‹ Le lait; caractères dans l'état de santé et de maladie: altérations etChapitre 32 sur 101 · BOISSONS · texte numérisé non relu

BOISSONS

giques pour dissiper ces accidents, qui ne disparurent entièrement que le neuvième jour (Dufrénois).

Dans d'autres cas, les symptômes sont tout différents. Un rafant de trois semaines, observé par Charpentier, dont la nourrice paraissait être dans de très bonnes conditions, après s'être très bien porté jusque-là, commença à être agité, énervé, chaque fois qu'il avait teté. Il ne s'endormait plus, devenait rouge, et n'avait pas du tout l'aspect habituel des enfants qui ont leur suffisance de lait. La nourrice avait cependant un lait très abondant et très riche en globules. Au bout de quelques jours, l'enfant, qui avait alors cinq semaines, fut pris d'une éruption très abondante de gourme sur la figure, le cou et une partie du tronc. L'agitation après l'allaitement persista, et il y eut môme une crise convulsive, à laquelle il était impossible d'assigner une des causes invoquées habituellement. Après une enquête minutieuse, on finit par découvrir la véritable origine. L'enfant étant très gros et très vigoureux, et tétant beaucoup; la nourrice, dont le lait avait déjà neuf mois, buvait par jour quatre bouteilles devin qu'elle supportait assez bien pour ne pas avoir soulevé les soupçons de sa maltresse. Charpentier pensa aussitôt à une intoxication alcoolique. Il fit surveiller attentivement la nourrice, qui fut mise au régime suivant : une demi- bouteille devin par jour, plus une bouteille de bière, un litre ou deux d'orge, nourriture rafraîchissante. £n quelques jours, l'enfant reprit complètement la santé : il n'y eut plus d'agitation, plus de convulsions ; en huit jours, la gourme disparut complètement.

Le D^" Edouard Toulouse a rapporté une autre observation très concluante. La mère s'alcoolisait d*une manière certaine. Son nourrisson, âgé de quatre mois, vomissait, avait des

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'ulsioDS et de l'agitation surtout nocturne. Cet état dura ze jours, pendant lesquels, loin de s'amender, il devint lus en plus grave. Sur les conseils d'un médecin, la mère e l'allaitement et reuourt au biberon. Aussitôt tous les ptOmes disparaissent et l'enfant revient à la santé. emay et Baumes ont rapporté des faits du même genre. lenter, Morel, Ferrand et Vidal, Descroizilles et Lanoe-

IX ont également signalé l'influence néfaste de l'alcool irbé par la nourricesur son nourrisson.

es convulsions observées en pareil cas, chez les nourria- I, sont-elles analogues aux attaques d'épilepsie toxique, luites chez l'adulte, par certains alcools et diverses ncesî C'est probable. En effet, Burlureaux, Foville et ê admettent l'identité de l'éclampsie et de l'épilepsie daDS remière enfance. Reste à démontrer la nature des subces convulsivantes qui passent dans le lait d'une femme

boit des liquides spiritueux. Ici est le point délicat. ers physiologistes ont recherché Valcool dans le lait limaux alcoolisés expérimentalement. Lewald et Fuchs "ont pas trouvé. Maïc Stumpfn'en a paa rencontré dans le

de chèvres alcoolisées à hautes doses. Ces expériences, sluantes pour les herbivores, peuvent être discutées pour pèce humaine. Or, chez cette dernière, les faits cliniques lissent convaincants, luant aux diverses essences, en particulier celle d'anis,

entre dans plusieurs liqueurs, entre antres l'absinthe, 3 passent très bien dans le lait. Or, on sait, depuis les tra-

X de MM. Gadéac et Meunier, que l'essence d'anis eu substance éminemment convulsivante {voy, p. 128),

•ans les pays oà la bière forme la boisson usuelle, les mes croient à la nécessité d'absorber quotidiennement un

MODIFICATIONS DE LA CoaLBUR DU LAIT 107

demi-litre ou un lîlre de ce liquide. Si Thabitude a été contractée avant la grossesse, on peut la continuer sans inconvénient pour la nourrice et le nourisson. Au contraire, si elle a commencé depuis Tallaitement, Tenfant sera exposé à des troubles du systèmenerveux et des organes digestifs (VOgel).

