MAC ALLAN, JOHN BRED. RUSSEL
DICKINS, Valets et CRÉANCIERS DU DUC. puit JERNINGHAM.
Au lever du rideau le devant de la scène est vide, mais on aperçoit dans la galerie du fond Mac Allan , John Bred et les autres Créanciers, que les laquais du Doc ne veulent pas laisser pénétrer dans le salon.
JOHN bred. De par saint Georges, nous entrerons.
TOUS LES CRÉANCIERS. Oui. Oui.
john bred. Mvlord nous doit, nous voulons voir înylord... Allons, camarades, déharrassons-nous de cette valetaille.
Les coups de poing commencent è pleuvoir sur les valets ; <*t parmi les plus chauds assaillants, on remarque John Rred et Mac Allan en Ecossais.
MAGASIN THf.ATRAL.
um-
jerningham, entrant par une porte de côté. Eh bien 1 que signifie cela, messieurs, el que se passe-' il? De la violence chez milord duc !
JOHN «RED, s'avançant. Ah ! c'est vous, monsieur Jerningham ! Nous allons enfin trouver à qui parler. J'étais las, pour mon compte, de ne trouver que de quoi battre.
jerningham. Vous vous en acquittiez cependant à merveille, maître John.
JOHN bred. J’ai la prétention de tenir ce qu’il y a de mieux en chevaux et en coups de poing, et si voire maître et vos valets veulent me rendre justice, ils vous diront, monsieur Jerningham, qu’il n'y a jamais eu seigneur mieux monté et laquais mieux battus.
jerningham. Il n'y a pas même contestation là-dessus, mon cher monsieur John Bred, el mylord le disait encore hier à sa gracieuse majesté le roi Charles II, qui le complimentait. JOHN rred. Sur quoi?
jerningham. Sur ce qu'il était le gentilhomme d’Angleterre, d’Ecosse et d'Irlande, le mieux logé, le mieux miset le mieux équipé. Ce à quoi mylord répondait : Eh bien ! sire, voulez-vous être aussi bien équipé, aussi bien mis, aussi bien logé que moi ? prenez Kussol mon tapissier, Dikins mou tailleur et John Bred mon marchand de chevaux.
JOHN pred. Comment ! le roi disait cela à mylord, et mylord...
jerningham. Faisait littéralement au roi la réponse que je viens de vous répéter.
rl’ssel. Dis donc, John Bred, si nous pouvions par mylord obtenir la fourniture de la cour ?
jerningham. Rien de plus facile.
dikins. Ce serait une glorieuse affaire.
jerningham. Sa grâce n'a que deux mots à dire pour cela à sa majesté, et il y en a déjà un de dit.
JOHN bred. Alors, monsieur Jerningham, il faudrait tâcher qu'il djt l’autre.
jerningham. Eh bien! mes bons amis, je ne vous cacherai pas que c'était son intention. JOHN rred. Vraiment!
jerningham. Ce matin même, je devais vous écrire à ce sujet-là. C’est le dernier ordre que m’a donné, hier soir, mylord en se couchant; mais puisque le hasard fait que vous voici. . .
JOHN rred. Oh! mon Dieu, oui... le hasard... vous avez dit le mot, monsieur Jerningbam. Mous passions, Russe), Dikins et moi, devant l’hôtel, et nous nous sommes dit; Eh bien ! puisque nous voilà en face du palais de mylord. si nous montions chez sa grâce pour demander des nouvelles de sa santé ?
jerningham. El nous nous informerions
en même temps, avez-vous ajouté, si elle ne serait point par hasard en disposition de nous payer nos factures?
JOHN bred. Eh bien ! nous vous avouons, monsieur Jerningham, puisque vous nous en parlez le premier, que cela ne nous ferait pas de peine de toucher quelques guinées...
il y a longtemps que nous n’avons rien reçu.
jerningham. Laissez -moi le soin de cela... Je sais mieux que personne les jours où mylord a de l'argent... Donnez-moi vos factures, car je présume que vous les avez snr vous, toujours par hasard.
JOHN rred. Je ne les quitte jamais. .. vous comprenez, au moment où l’on s'ÿ attend le
moins, on peut rencontrer une occasion
jerningham. Comme celle-ci, n’est-ce pas? et il faut la saisir aux cheveux... peste ! c’est prudemment pensé . Voyons, donnez-moi cela, et revenez dans une heure...
joan bred. l’our en toucher le montant?
JERNINGHAM. Non, mais pour apporter à mylord vos demandes.
JOHN bred. De fournisseurs de la cour?
jerningham. Oui, mylord les appuiera.
JOHN rred. Ce serait bien aimable à sa grâce. Mais il faudra aussi qu’elle nous donne un petit à-compte... Oh ! mon Dieu, rien qoe les trois quarts de ce qu'elle nous doit ; nous attendrons pour le reste.
JERNINGHAM , de mauvaise humeur. Eh bien ! soit, revenez dans une heure.
JOHN bred. C'est convenu. ( Montrant les laquais. ) .Maintenant il ne nous reste plus qu'à faire des excuses à ces messieurs des coups. ..
jerningham. Inutile, c’est leur état.
JOHN bred. Alors, c’est autre chose.
Ils sortent tous.