‹ Le laird de DumbikyChapitre 38 sur 65 · NELLY , MAC ALLAN · texte numérisé non relu

NELLY , MAC ALLAN

NELLY, <1 part. Ah 1 sire, vous m’avez fait redemander la clef du passage secret... heureusement, par prévoyance, j’en avais fait faire une seconde. Grâce à celte précaution, je viens de tout entendre... le mariage, la présentation et le litre de dame d’honneur... Très-bien ! c’est la marche ordinaire des choses... nous connaissons cela... mais je suis là, sire, et j’espère bien déranger tous vos petits projets.

MAC allan, revenant. Quel grand roi!...

Tiens, c’est vous, Nelly! par où êtes-vous donc entrét.

NELLY. Chutl

mac allan. Bah! encore du mystère?

nelly. Je suis pour vous ici, et personne ne sait que j’y suis.

MAC allan. Merci, chère Nelly, merci mille fois. .. vous m'avez donné un conseil admirable ; tout ce qui m’arrive est fabuleux... iimesemble que je suisle héros d’un conte de fée... je nage dans le surnaturel.

nelly. Alors, vous êtes content?

MAC allan. Ravi.

nelly. Ce mariage ne vous effraie plus?

MAC ALLAN. Il m’enchante.

NELLY. Vous avez vu le roi?

MAC allan. Nous nous quittons; il m’a | appelé son cher Dumbikv.

nelly. Et sa majesté a été...

MAC allan. Adorable... mais il faut dire aussi que mon oncle lui a rendu de grands services.

NELLY. Vraiment ?

mac allan. Comprenez-vous cela ? Autrefois . quand je parlais des services de mon oncle, on ne m’écoutait même pas, ou l’on me riait au nez... Aujourd'hui tout le monde le connaît... c’est un grand homme! c'est un homme historique !

NELLY. Eh bien, quand je vous disais que tout irait à merveille.

MAC ai.i.an. Et cependant vous ne saviez pas le plus beau, vous, le plus important; vous ne saviez pas qu’il avait fait un voyage en Irlande, deux voyages dans les Provinces- Unies, et trois voyages en France. Il parait ' que c’est lui qui a sauvé l’Écosse.

NELLY. Sauvé l’Écosse?

MAC allan. Dam! c’est devant le roi luimême qu’on me l’a dit.

nelly. Eh bien, mais voilà qui vous met en bonne position, mon cher Dumbikv.

MAC ALLAN.'C'est-à-dire que cela tne met en position excellente... et maintenant surtout que ma femme, de son côté, sera près de la reine.

nelly. Oui , sans doute, c’est fort honorable; mais si j’ai un conseil à vous donner, c'est de veiller avec attention sur elle.

MAC allan. Sur la reine?

nelly. Non, sur votre femme. N'oubliez pas, mon cher Dumbiky, que vous vivez au milieu de la cour la plus dissolue de l'Europe.

mac allan. Eli bien, qu’est-ce que cela me fait à moi ?

nelly. Votre femme sera exposée à mille séductions.

MAC ALLAN. Tiens, elle est dame d’honneur ; qu'elle s'en tire comme elle pourra, cela ne me regarde pas.

KELLY. Comment, cela ne vous regarde point!... que dites-vous donc là?

mac allan. Sans doute. Moi, je ne la connais pas. je ne l’aime pas... je ne l’ai jamais vue, je ne sais pas même son nom. J’épouse, parce que vous m’avez dit d'^ouser... voilà tout ; mais vous ne m’avez pas prévenu, que je devais l'aimer.

NELLY. Mais, mon Dieu! que me ditesvous là?

MAC allan. La pure vérité. D’ailleurs, j’ai bien autre chose à faire, allez, que de veiller sur ma femme!

NELLY. Qu’avez-vous à faire? C’est, à mon tour, moi qui marche de surprises en surprises, je l’avoue.

mac allan. Ma chère Nelly, je suis amoureux.

•nelly. Vous, amoureux !

Mac allan. Comme un fou!

nelly. De qui ?

mac allan. D’une jeune fille clcrmmte!

nelly. Qui se nomme ?

Su MAGASIN THEATRAL.

mac allas. Sarah Dnncan.

NELLY. Sarah Dnncan... Comment ne m’avez-vous pas dit cela?

MAC allan. C’est qne je ne vous ai pas rencontrée depuis que je l’ai rue pour la première fois.

nelly. Et vous avez pris feu ainsi tout à coup?

MAC allas. Que voulez-vous ! je suis du pays des bruyères, moi, je m’enflamme facilement.

nelly. Ah! tons mes projets renversés !

MAC allan. Vous dites?

nelly. Rien. Je vous demande seulement ce que vous comptez faire.

MAC allan. Mais je vais être riche, je vais être grand seigneur, je ferai comme les grands seigneurs, mes confrères.

NELLY. Mais si, pendant que vous vous ferez aimer de cette jeune liile, uu autre se fait aimer de votre femme!

MAC allan. Que voulcz-vous? je serai philosophe. >’esl-ce pas ainsi que cela s’appelle à la cour?

nelly, rf pari. Ah, le malheureux ! qui aurait dit cela de lui?(//auf.) Ainsi, peu vous importe ce que deviendra votre femme?

MAC allan. Elle peut devenir ce qu’elle voudra ; cela m’est absolument égal.

NELLY. Cependant elle doit être jeune, elle doit être jolie.

MAC allan. Qu’elle soit tout ce qu’elle voudra, j'en aime une autre.

nelly. C’est bien, Dumbiky; voilà tout ce que je voulais vous dire... que je ne vous retienne plus.

MAC ALLAN. Est-ce que je ne vous reverrai pas, chère Nelly?

NELLY. A quoi bon ? tout ce que je pouvais faire pour vous, je l'ai fait. Vous allez être riche, heureux, en faveur, vous n’avez plus besoin de la pauvre Nelly.

MAC allan. Mais qu'avez-vous?

NELLY. Rien, rien... allez.

mac allan , insistant. Nelly?

NELLY. Allez.

Mac Allan tort par la porte à droite lu spectateur.

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