‹ Le lait d'anesse, comedievaudeville en 1 acteChapitre 18 sur 32 · OVIDE, BAPTISTINE · texte numérisé non relu

OVIDE, BAPTISTINE

Ovide, te levant , d part.

Ce vilain homme lui corne fleurette; il pourrait devenir à craindre... Allons, hardi, Ovide mon ami, en avant la déclaration ; chauffons ferme, grande vitesse, convoi direct.

baptistine, qui a aecompagnè Camion, redescendant.

Je vais vous sembler bien hardie, bien indiscrète, monsieur Ovide : mais... [Hésitant.) je ne sais comment vous dire ça... enfin, j’ai une contidcnce à vous faire.

ovide, d part.

Une confidence! Elle va peut-être me dire qu'elle m’adore... c’est ça qui serait commode !

BAPTISTINE

Je suis sur le point de commettre une grande !...

OVIDE

Une faute ! [A part.) Est-ce que le docteur aurait de» chance»?... (Haut.) Je ne sais pas trop »i ma moralité me permet...

BAPTISTINE

Écoutez-moi, je vous en prie l

ovide, d part.

Je vais apprendre des choses affreuses !... Ouf!... je suis sous la machine pueumatique I

BAPTISTINE

Depuis longtemps madame Belami ne fait que me parler de dause, de bals...

ovide, d par*.

Il ne s’agit que de bals!... ah! j’ai la respiration moins gênée... Vive local ! (Il saute légèrement )

BAPTISTINE

Qu'est-ce qu’il vous prend dune ?

OVIDE

Oh! rien, un petit picotement H-»ns les jambe».

BAPTISTINE

Elle me donne des leçons de danse; elle me dit des mots ln« connus : la cachucha, la polka, la mazourka... Elle me parle d« cent musiciens, de lustres plu» brillant» que le soleil; et puis un Us de choses...

OVIDI.

Compris... ça vous fait voir trente-six mille bougies diaphanes.

BAPTISTINE

J'y pense toute la journée, j’en rêve fa nuit... je danse en dormant, si bien qu’hier j’ai donné des grands coup*» de pied à mon mari !

OVIDE

C’est bien fait t... (Afoueemen* de Baptistine.) Non, ce n’est pas ce que je voulais dire.

BAPTISTINE

Enfin, j’en ai la tête perdue, surtout depnis qu’elle m’a proposé d'aller ce soir même avec elle au bal du Chàleau-Rouge.

OVIDE

Bah ! elle vous a proposé ça ?

BAPTISTINE

Elle doit venir me prendre à neuf heures, quand mon mari sera endormi.

ovide, à part.

Bon ! je tiens ma conquête !

BAPTISTINE

LE LATT D'ANESSE.

C’est lMwsos qae je voûtais tous consulter.

OviDB.

Vous n’avez donc pas accepté ?

baptistiri.

Pas encore... deux femmes seules, tous concevez... Quelque chose me dit que cc n'est pas bien.

OVIDE

Ah ! vous avez raison ! riens icmuies seules, fi donc ! c'est très* mal porté I... ça serait affreux!

BAPTISTINI, un peu Iritlê.

C’est ce que je me disais.

OVIDE

Ça serait abominable... ILis avec on cavalier, par exemple, ça serait très gentil.

BAPTISTIRE.

Avec un cavalier, oui: nuiis quel cavalier T ovine, se développant.

Présent, présent, pilent!

bai’ustime. surprise.

Ah! mon Dieu ! quel changement I Vous, ai faible ce matin I...

OVIDE

Maintenant, je sui< fort comme un Tore! (Prenant tur la table à gauche la cuillère à pol oubliée par Jlaptutine.) Tenez, voyez pjuiôt, à bras tendus!

baftistikr. à part.

C'est une crise, bien sûr !... [Elle lui enlève la cuillère à pol det maint et la pote tur ta table à droite.)

Oflpf, ioubliant.

Je ne me sens plus le même depuis cette délicieuse soupe aux choux !

BArrtsTiNB. effrayée.

Comment ! vous avez uiaugè de la soupe aux choux, dans votre état?

OVIDE

Eh bien î oni, là !... je l’avouerai, j’ai commis nne déprédation au détriment du jeune Adonis ; je me Miis précipité sur le reste de son pu i.ige printanier, etj'en ai mangé juste autant que lui! BAPTISTE E.

Quelle imprudence!

