‹ Le laird de DumbikyChapitre 40 sur 65 · LE DUC, NELLY · texte numérisé non relu

LE DUC, NELLY

LE nue. Nelly ici î

nelly. Cela vous étonne de me voir dans ce pavillon, tnylord... je vous attendais.

LE Dl'C, froidement. Moi, madame 1 et qui peut me mériter une pareille faveur?

nelly. Notre intérêt à tous deux.

le duc. Pardon, mais je cherche vainement, belle Nelly, ce qu'il peut y avoir de commun...

nelly. Entre la comédienne de Drurv Lane et sa grlce. mylordduc de Buckingham? D’abord, il y a de commun que notre faveur à tous deux, tnylord, est fort aventurée en ce moment.

LE DEC. Oh! je suis bien tranquille. Charles ne peut se passer de moi.

nelly. Eh! mon Dieu I tnylord, c'est notre erreur à noos autres courtisans de nous croire indispensables. Et cependant je suis sur le poiul d’avoir la prouve du contraire, moi.

LE DUC. Oui. Le roi est affolé de cette petite liile.

NELLY. Dont de son côté...

LE DUC. Ma foi, j'avoue que je suis piqué au jeu.

nelly. El si je vous donnais un moyen de gagner la partie?

le duc. Vous, Nelly?

nelly. Oui, moi.

LE nue. Mais quel motif avez-vous de me servir contre le roi?

NELLY Vous le demandez !

le duc. C'est juste... cette ; eune fille est votre rivale. Si le roi échoue, vous reprenez votre faveur.

KELLY. Et vous, vous avez toute chance de réussir. Vous voyez bien, monseigneur, que la comédienne Nelly et le duc de Buckingham, si loin que la fortune les ail placés l’un de l’autre, peuvent avoir des intérêts communs.

le duc. Oui, sans doute. Mais voyons, que me conseillez-vous?

NELLY. Vous n'avez donc rien trouvé?

LE DUC. Non.

nelly. Comment votre imaginative...

de duc. Me fait défauL nelly. A vous, l'homme le plus habile de la cour 1

le duc. Je l’avoue à ma honte.

NELLY. Écoutez donc, tnylord, et reconnaissez votre maître.

le duc. J’écoute et je m’humilie.

nelly. Vous ëles chargé de présenter lady Dumbiky à la reine?

LE DEC. D’où savez-vous cela?

NELLY. Je le s tis... que vous importe?

LE DUC. Oui, c’est une obligation que j’ai au roi et à ce damné de Cliilfinrh.

NELLY. Eh bien! rmlord , il faut que la plaisanterie tourne à la confusion de ceux qui vous l'ont faite.

le dcc. Ah 1 je ne demande pas mieux.

Nelly. A quelle heure la présentation î le DUC. Ce soir, à neuf heures.

NELLY. C'est bien, il fera nuit noire.

le duc. Sans compter que, si courte que soit la cérémonie, elle durera toujours bien une deini-lieure.

NELLY. Où a-t-elle lieu?

LE duc. Au château de Windsor.

NELLY. Où reconduit-on la mariée?

le duc. On la ramène ici. Cet appartement lui est destiné.

nelly. Ici... eh bien, devinez-vous maintenant?

le DUC. Non.

nelly. Vous faites comprendre au mari que le cérémonial exige qu’il soit dans une seconde voiture...

LE DUC. Attendez donc.

nelly. Vous montez avec la mariée dans la première...

le DUC. Et comme il fait nuit noire...

NELLY. Elle ne s’aperçoit pas que vous prenez une autre route...

le DUC Et au lieu de la reconduire ici...

NELLY. Vous l’emmenez.

LE nue. Mais où cela? Je ne puis la conduire qu’à Londres. Elle s’apercevra â la longueur de la route que je la trompe; elle appellera, elle criera I

nelly. Ma maison de campagne est à deux milles d’ici.

LE nue. O.arlton- Cottage.

nelly. En voici la clef.

LE DUC, avec joie. Oh ! Nelly...

NELLY. Et maintenant, mylord, vous comprenez qu’il ne faut pas qn’on nous voie ensemble .

Un valet entre.

LF. DUC. D’ailleurs voici le roi , qui, je crois, m'envoie chercher.

nelly. Ah ! un dernier mot.

LE DUC. Lequel?

nelly. Savez-vous le uom de cette jeune fille?

le DUC. Sarah Duncan.

nelly, vivement. Sarah Duncan !

LEDUC. Hein?

NEU.Y. Rien.

LE DUC, au valet. Je vous suis, mon ami...

je vous suis.

Il s’éloigne.

nelly, seule. Sarah Duncan !... c’est de sa femme qu’il ne connaît pas que Dumbiky est

amoureux!... Ah! roi et duc, je vous tiens tous deux dans cette main.

Elle rentre par la petite porte secrète, qui se referme aussitôt.

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