D'après Raulin, le cidre et le poiré de fabrication nouvelle, absorbés par les nourrices communiquent à leur lait des propriétés purgatives.

Chez les animaux, le principe d'un grand nombre de maladies infectieuses existe dans Tabsorption d'une eau impure et souillée de matières en putréfaction.

Modifications de la saveur et de i/odeur du lait par CERTAINES PLANTES. — Certaines plantes appartenant aux familles des Alliacées, des Labiées, des Crucifères, des Ombellifères, etc., communiquent au lait leur odeur ou leur saveur spéciale. Telles sont en particulier le thym, le serpolet, la lavande, le romarin, la marjolaine, la menthe, la mélisse, la camomille, le chou, les navets, l'alliaire, Tanis, l'ail, les poireaux et les oignons. L'odeur, très faible au moment de la traite, s'accentue à l'air libre. L'asphodèle et Tanis donnent un bon goût au lait. Le lin, le colza, les pommes de terre germées lui en donnent un désagréable. L'absinthe, les marrons d'Inde, les feuilles d'artichaut, les fleurs de châtaignier dont les vaches sont très avides, les pousses de sureau, le laitron des Alpes rendent le lait amer. Il devient plus sucré par le trèfle des Alpes.

La loi du 3 août 1S90 interdit la vente, en Italie, de lait ayant une saveur ou une odeur mauvaise.

Modifications de la couleur jbu lait par certaines PLANTES. — Le lait se colore de diverses teintes, par l'usage dans l'alim^tation d'autres végétaux. La garance (Rubia

tinctorum L.) lui communiqae une couleur rouge. Fauchée en septembre, cette herbe fournit un excellent fourrage qa i ne modifie, à part la couleur du lait, ni son goût ni sa composition. Les Galium rubiotdes, 0. verum D.G., O. boréale L. , les Cactus^ Jouissent des mômes propriétés que la garance. Le populage des marais (Caltha palus tris L.), le safran (Crocus sativus L.), la rhubarbe (Rheum compactum L., Rheum undulatum L., Rh, palmatum) teignent le lait en jaune ; la carotte (Daucus carota L.), en jaune orange. Le jonc- fleuri (ButomtMumbellatiML.)^Vfft/actnthus comasus L., les sainfoins (Hedysarum L.),la mercurialefilf^rcwrialis perennis L.), la vetiO\kéQ(Polygonum aviculareh.), le sarrasin (Polygonum fagopyrum L.), le buglosse (Anchusa crispa Viv.), les prèles (Equisetum L.), Tindigo (Color indiens) le teignent en bleu.

Cependant Parmentier et De jeux n*ont jamais pu obtenir la coloration bleue oujaune dans le lait des vaches nourries avec du pastel f/fa^t> tinctoria) ou de Idij^^xiàe (Resedaluteola) .

Article 3. — Influence des organes de la génération.

Age du lait. — La quantité et la composition du lait varient avec son âge.

Le colostrum est plus dense que le lait et plus riche en albumine, en sels (Lassaigne, Chevallier et Henrj) et en principes solides.

Pour le lait de femme, on admet que la caséine augmente notablement depuis la seconde semaine après les couches, jusqu'au quatrième ou cinquième mois, mais décroît beaucoup vers le dixième ou douzième. La lactine est peu abon-

AOB DU LAIT 109

dante dans les premiers temps et arrive au maximum du troisième au douzième mois (Milne Edwards).

La période la plus riche en parties solides est celle des deux premiers mois. Du deuxième au dix-huitième mois, la composition est sensiblement la même, mais du dix-huitième au ringt-quatrième, le lait avant de disparaître se concentre de nouveau.

La densité varie en plus ou en moins de deux unités, sans loi oa marche progressive régulière. La quantité de beurre, plus considérable d'un jour à cinq mois, diminue à partir du cinquième et surtout du dixième mois. Les sels subissent une augmentation faible, mais presque constante, progressive d'un jour à cinq mois et diminuent après cette époque (Becquerel et Vernois).

