SCÈNE XII
CHIFFINCH, MAC ALLAN.
chiffinch. Eh bien, mon gentilhomme, avez-vous réfléchi ?
MAC ALLAN. Oui.
CFtiFFlNCH. Et vous êtes décidé ?
MAC ALLAN. Parfaitement.
CHIFFINCH. A vous marier?
MAC allan. A. rester garçon... Ah ça.
mais, pour qui m’avez-vous pris? Voyons un
pen...
cniFrtNCH. Mais pour un pauvre gentilhomme qui ne serait pas fâché de faire sa fortune.
MAC allan. Oui, monsieur, mais par d’autres moyens que ceux que vous me proposez, entendez-vous ?
chiffinch. Les moyens de faire fortune sont rares, mon maître, et lorsqu’on en rencontre un par hasard, il ne faut point le dédaigner, de peur qu’il ne s’en présente pas un second.
MAC allan. N’importe, je refuse.
chiffinch. Songez-y; vons êtes à Londres, sans connaissances, sans appui, sans secours. Votre refus, c’est la misère, la faim, sans compter que vous devez cinq mille livres sterling qo il faudra bien payer; on Newgale est là. .. Les lois anglaises ne plaisantent pas à l’endroit des débiteurs.
MAC AI.LAN. Je refuse... je vous dis que je refuse.
chiffinch. Tandis qu’au contraire si voos acceptez, vingt-cinq mille livres sterling, une place à la cuur, des laquais, des chevaux, des carrosses, un hôtel ! Vous avez goûté de tout cela pendant huit jours...
Voyons, dites, est-ce que ce n’était pas fort agréable î
MAC allan. Retire-toi, tentateur.
chiffinch. Mais...
Mac allan. Retire-toi , te dis-je , ou bien...
chiffinch , épouvanté et se sauvant au fond du théâtre. Lu instant I un instant!
mac allan, exaspéré et menaçant Chiffinch d'un tabouret qu'il tient A ta main.
Je refuse ! je refuse! je refuse !
NELLY, ouvrant d moitié la porte du cabinet de droite. Acceptez.
MAC allan. Hein ?
nelly. Acceptez.
MAC ALLAN. Quoi ?
NELLY. I,e mariage qu’on vous propose.
MAC allan. Mais tout à l’heure,. .
NELLY. J’avais tort.
MAC allan. Vous m'assuriez que c’était un piège.
nelly. Je me trompais.
mac allan. Mais je ne connais pas celle qu'on me propose.
NELLY. Prenez de confiance.
MAC allan. Mais si elle est vieille ?
NELLY. Elle doit être jeune.
MAC allan. Mais si elle est laide?
NELLY. Elle doit être jolie.
MAC allan. Mais si sa vertu est douteuse?
nelly. Ce doit être une Lucrèce.
MAC allan. Mais enfin...
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nelly. Acceptez, vous dis-je, acceptez, ou tous {tes perdu.
Elle referme U porte. Ce eu de scène est exécuté trèsrapitleniont et sans que Nelly ait été aperçue «le Chiffinrh. Mac Allan, pendant ce temps, a tenu machinalement son tabouret en l'air.
MAC ALLAN, tombant sur son esraheau.
J’en deviendrai fou, ma parole d’honneur !
Moment de silence.
C.niFFtNcn , de la porte. Kh bien, jeune homme, notre accès est-il passé î MAC ALLAN. Oui.
chiffinch. Nous ne sommes plus enragé?
MAC ALLAN. Non.
chiffinch. Et l'on peut se rapprocher de vous?
MAC ALLAN. Oui.
chiffinch. Vous ne me prenez plus pour Satan ?
MAC ALLAN. Non.
chiffinch. Et vous ne voulez plus me fendre le crâne ?
MAC allan. Soyez tranquille.
chiffinch, revenant en scène. C’est bien heureux.
MAC ALLAN. A votre tour, m’en voulez- vous?
chiffinch. Je n'ai pas de rancune.
MAC allan. Est-il encore teuipsde dire oui?
chiffinch. Toujours.
MAC allan. Eh bien, j’accepte.
chiffinch. Pour tout de bou ?
MAC allan. Pour tout de bon.
CHIFFINCH. Vous engagez votre parole?
MAC allan. Koi de gentilhomme.
CHIFFINCH , s'éloignant. Cela suffit.
MAC allan. Où ailez-vous?
chiffinch. Chercher un carrosse.
MAC allan. Pour qui ?
chiffinch. Pour votre seigneurie.
MAC allan. Nous quittons donc cette taverne ?
chiffinch. Dans dix minutes je vous emmène.
MAC allan. Où cela ?
chiffinch. Vous le verrez.
Il sort.
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