SCÈNE XI
Ees Mêmes, LE ROI, CHIFFIN’CH.
LE roi, à Sarah. Pardon, milady, si je tous dérange encore, mais c’est pour, la dernière fois. D'ailleurs , j’ai pensé que votre mari serait inquiet si je ne répondais pas à sa lettre, et que celle inquiétude troublerait votre bonheur.
MAC allan, intrigué. A ma lettre, sire?
le noi. Sans doute; n’cst-ce pas vous qui venez de m’envoyer cette lettre?
MAC allan. Y aurait-il de l'indiscrétion, sire, à vous demander î. ...
le ROI, lui donnant la lettre. Voyez!
MAC ALLAN, lisant avec un étonnement
croissant. « .le viens supplier votre majesté de me pardonner si je ne suis pas reparti a l’instant même pour l'Irlande, mais le désir de revoir Sarah m’a ramené à 'Windsor, où , grâce au faux bruit qui s’est répandu, j’ai enfin eu le bonheur de rester une demiheure en tOte-à-tête avec ma femme. »
le roi, souriant. Ma femme souligné.
MAC AM.AN. Oui, sire ; c’est, ma foi, vrai, ma femme est souligné. (Il continue.) «J’attends près d’elle, sire, le pardon ou le châtiment de ma désobéissance.
« Je suis avec respect, etc. »
le ROI. Eh bien, reconnaissez-vous cette lettre?
MAC allas. Sire...
nelly, bas. Dites que vous la reconnaissez.
mac allan. Sire, je suis forcé d’avouer que je la reconnais.
l.E ROI. Votre franchise est rare, Dumbiky; vous pouviez me laisser ignorer que vous étiez revenu, et vous me l’avez écrit, c’est bien ; mais quant à celui qui a envoyé la lettre anonyme que Chiffinch a reçue, quant •i celui-là, si jamais je puis le découvrir, il | vayera cher , je vous en réponds, l’audace qu’il a eue de plaisanter avec son roi.
nelly, bas. Dites que c’est vous.
MAC allan, bas à Nelly. Comment, que je dise que c’est moi! est-ce que vous n’entendez pas?
le roi. Nous lui apprendrons, s’il l’ignore, dans quel but a été bâtie la Tour de Londres?
nelly, bas. Dites que c’est vous.
mac allan. Sire, je ne sais comment avouer à votre majesté. . . -
le roi. Comment ! ce serait vous encore?
mac allan. Eh bien, oui, sire, c’est moi.
l.E roi. Mais, au moins, lorsque vous avez écrit cette lettre anonyme, vous étiez dans la conviction que l’écharpe était empoisonnée?
nelly, bas. Dites que vous saviez qu’elle ne l’était pas.
mac allan, avec son sourire le plus fin.
Pardon, sire, mais je savais parfaitement qu’ellc’nc l’était pas.
le roi. Alors c’était tout simplement pour...
nelly , bas. Dites que oui.
viac ALLAN. Oui, sire, c’était tout simplement pour...
LE roi, à Chiffinch. Chiflinch , ce garçon-là, avec son air naïf, nous a joués tous, toi, Buckingham, et moi.
MAC allan , bas, à Nelly. Ils se consultent, Nelly, je suis un homme perdu.
le ROI, bas à Chiffinch. Il n’a pas craint d’arracher sa femme aux mains de Buckingham ; mais, redoutant le pouvoir du duc, il l’a remise en notre pouvoir ; puis, soupçonnant que Sarah courait ici un danger plus grand encore , il a imaginé la ruse la plus infernale.
chiffinch. Je reste confondu, sire! j’ai vu peu de diplomates de sa force.
le ROI. Il est d’autant plus dangereux qu’il cache une merveilleuse finesse sous la plus grande simplicité.
CHIFFINCH. Si l’Angeterre avait à l’étranger des ambassadeurs comme celui-là ! Quel homme !
LEROI. Pardieu!... Eh! mais, tu m’y fais penser ! nous cherchions un envoyé habile à diriger vers la cour de France, voilà notre homme tout trouvé. (Haut.) Laird de Dumbiky, vous vous rendrez demain dans mon cabinet pour y recevoir mes instructions.
MAC allan. Je ne pars donc plus pour l’Irlande, sire ?
le ROI. Non, vous allez en France.
NELLY, bas. Remerciez le roi.
mac allan. Croyez, sire, qu’une pareille faveur...
i.’huissier , annonçant. Sa grâce, mylord duc de Ruckingham.