‹ Le laird de DumbikyChapitre 41 sur 65 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

MAC ALLAN, qui depuis la sortie du Duc s'est montré au fond, dans la seconde salle, en paraissant vouloir s'orienter.

C’est elle! c’est bien elle! Sarah Duncan, je l’ai vue! mes yeux et mon cœur n’ont pu me tromper ; et j’en suis sûr, elle aussi m’a aperçu ! Oh ! mais, je veux la revoir, lui parler. .. Voyons, orientons-nous ; j’étais dans le jardin, elle a paru à une fenêtre ; celte fenêtre doit être de ce côté. Cette porte doit conduire à l'appartement où était Sarah! ne perdons pas une minute.

11 frappe et écoute. On ne répond'rien. Il frappe une deuxième foi».

sarah , de l'autre côté de la porte. Qui frappe?

MAC ALLAN. C’est sa voix... Moi, Sarah!

sabah. C’est vous! je vous avais reconnu.

Mac allan. Alors, ouvrez-moi; j'ai mille choses à vous dire.

sarah. Moi aussi, mais la porte est fermée.

MAC allan. Attendez; les verroux sont de ce côté, je crois... oui, oui, la porte cède...

( Sarah parait. ) O chère Sarah ! oh ! venez, venez. . . que je suis heureux de vous retrouver!

SABAH. Et moi aussi, je suis bien contente de vous revoir.. .J'ai attendu longtemps dans la chambre de cette taverne, espérant que vous alliez rentrer; mais j’ai attendu vainement ; j'ai cru que c’était fini et que nous étions séparés pour jamais.

MAC allan. Comment, pour jamais! pourquoi cela, séparés?

Sabaii. Monsieur Dumbiky, je vais me marier.

mac allan. Hélas! et moi aussi, mademoiselle.

sabah. Et sans doute, monsieur, vous aimez votre fiancée ?

MAC allan. Moi! je ne la connais pas.

sabah. Comment! vous ne connaissez pas la femme que vous allez épouser?

MAC allan. Non... c’est un mariage de convenance, des intérêts de famille.

sarah, à part. Oh ! c’est étrange.

MAC allan. Mais vous, -vous épousez sans doute quelque bean gentilhomme que vous adorez.

sabah. Il faudrait an moins que je l’eusse vu pour savoir si je l’adore.

MAC ALLAN. Vous n’avez pas vu votre fiancé ?

sabah. Non... Nous avions h Londres un procès d’où dépendait toute notre fortune.

MAGASIN THEATRAL

On a proposé à ma tante de me marier pour arranger les choses.

MAC ali. an. Qui cela?

sarah. Notre avocat

Mac allan. Alors votre futur est probablement la personne avec laquelle vous plaidiez. sarah. Probablement.

Mac allan. Sans doute quelque vieil avare... quelque vieux juif.

sarah. Non; on in'a assuré que c’était un jeune homme.

mac allan, piqué. Ah ! alors c’est autre chose; je vous fais mon compliment, mademoiselle.

sarah. Recevez le mien en échange, monsieur.

MAC allan. Merci, il n’y a pas de quoi.

sarah. Est-ce que vous épousez une vieille femme, par hasard?

MAC allan. Non, on m'assure même qu’elle esl fort jolie.

sarah, soupirant. Tant mieux, monsieur, vous serez heureux... c’est ce que j’avais demandé à Dieu, en récompense du service que vous m’avez rendu.

MAC ALLAN. Mais comment êtes-vous à Windsor?

sarah. Gomme sa majesté le roi CharlcsII, que ma famille a toujours servi avec loyauté, s’intéresse à ce mariage, on m’a prise ce malin en carrosse et l’on m’a amenée ici.

MAC allan. Tiens, c’est comme moi. sarah. Puis on m’a donné cet appartement, à la fenêtre duquel vous m'avez vue.

mac allan. Et à moi celui-là.

sarah. Enfin on m'a prévenue de me tenir pi été quand j'entendrai sonner la cloche de la chapelle.

MAC ALLAN. J’ai reçu la même recommandation. Il parait qu’on fera nos deux mariages en même temps. Cliiffinch parait «u fond. sarah, écoutant. Oh! mon Dieu!

MAC allan. Quoi !

sarah. La cloche, entendez-vous?

MAC allan. Il faut nons quitter.

sarah. O mon Dieul mac allan. Si j’étais sûr, au moins, que vous ne m'oublierez pas ?

sarah. Si je croyais que vous gardassiez mon souvenir ?

ai ac allan. Oh I cela, je vous le jure.

sarah. Le service que vous m’avez rendu vous est un gage de ma reconnaissance.

MAC ALLAN. Ainsi, Sarah...

sarah. Je penserai à vous.

MAC allan. Toujours?

sarah. Ah ! toujours.

MAC allan. Et moi aussi, Sarah, partout où je serai, je vous ie jure.. . adieu !

sarah. Adieu!

Chacun d'eux se dirige vers sou appaclrmeut.

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