OVIDE

C’est très-prudent, au contr.iiie; rE<C»hpe de Montrouge veut me faire nmurir de faim... je m'y oppose: je veux vivre!... vivre pour aimer !... ( Daplittine se recule un peu.) pour danger... pour vaKer... pour valser à mort !... Je vous invite pour la première, et madame Bclaiwi pour U seconde !

BAPTISTIRE.

Mais vous ne pourrez jamais... vos forces vous trahiront OVIN.

Dame ! ça se pourrait bien... fc désir de vous accompagner, de Xépondre à votre confiance, de vous être agréable... me* jambe* te (huent peut-être'... Si vous vouliez essayer un peu... (// te pote.)

BAPTISTISZ.

Et le docteur?

OVIDE

Puisqu'il m'a reçotuniandé de prendre de l’exercice... {Il fait det petiU pas.)

BAPT1STIRB.

C'est que je sais bien peu de chose!

OVIDE

J'espère voua apprendre le reste.

Ali ; flrdt-wa de BttrçmnTIer.

Vive U rcduwa !

BAPTISTIRE.

Qu’cst-c’ qu’ c’csi qu’ ça?

OVIDE

Enfonçons la polka !

BAPTISTIRE.

La polka?...

OVIDE

A bas la mazourka (

(Vous avons mien* que celai • Mettez votre main la !

BAPflSTfl»

La voila I

OVIDE

Voire pied comme ç.v !

BAPrtSIlüE.

Comme ç.i •

Oui, c’est fort bien dejt.

En «vaut, et puions «l ia !

{La musique continue; ils dansent la rednsra ; A ta fit de la taise. Ovide tombe aux yrnoux de Buplisimc et I il butte le» mains. Bouvreuil parait au fond, à gauche , avec un panieràbou- I eiUet et «ru chandelle allumée à la main.)

«cisrr it.

MPTIST1NE, BOUVIlEOll., OVIDE.

BOUVREUIL, stupéfait.

Que vois-je!... ah! c'est irop fort, par exemple!.., {Il pote brusquement ton panier et ta chandelle et t'avance.)

oviDE, à part.

Le mari!... de l’aplomb 1

BAPTISTIRE, d part.

Qoelle figure il fait!... est-ce qu'il prendrait ça au sérieux, ee gros hélâ-la?

bouvreuil, flt?ec «n tourire forcé.

Il parait que ça va mieux, intéressant malade, puisque vous dansez?

OVIDE

Par ordooaance du médecin, mon cher Bouvreuil. bouvreuil, désignant Baplitline.

Est-ce aussi par ordonmncc du médecin que vous êtes tombé à ses genoux, cl que vous venez de lui baiser la main ?

Ça 6e fait toujours à U fin de la valse, mon cher, c'est le tableau final.

BOUVREUIL

EtcTanimal d' Adonis qui D'est pas là!... {Appelant.) Adonis!.

ovide, à part.

Oui, appelle, appelle!... (En passant à gauche , pendant que Bouvreuil remonte la tcinc, il tire ton foulard de ta poche pour t'essuyer le front, il en tombe «ne lettre que Baplitline aperçoit et ramatte vivement , pour la dérober aux yeux de ton mari*.) baptistiki, à pari.

Une lettre!... pour moi sans doute 1 (Bouvreuil, te retournant, aperçoit le papier que Baplitline terre dam la poche de ton tablier.)

Bourrant., à part.

Mille tonnerres !... ils* s’entendent ! ( Haut et continuant en colère.) Monsieur mon pensionnaire *, j'anni deux mots à vous dire plus tard, mais pour le quart d'heure je voudrais parler un peu b madame mou épouse.

ovide. attie à gauche .

Parlez, ne vous gênez pas.

BOUVREUIL

Je voudrais lui parler seul à seul.

■AHisnm.

Ah çè. qu'est-ce qui le prend ?... Est-ce que tu vas être longtemps bougon comme ça, toi?

BOUVREUIL

Silence, femme Bouvreuil I

BAPTI 'TIRE, d part.

le ne l’ai jamais vu comme ç» !

ovidr. te levant.

A voire aise, je vous hisse ! (// fait semblant de te diriger ver» le fond et tourne rivement A gauche pour entrer dans la maison.— A part.) Il faut que j'entende ce qti'il v.» lui dire.

bouvreuil, qui a vu le mouvement.

Je g rois que vous vous trompez de chemiu. {Il lui taitii U bras et U dirige à droite.)

ovide , A part.

Je suis pincé ! {Il tort d droite .)

SC in xvi.

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