THÉÂTRAL
avait pas de plus beaux., et des habits... Tenez, en voilà un échantillon... jeu avais six pareils.
TOM GIN. Comment ! de la même couleur ?
MAC allac. Non... ils avaient varié les nuances.
tom GIN. Mais sous quel prétexte , tout cela?
mac allan. Pardieu, sous prétexte que pour faire fortune il faut avoir l'air d’être riche; et, en effet, quand on m'a vu des chevaux, un hôtel, des voitures, c'était â qui m’offrirait ses services, excepté ce démon de Buckingham qui devait me présenter au roi, disait-il, et sur lequel je n’ai jamais pu remettre la main, quoique je me sois pré- * senté plus de vingt fois à son hôtel.
tom GIN. Et comment tout cela a-t-il fini? ' .
mac allan. Ce n’est pas difficile à deviner. Un beau matin les fournisseurs sont venus demander l'argent de leur fourniture; je leur ai dit que je n’en avais pas, et je les ai renvoyés au duc de Buckingham. Ils se sont fâchés et moi aussi... ils ont crié, j’ai crié plus fort qu'eux : il y en a un qui a fait un geste qui tn’a déplu. Je l’ai jeté du haut en bas des escaliers... Quand les autres l’ont vu dégringoler les marches quatre à quatre,
| ils se sont sauvés en criant qu'ils allaient chercher le constable. Alors j’ai profité de leur fuite pour battre en retraite de mon côté; de sorte qu’à ceite heure ils doivent être maîtres du champ de bataille. Quant à moi, mon cher, me voilà comme Bias, je porte tout avec moi... et je vous réponds que mon tout, ce n’est pas grand’chose.
tom GIN. Pauvre garçon ! un pot de bière, voyons, pour vous remettre.
mac allan. Je ne demande pas mieux, mais je vous préviens que je ne possède pas un penny.
tom gin. N’importe, on n’est pas un turc, que diable! et ii ne sua pas dit qu’on aura laissé mourir un compatriote de soif au Chardon d'Ecosse.
MAC allan. Merci. Eh bien! tenez, vous valez mieux dans votre petit doigt que ie Buckingham dans toute sa personne.
tom gin, sortant. Mais taisez-vous donc.
mac allan. Que je me taise? jamais. Eh bieul c'est chamiaul... j'aurai été joué, bafoué, pillé... je serai retourné vingt fois à son hôtel sans pouvoir le rencontrer une seule, et je uc pourrai pas dire que c’est un coquin, uu brigand, un scélérat à pendre? mais, au contraire, je le dirai à tout le monde, je ie dirai...
11 s'arrête court t* apercevant le duc.
le duc. Eh bien ! mon jeune maitre, qu'avez-vous donc à me regarder ainsi ?
Diq
by G
LE LAI RD DE DUMBlkY. < »
MAC ALLAN, ù part. Oh! mais c'est que c’est extraordinaire, c’est sa ligure, c’<*st sa voix !
le duc. Je ne me savais pas si curieux à voir. Payez quelque chdse.au moins, pour me regarder... vous savez que c’est l'habitude.
mac allan. 11 n’y a pas de doute... je ne nie trompe pas... c’est vous!
le duc. Eh bien ! sans doute, c’est moi.
Mac allan. Ab! oui, tuais je m’entends... vous, vous, vous, ntylord.. .
le duc. Ah bou ! myiord ! c’est moi ( que vous appelez myiord?
MAC ALLAN. Sans doute, c’est vous que...
et vous ne me ferez pas prendre le change.
TOM GIN, revenant. Bien, voilà ce que je craignais.
MAC allan. Et vous me rendrez raison...
et nous irons faire un tour, si vous le voulez bien, à Darn Elms ou à Moutagu.
le duc. Dis donc, Totn Gin, il m'appelle myiord, et il me propose d’aller faire uni tour à Darn Elms ou à Montagu: que dis-tu de cela?
11 rit.
TOM GIN, montrant Buckingham. Luil myiord !
Il rit.
mac allan. Ah ta , est - ce que ce n’est véritablement pas au duc de Buckinghan que j’ai affaire?
TON) GIN. Le duc de Buckingham, lui ! vous êtes fou, mon cher ami ; il s’appelle Thomson il est matelot du bateau le Saint -Georges.
MAC allan. Vous en êtes sur?
tom gin. Pardieu, il y a dix ans que je le connais.
MAC allan. C’est étonnant... je n’en reviens pas.. . c’est qu’il ressemble à myiord...
le duc. Oh ! vous n’étes pas le premier qui ayez été pris à cette ressemblance, allez... après cela, mon père était beau garçon, batelier, comme moi sur la Tamise, et il a conduit dans sa vie plus d’une jolie dame... je ne serais donc pas étonné quaud il y aurait de part le monde quelque grand seigneur qui me ressemblât. (Aie rasseyant.) A votre santé, mon gentilhomme.
Mac allan, s'asseyant d une table placée de l'autre côté de la scène. A votre santé, mon ami. C’est que tout y est, la ressemblance est frappante... c’est mirabuleux!
Chifüoch paraît au fond, enveloppé dans un manteau. JEBNINGHAM, bas. Maintenant, monseigneur, puis-je m’éveiller?
LE DUC, apercevant Chiffinch, rivement.
Moins que jamais !
jerningh.vm. Pourquoi cela?
LE duc. Çhiflich ! malheureux !... ChiiTmch en personne!
Jerningham, rebaissant la file. Ahl mon Diea!
LEDUC, silence !
Les Précédents, CHIFFINCH.
CHirtJNCll, à Tom Gin. Vousétes le maître de cette taverne?
tom gin. Oui, monsieur ; que faut-il vous servir ?
chiffinch. Rien.
tom gin. Comment, rien?
chiffinch. Je ne viens'pas pour boire.
tom gin. Que venez-vous faire alors?
chiffinch. Je viens causer.
tom gin. Avec qui?
chiffinch. Avec toi.
tom gin, brusquement. C’est que, voyezvous, je n’ai guère le temps de vous écouter .
chiffinch, lui donnant une pièce d'or.- Tu le prendras.
tom gin, tris humblement. Je le prendrai.
chiffinch. Tu as le temps de m’écouter maintenant?
TOM GIN. Oui.
chiffinch. Et de me répondre?
tom gin. A vos ordres.
chiffinch. C’est bien. Quels «ont les voyageurs qui deiueureut dans ton auberge?
tom gin. Hommes ou femmes?
chiffinch. Hommes.
TOM gin. Nous avons d’abord uu Irlandais.
chiffinch. Jeuue?
tom gin. Jeune.
chiffinch. Beau garçon?
tom gin. Beau garçon.
chiffinch. Riche?
tom GIN. Pauvre.
chiffinch. Cela me va. A propos, est-il noble?
TOM GIN. C’est un marchand de bestiaux de Limcrik.
chiffinch. Voilà qui dérange tont... inutile d’aller plus loin ; lassons à nn autre. Qui «vez-vous encore?
tom GIN. lin Espagnol.
chiffinch. Jeune?
tom gin. Trente à trente-cinq ans.
chiffinch. Beau cavalier?
tom GIN. L’air noble.
chiffinch. Riche?
TOM gin. line mine d’or.
chiffinch. Ce n’est pas mon affaire. A un autre.
tom gin. Nous avons un baronnet du comté de Lancastre.
chiffinch. Jeune?
tom gin. Oui.
chiffinch. L’air gentilhomme?
tom gin. Oui.
chiffinch. Riche?
tom gin. Non.
* chiffinch. A merveille.
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