VICE
L’ivraie est l’emblème du vice ; sa tige ressemble à. celle du froment; elle croît avec les plus belles moissons. La main du cultivateur sage et habile arrache cette mauvaise herbe avec précaution pour ne pas la confondre avec le bon grain. Ainsi un sage instituteur doit employer la patience pour déraciner les mauvais penchants qui naissent dans un jeune cœur; mais il doit craindre d’étouffer les germes de la vertu en croyant déraciner ceux du vice. La mère de Duguesclin se plaignait de voir son fils rentrer chaque jour au château souillé de poussière et couvert de blessures ; un matin, comme elle se préparait à le punir, une bonne religieuse, ayant considéré l’enfant, dit : « Gardez-vous bien de le punir, car il viendra un temps où les défauts dont vous vous plaignez feront la gloire de sa famille et le salut de son pays. » Pour une mère qui se trompe ainsi, combien d’autres s’empressent de cultiver l’ivraie dans le cœur de leurs enfants et ne s’aperçoivent qu’elle y a pris racine qu’au temps de la moisson 1