Chez la vache, d'après Boussingault, la quantité absolue augmente pendant le premier mois, diminue à partir du troisième au quatrième mois, est réduite de moitié vers le septième, et des trois quarts vers le neuvième.

Le tableau suivant de Fleischmann, donne une idée théorique de cette marche discordante.

Quantité totale

Moyenne

Périodes

du lait

quotidienne

I 28 jours

530 litres

19 litres

SiS —

300 litres 2350 litres 7 à 8 litres

Dans ses recherches sur quatre vaches de race parthenaise, Andouard a fait les observations suivantes : 1^ L'acide phosphorique, le beurre et le sucre diminuent dans le lait du commencement à la fin de la lactation ; 2^ sur les quatre vaches, deux ont donné une proportion croissante de caséine, deux une proportion décroissante. L'augmentation de la

somme des éléments solides du lait, dans le conrs de la lactation, n*est donc pas un fait constant.

Sur ce dernier point, Adam est arrivé à des conclusions différentes. La teneur en matières sèches diminuerait chez la vache pendant le deuxième et le troisième mois après le part pour se relever ensuite ; ces résultats sont confirmés par J. Roux.

Age du lait Densité Extrait Beurre

1 mois 1,0316 142,0 47,5

2 à 3 mois .... 1,0316 130,0 35,0 7 à 8 mois .... 1,0326 140,0 42,0

Volume des mamelles. — Les mamelles présentent de grandes différences individuelles. Chez la même femme, souvent les deux mamelles sont inégales. Gette particularité est rarement d'origine congénitale, vingt-trois fois sur trois cent huitnourrices (soit 8 pour 100) d'après Boutequoy, dont treize fois pour le côté gauche, et dix fois pour le côté droit. Quand cette différence de développement est acquise, les recherches du même auteur semblent démontrer qu'elle résulte de la tendance des nourrices à donner toujours un sein de préférence à l'autre.

Seins plus volumineux.

Donnantles2 seins sans préférence. 269

— le sein droit de —

— — gauche de —

Nombre

Même

de nourrices

gauche

droite

TOlunie

La préférence des nourrices, pour donner le sein d'un côté plutôt que l'autre, est généralement dictée par le désir de conserver libre le membre supérieur dont elles se servent habituellement pour leurs différentes occupations. L'enfant

DIFFÉRENCES DANS LA COMPOSITION DU LAIT m

est couché sur le bras correspondant au sein qu'il tetté. Cette eiplication est rationnelle. En effet, les gauchères commeneent toujours par donner le sein droit, et les autres le sein gauche. Dans ces conditions, le sein qui fonctionne plus activement, finit par acquérir un volume supérieur à celui du congénère, par un phénomène identique à celui qui produit des modifications dans les mollets des danseurs, dans les bras des boulangers, dans les masses cervicales des portefaix, etc.

Le volume considérable des seins n'est pas toujours en rapport avec le développement de la glande mammaire. Certaines femmes possèdent des seins énormes et n'en sont pas moins de très médiocres nourrices. Ces organes sont infiltrés de tissu cellulo-adipeux et de graisse qui j occupent une place beaucoup plus importante que la glande elle-même. Chez ces nourrices, la sécrétion réduite comme volume, est moins alcaline et moins gazeuse que la normale (Gautrelet).

Si rhypertrophie glandulaire est réelle et non apparente^ elle entraîne souvent une sécrétion très abondante.

Chez les femmes dont la sécrétion lactée est continue, le repos favorise l'accumulation du lait dans les canaux sécréteurs, le sein se distend, augmente de volume et donne une sensation douloureuse. Chez celles dont la sécrétion est intermittente et ne se manifeste que durant les repas de l'enfant, les seins conservent toujours les mêmes volumes.

Les seins les mieux organisés pour l'allaitement sont en général sphériques ou piriformes, d'un volume moyen, et recouverts d'un réseau abondant de veines.

Les mêmes remarques sont applicables, et à l'espèce humaine, et à tous les autres genres de mammifères.

Différences dans la composition du lait suivant l'abondance de la sécrétion laiteuse. — Chez la femme,

INFLUENCES FHTSIOU>QlQL'E8

Dndant est plus riche en principes solides ; l'inverse ,ez la Tache (Vernois et Becquerel).

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