‹ Le laird de DumbikyChapitre 37 sur 65 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les Mêmes, MAC ALLAN.

LE KOI. Approchez, laird de Dumbiky, approchez. I

MAC ALLAN, à Chiffinch, montrant le roi.

Est-ce que?. ..

chiffinch. Oui.

mac allan. Comment! ce seigneur... .

c’est le roi !

chiffinch. Lui-même.

mac allan, mettant un genou en terre.

Sire. . . |

le BOI. Relevez-vous, laird de Dumbiky ; vous êtes le rejeton d’une noble et loyale race... j’espère que vous serez noble et loyal comme vos aïeux.

MAC ALLAN, l’ardon, sire, mais j’étais si loin de me douter que j’étais destiné à un pareil honneur, que je ne sais comment exprimer à votre majesté...

le bol Jeune homme , ce n’est qu’une dette que nous payons , et bien tard même, à sir David Mac Mahon de Susquebaugh, votre oncle, je crois.

MAC ALLAN. Mon oncle maternel, sire, I dont je suis le seul héritier.. . c’est pourquoi j’étais venu à Londres avec ce placct... (il j cherche dans scs poches) que je comptais !

faire présenter à votre majesté par cet infâme duc tic Buckingham... Ah! pardon, sire, j’oubliais que le duc est votre favori.

le BOL Oh! non, non, ne vous gênez pas; [ allez toujours, je vous le livre.

MAC allan. Heureusement que j'en avais !

conservé un double. .. Eh bien ! est-ce qu’il est resté, par hasard, dans la poche d'uu de mes cinq autres habits?...

le noi. Vous avez cinq autres habits!., diable !

mac allan. Ce n’est pas moi, sire... c’est ce scélérat de Buckingham... Ah! le voici...

bien... que votre majesté veuille jeter les yeux sur cette liste de services rendus au roi et à la pairie, et il verra que mes prétentions sont pleines de justice.

le bol Personne ne vous conteste vos droits. N’est-ce pas, Chiffinch?

chiffinch. Au contraire. [A part.) On est tout prêt à lui en reconnaître de nouveaux.

MAC allan. Voyez, sire... Le 13 septembre 1651, jour de la bataille de Worcester, David Mac Mahon de Susquebaugh, mon oncle, passa la nuit enfoncé jusqu’au cou dans un marais. Le 14 septembre 1651, lendemain de la bataille de Worcester, Davic Mac Mahon de Susquebaugh, mon oncle, passa la journée tout entière caché dans les branches d’un arbre... Le 15...

le bol Le 15, il nous donna l'hospitalité, à Georges età moi, au risque de sa vie... Je sais cela, mon cher Dumbiky.

mac allan, à part. Son cher Dumbiky!

le roi m'a appelé son cher Dumbiky !

LE BOL Mais la liste s’arrête là?

MAC allan. Oui, sire... mon oncle n'a pas eu le bonheur de rendre d’autres services à sa majesté.

le bol Vous êtes dans l'erreur, mon cher.

MAC ALLAN. Bah !

lf. bol Comment! votre oncle ne vous a pas parlé de son voyage en Irlande?

MAC ALLAN. Non.

le bol De ses deux voyages dans les Provinccs-Cnics?

MAC allan. Non.

LE boi. De scs trois voyages à Paris ?

MAC allan. Il ne m'en a pas dit le plus petit mut. Il est vrai que, comme à celte époque je n'avais que six ou huit ans, il m'entretenait peu de ses affaires politiques.

chiffinch, « demi-voix. C’est cela... Eh bien , votre oncle a tout bonnement sauvé l'Écosse.

mac allan. Comment ! mon oncle!.. .

le noi, riant. Oui, oui... Chiffinch vous racontera tout cela.

mac allan. Alors votre majesté lèvera le séquestre ?

i.e bol II est levé, avec rappel des revenus depuis 1652. Voici l’ordre.

MAC allan, tendant la main. Mille fois merci , sire.

CHIFFINCH, prenant l'ordre des mains du roi. Après votre mariage, je vous le remettrai.

LE LA IRD DE DUMBlKl .

MAC ALLAN. Après mon mariage!.. . Tiens, j c’est vrai, an fait, je me marie...

chiffinch. Dans une deini-lieure.

MAC ALLAN. Très-bien. (Le roi s'éloiyne.

— bas, à Chiffinrh. ) Dites- moi, le roi s’en va... faut-il que je le suive?

chiffinch. Non ; attendez dans cette salle jusqu'à ce que vous entendiez la cloche de la chapelle ; et quand vous entendrez la cloche, rentrez dans cette chambre.

MAC ALLAN. A merveille.

chiffinch, suivant le roi, bas. Eh bien, que dit votre majesté de votre prétendu?

le roi, de même. Mais que c’est justement l’hcmnie qu'il nous faut , et que tu l’aurais fait faire exprès, qu'il ne serait pas mieux.

CHIFFINCH, accompagnant le roi. Oui, n’est-ce pas, sire... j’ai la main heureuse?

Ils sortent par la porte du fond. Mac Allan les suit en faisant force révérences. Pendant ce temps une petite j porte secrète s’ouvre doucement. Nelly paraît.

Page 1