais pas, dites donc, moi. pour boire avec vous.

chiffinch. Eh bien ! nous ferons connaissance... D’ailleurs je suis un ancien ami de votre famille, j’ai servi avec votre oncle David Mac Malion de Susqucbaugh, dans les dragons du major Landfort.

MAC allan, se rasseyant. Ah ! vous avez connu mon onde... c'est autre chose alors.

chiffinch. Oui, jeune homme, et c’est un (gaillard qui a rendu autrefois de grands services à la cause royale.

MAC allan. Ah ! o|i bien i à la bonne heure, en voilà un , au moins, qui lui rend justice, à l'onde Mac Malion.

chiffinch. Aussi, quand j'ai su que vous étiez à Londres, je vous ai cherché partout.

mac allan. Vous m'avez dterché... vraiment?

chiffinch. Je n’ai faitque cela depuis huit jours.

mac allan. Eli bien ! me voilà , monsieur, et tout à votre service.

Ils se saluent.

chiffinch , le regardant en souriant.

Hh bien ! nous avons donc fait des nôtres à Londres, mon gentilhomme ?

Mac allan. Moi, j'ai fait des miennes?

chiffinch. Ah ! ne cherchez pas à nous en faire accroire. Nous avons entendu parler de vous... peste ! vous meniez un train de prince.

Il nous a donc laissé de la fortune notre oncle David Mac Malion de Susquebaugh ?

Mac allan. Pas un penny. Je suis arrivé à Londres avec quinze livres sterling.

chiffinch. Et avec quinze liires sterling vous avez un hôtel magnifique, des carrosses splendides, des chevaux comme ceux d'Achille... Ce n’est pas maladroit, jeune homme, pour un début.

mac allan. Mais attendez donc , vous ne savez pas...

chiffinch. Eli! mon Dieu, si, je sais...

vous avez fait des deties, quoi ! •

MAC allan. Certainement. Seulement, moi, c’est sans le vouloir.

CHIFFINCH. On ne vent jamais on se

laisse entraîner... et puis, un beau matin, on se trouve comme rela , avoir cinq ou six mille livres sterling de dettes.

mac allan. Eh bien ! c’est juste tnon chiffre. Qoe dites-vous de la somme?

chiffinch. Je dis que c’est une misère.

Mac allan. Une misère I ah! vous appelez cela une misère !

chiffinch. Sans doute. A votre âge César devait cent vingt millions de sesterces. Cinq mille livres sterling , qu’est-ce que cela , je vous le demande, pour un homme comme vous?

MAC allan. 11 me semble que c'esl juste-

ment pour un homme comme moi que c’est beaucoup.

chiffinch. Cela vous tourmente!

Mac ALLAN. Je vous avoue qu’il y a des moments...

CHIPFINCH. Bail! un beau mariage paiera tout cela.

MAC allan. Un beau mariage!

CHIFF1NCH. Oui.

MAC allan. Sans doute, un beau mariage paierait tout cela, je le sais bien ; mais il faut le faire ce beau mariage.

cniFFiNCH. Avec votre nom.

MAC allan. Le fait est qu'il en vaut bien un autre. Vous savez ou vous ne savez pas qu’il y a une tradition écossaise qui dit que les Dumbiky sont parents au cinquautecinquièmc uegré du roi Robert Bruce.

Chiffinch. Avec votre ligure...

MAC allan. Vous trouvez qu’avec ma figure... c’est drôle, je n'avais jamais compté dessus.

chiffinch. Vous êtes trop modeste.. . Et à tout cela joignez la protection qui vous est due h cause des services de votre oncle.

MAC ALLAN. Je vous dirai que jusqu'à présent c.«s services n'ont pas été très-bien appréciés.

cm ffinch. Parce que vous ne vous êtes point adressé à ceux qui pouvaient les faire valoir... mais moi je vous réponds, si toutefois vpus n’avez pas de répugnance pour le

mariage...

MAC allan. De la répugnance pour le mariage, moi! je n’en ai aucune, et pourvu que ma femme soit jeune , sage , jolie , noble et riche, je me déciderai facilement.

chiffinch. Si vous n’exigerez que cela , jeune homme, j’ai votre affaire sous la main. LEDUC, qui n’a pas cessé de prêter l'oreille, mrl. C’est cela même. Buckngham, mon | vous avez tnut deviné : décidément vous ?s un homme de génie.

MÉfeàt.LAN. Voyons , voyons un peu

dites-vous cela?

BpBiNCii. Vingt-cinq mille livres stermgïle dot et une place à la cour. La fortune et le pouvoir en même temps. Cela vous vat-il?

Mac allan. Certainement; mais il faudrait au moins que je connusse la personne...

CHIFFINCH. Inutile.

mac allan. Vous pouvez au moins me dire son nom?

CHIFFINCH. Que vous importe ?

MAC allan. Où demeure-t-elle seulement?

chiffinch. Qu’avez-vous besoin desavoir cela?

MAC allan. Comment! qu'ai-je besoin de savoir cela ! il me semble que je suis assez intéressé à tous ces détails pour que je me permette de faire quelques questions.

chiffinch. Et si 1a chose au contraire ne pem s’arranger qu’à la condition que vous n’en ferez pas...

MAC allan , se lerant. Alors , vous comprenez, mon cher aiui...

chiffinch, se levant aussi. Ne précipitons rien, mon gentilhomme. D'ailleurs je ne veux pas surprendre votre bonne foi. Écoutez : une certaine visite à faire m'oblige à vous quitter pour unedemi-heure; vous, pendant ce temps,

réfléchissez... la splendeur ou la misère

Eli ceci vaut la peine d'y songer... Dans nne demi-heure je serai de retour, et quelque chose inc dit... oui, oh! j'en suis convaincu, quelque chose me dit que je vous trouverai plus raisonnable. A bientôt, et rappelez-vous qu’un bonheur pareil à celui que je vous propose ne se représente jamais deux lois... pesez bien ces paroles, et atlendez-moi A

bientôt.

MAC allan. Permettez...

chiffinch. Dans une heure je reviens.

Il sort.

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